‹ L’Ardent voyageChapitre 11 sur 12 · Tombe provençale

Tombe provençale

Heureux celui qui, le cœur zélé,
L’âme naïve et la lèvre fraîche,
Frappé soudain de l’ardente flèche,
Meurt où l’amour l’avait appelé.
Sur le jardin léger de sa tombe
Se marîra le myrte au cédrat.
Une fontaine y murmurera
Où vous verrez boire la colombe.

Là, se gardant de faire du bruit,
D’antiques dieux, d’anciennes déesses
Évoqueront de nobles caresses
À la faveur de la douce nuit.
Et du rivage et de la colline
Le beau pêcheur, le joli pastour
Viendront à l’heure où monte le jour
Dire le mal qui les illumine.

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