Scène XVIII.
Mademoiselle AGATHE, M. DE St. IVAL pere, M. DE St. IVAL, M. DE LEURMONT, LABRIE.
M AGATHE.
Ah ! mon pere ! est-il bien vrai ?
M. DE LEURMONT.
Quoi donc ?
M AGATHE.
Monsieur de St. Ival ?
M. DE St. IVAL pere.
Eh bien, Mademoiselle ?
M AGATHE.
On dit qu’on va arrêter Monsieur votre fils.
M. DE LEURMONT, à M. de St. Ival pere.
Laissez-moi répondre, & cachez-le.
M AGATHE.
Dites donc, je vous prie ?
M. DE LEURMONT.
Oui, voilà qu’on l’emmène.
M AGATHE.
Ô Dieux ! quoi, il seroit vrai…
M. DE LEURMONT.
Acheve donc ?
M AGATHE.
Qu’il a tué un homme. Mon pere !… Ah ! malheureux St. Ival !
M. DE St. IVAL, à Labrie.
Qu’entends-je ! Elle me plaindroit !
LABRIE.
Ne vous montrez pas encore.
M. DE LEURMONT.
Mais, Agathe, qui peut donc t’alarmer ? Tu n’aimois pas St. Ival, tu vas être vengée.
M AGATHE.
Moi, vengée ! Que dites-vous ?
M. DE St. IVAL pere.
Que si vous l’aimiez, Mademoiselle, sa grace lui seroit bientôt accordée.
M AGATHE.
Si je l’aimois !… Eh ! que pourrois-je faire pour lui sauver la vie ?
M. DE LEURMONT.
Il faudroit l’épouser, ma fille.
M AGATHE.
Il ne dépendroit que de moi…
M. DE St. IVAL.
De faire mon bonheur, Mademoiselle !
M AGATHE.
Que vois-je ? Quoi, c’est bien vous, St. Ival ?
M. DE St. IVAL.
Oui, c’est moi, qui ne cesserai jamais de vous adorer.
M AGATHE.
Ah ! je respire !
M. DE LEURMONT, à M. de St. Ival
Eh bien, te crois-tu encore haï, méprisé ?
M. DE St. IVAL.
Non, rien ne peut égaler l’excès de ma joie !
M. DE St. IVAL pere.
Nous n’avons jamais eu d’autre projet que celui de vous unir.
M AGATHE.
Ah ! mon pere !… Quoi, Monsieur, il seroit bien vrai ?
M. DE St. IVAL pere.
Sans doute. Oubliez tous les maux que nous vous avons causés en vous laissant ignorer nos intentions.
M. DE LEURMONT.
Oui, oui ; & pour réparer le tems perdu, envoyons chercher un Notaire ; & en l’attendant, allons revoir mon pauvre Abbé. Mais pourquoi donc l’avoir enterré ?
LABRIE.
Pour le cacher, afin que vous crussiez que celui-ci étoit le vôtre, & qu’il pût savoir de Mademoiselle s’il en étoit aimé.
M. DE LEURMONT.
Ah ! fort bien ! Mon ami, dans notre jeunesse, nous en aurions fait autant. Allons, allons, je pardonne à ma fille de mieux aimer la copie que l’original.
FIN.