‹ L’Atlantide et les AtlantesChapitre 1 sur 1 · II.

II.

Après ce que nous venons de dire de l’Atlantide, nous pourrions nous dispenser de parler des Atlantes. Nous croyons cependant utile d’envisager la question au point de vue de l’anthropologie. Quelques spécialistes ont cru, en effet, pouvoir tirer de certains faits, parfaitement indiscutables d’ailleurs, des conclusions qui nous semblent tout à fait erronées. Pour être compris du lecteur, il nous faut d’abord rappeler brièvement les faits auxquels nous voulons faire allusion.

En 1858, des ouvriers retiraient de l’abri sous roche de Cro-Magnon, dans la vallée de la Vézère, les ossements de trois hommes, d’une femme et d’un enfant, dont M. Louis Lartet détermina l’âge géologique : ces débris humains remontaient à l’âge quaternaire ; ils étaient contemporains du mammouth et du rhinocéros. Étudiés avec le plus grand soin par Broca, Pruner-Bey, MM. de Quatrefages, Hamy et une foule d’autres anthropologistes, les gens de Cro-Magnon offrirent des caractères si différents de ceux que présentaient toutes les races connues jusqu’alors, qu’on ne pouvait les rattacher à aucune d’elles. Ils ne restèrent pas isolés : de nouvelles découvertes vinrent bientôt montrer que des individus du même type que ceux de la Vézère avaient jadis vécu en grand nombre dans notre pays. Il fallait se rendre à l’évidence et admettre que la race de Cro-Magnon avait, à une époque ancienne, joué chez nous un rôle important.

Mais si les anthropologistes ne pouvaient se refuser à admettre la légitimité d’un groupe aussi bien caractérisé, il s’est trouvé récemment des archéologues et des géologues pour contester l’ancienneté de la race de Cro-Magnon : certaines sépultures ne seraient pas aussi anciennes qu’on l’avait cru tout d’abord. Les individus de l’abri sous roche de la Vézère ne remonteraient pas à l’époque quaternaire et il faudrait les rajeunir considérablement. Si ce fait était démontré pour Cro-Magnon, et il est loin de l’être, il n’en resterait pas moins établi que la race dont nous parlons vivait dans notre région dès les temps quaternaires : on l’a rencontrée avec tous ses caractères dans une foule de grottes et de stations de cette époque, à côté de débris d’animaux éteints ou émigrés. À Grenelle aussi bien qu’à Sorde, elle apparaît dès l’époque de l’ours et du lion, c’est-à-dire dès les premiers temps quaternaires. Se fût-on trompé relativement à l’âge de telle ou telle station, il n’en resterait pas moins prouvé que la race de Cro-Magnon a vécu en France dès le début de l’époque glaciaire.

Ce n’est pas chez nous seulement qu’on l’a rencontrée. M. Hamy « l’a suivie jusqu’en Afrique, dans les tombes mégalithiques explorées surtout par le général Faidherbe, et chez les tribus kabyles des Beni-Menasser et du Djurjura. Mais c’est principalement aux Canaries, dans la collection du Barranco-Hondo de Ténériffe, qu’il a rencontré des têtes dont la parenté ethnique avec le vieillard de Cro-Magnon est vraiment indiscutable. D’autre part, quelques termes de comparaison, malheureusement bien peu nombreux, lui font regarder comme probable que les Dalécarliens se rattachent à la même souche. »

Cette communauté de type indique une communauté d’origine. Aussi devait-on se demander quelle était, parmi ces populations, celle qui avait donné naissance aux autres. Ne seraient-ce pas les Guanches des Canaries qui auraient été les ancêtres des Kabyles, des Beni-Menasser et du Djurjura et des hommes de Cro-Magnon ? Mais alors, les Guanches ne seraient-ils pas simplement ces Atlantes qui, d’après Platon, auraient envahi la Libye et une partie de l’Europe qu’ils allaient soumettre, lorsqu’ils furent arrêtés par les Athéniens ?

Pour résoudre ces questions, il nous faut entrer dans quelques détails et esquisser l’histoire de la race de Cro-Magnon dans les différents pays où elle a été rencontrée.

En France, avons-nous dit, cette race apparaît dès le commencement de l’époque quaternaire. Elle prit un grand développement, dans le sud-ouest principalement. « Le petit bassin de la Vézère était, pour ainsi dire, sa capitale ; ses colonies s’étendaient jusqu’en Italie, dans le nord de notre pays, dans la vallée de la Meuse, etc. »

Dès les temps quaternaires, les hommes de Cro-Magnon s’étaient vu disputer le sol par des individus d’un type physique différent : des brachycéphales essayèrent de se substituer aux dolichocéphales. Sur plus d’un point, des croisements eurent lieu, et de ces alliances résulta un type intermédiaire. Ce fut surtout au début de notre époque géologique que nos chasseurs de la Vézère eurent à soutenir de redoutables luttes. Des envahisseurs, appartenant à ce type qu’on a appelé dolichocéphale néolithique, arrivaient en grand nombre ; ils finirent par s’établir dans les régions qu’occupait précédemment la race de Cro-Magnon.

Mais qu’était devenue cette race ? Avait-elle été exterminée par les nouveaux venus ? Nous pouvons hardiment répondre non. À l’époque de la pierre polie, elle comptait encore, chez nous, un bon nombre de représentants dont nous trouvons les restes dans les stations de cette époque. Dans la plupart des cas, leur type dénote un métissage : ils s’étaient alliés aux envahisseurs. Sur quelques points, cependant, à Sorde, par exemple, dans les Pyrénées, la race avait persisté à l’état de pureté : elle s’était évidemment trouvée là dans des conditions d’isolement qui lui avaient permis de conserver, sans altération sensible, les caractères de ses ancêtres quaternaires. La race de Cro-Magnon a si peu disparu à la fin de l’époque glaciaire qu’on en a retrouvé des représentants non seulement dans beaucoup de stations néolithiques, comme nous venons de le voir, mais encore dans des sépultures gauloises (Piette), et que, de temps à autre, nous retrouvons ce type chez nos populations modernes.

Il n’en est pas moins vrai que lorsque les hommes de la pierre polie sont arrivés chez nous, le nombre des individus du type de Cro-Magnon a diminué considérablement. Les luttes qu’eurent à soutenir les vieux habitants de notre sol n’ont pas été l’unique cause de cette diminution. Sans vouloir nier l’importance qu’il faut leur attribuer, nous pensons qu’elles n’ont pas été aussi meurtrières qu’on pourrait le supposer. La paix s’est faite entre les envahisseurs et les premiers occupants, et nous en avons la preuve dans les alliances que nous venons de signaler.

Une autre raison nous explique la diminution de la race de Cro-Magnon au début de notre époque géologique, ce sont ses migrations. Habitué à chasser des animaux qui émigraient alors dans diverses directions, gêné aussi, sans doute, par ces nouveaux venus qui lui disputaient ses ressources, l’homme de Cro-Magnon a cherché d’autres territoires. Il est possible qu’il ait suivi plusieurs voies ; les documents dont nous disposons actuellement ne nous permettent pas de faire l’histoire complète de ces migrations, et, d’ailleurs, il n’en est qu’une qui nous intéresse pour le moment, c’est celle qui s’est dirigée vers le sud. Nous espérons la mettre hors de doute.

Depuis les Pyrénées jusqu’en Algérie, la distance est grande, et si quelque anthropologiste avait eu, il y a quelques années, l’idée de faire descendre les hommes de Roknia des chasseurs de la Vézère, on aurait pu, à bon droit, lui objecter qu’on ne trouvait nulle part de traces de leur passage. Aujourd’hui, cette objection ne saurait plus nous être faite : nous avons, en effet, été assez heureux pour combler en partie la grande lacune qui existait. Lors de notre dernier séjour à Madrid (1884), nous avons pu étudier certaines pièces qui démontrent l’existence de la race de Cro-Magnon en Espagne pendant l’époque néolithique. Nous avons donné de ces pièces, jusqu’alors inédites, une description assez détaillée pour n’avoir pas besoin de les décrire de nouveau. Il nous suffira de rappeler que, jusqu’à ce jour, le type de Cro-Magnon n’a pas été signalé en Espagne avant notre époque géologique. Mais a l’époque de la pierre polie il fait son apparition, et nous avons constaté sa présence depuis Oviedo jusqu’en Andalousie. D’autres races vivaient déjà dans le pays, et, sur plus d’un point, des croisements se sont produits. Dans la province de Ségovie, la race quaternaire de la Vézère se montre à peu près pure à l’époque néolithique ; elle avait sans doute trouvé là le champ presque libre.

Peu nous importe, en somme, au point de vue où nous nous plaçons, que les hommes de Cro-Magnon aient vécu seuls dans la péninsule à l’âge de la pierre polie ; ce qu’il fallait constater, c’était leur présence, et nous l’avons démontrée.

Lorsque les métaux font leur apparition, le type ne disparaît pas d’Espagne. Dans le mémoire auquel nous venons de faire allusion, nous émettions l’idée qu’il avait dû persister pendant l’âge du bronze ; mais nous étions cependant forcé de faire quelques réserves, les matériaux dont nous disposions ne nous permettant pas d’être très affirmatif. Des faits nouveaux sont venus lever nos derniers doutes. MM. Siret ont eu la bonne fortune de recueillir en Andalousie, dans diverses sépultures de l’âge du bronze, soixante-dix crânes, presque tous complets. Étudiés par le savant secrétaire de la Société d’anthropologie de Bruxelles, M. Victor Jacques, ils l’ont conduit aux conclusions suivantes, qu’il a bien voulu nous communiquer il y a quelques mois :

« Les représentants de l’antique race de Cro-Magnon ont une influence prépondérante dans les populations de l’âge du bronze du sud-est de l’Espagne : on pourrait affirmer que cette race formait le fond de la population. » Le type ancien se montre pourtant ici légèrement altéré, en général. Malgré « quelques différences », l’analogie entre les crânes quaternaires de la Dordogne et les crânes de l’âge du bronze d’Andalousie est cependant frappante, « aussi bien dans l’ensemble des caractères descriptifs qu’au point de vue des mesures crâniennes ; les os longs présentent les mêmes caractères de forme ; mais la plupart dénotent une taille inférieure à la moyenne (de la race de Cro-Magnon). En somme, quelques caractères du crâne s’écartent de ceux de la race typique, et la taille se trouve notablement abaissée. Ces deux faits s’expliquent par la juxtaposition d’un peuple différent… »

Dans l’état actuel de nos connaissances, la question, en ce qui touche l’Espagne, peut se résumer en quelques mots. Inconnu dans ce pays pendant l’époque quaternaire, le type de Cro-Magnon fait son apparition, dans le nord de la péninsule notamment, à l’époque néolithique, c’est-à-dire lorsque, chez nous, de nouvelles populations tentaient de s’emparer du sol. N’est-il pas logique d’en conclure que les hommes qui chassaient autrefois l’ours, le mammouth, le renne, dans le sud-ouest de la France, ont, en partie, franchi les Pyrénées à l’arrivée des envahisseurs néolithiques ?

Continuant sa route vers le sud, la race arrive jusqu’en Andalousie où, à l’âge du bronze, elle formait encore « le fond de la population ».

Mais déjà le sud-est de la péninsule ibérique recevait des individus de races différentes. Des peuplades du type de Furfooz et des individus, qui semblent à M. Victor Jacques « se rapprocher du type ligure », s’établissaient à côté des hommes de Cro-Magnon. Leur nombre augmentant, il a dû se produire ce qui s’était produit chez nous au début de notre époque : la vieille race s’est, en partie, croisée avec les nouveaux venus et, en partie, dirigée vers d’autres terres.

Ce qui nous fait émettre cette dernière idée, ce sont les découvertes de MM. le général Faidherbe, Bourguignat, Mac-Carthy et celles plus récentes de M. Laburthe, dans les dolmens d’Algérie. Tous ces explorateurs ont rencontré à Roknia la race de Cro-Magnon, tantôt à l’état de pureté, tantôt plus ou moins altérée par des croisements avec d’autres éléments ethniques. Et ce n’est pas seulement dans cette localité, mais dans presque tout le nord de l’Afrique depuis l’extrémité orientale de la Tunisie jusqu’aux limites occidentales du Maroc, qu’on a retrouvé des traces de cette race dans les sépultures mégalithiques.

Malheureusement les dolmens de Roknia et du nord de l’Afrique ne nous renseignent pas sur l’époque de l’arrivée de leurs constructeurs. Ce que nous savons, c’est que, parmi ces sépultures, il en est de postérieures à l’occupation romaine : les médailles trouvées dans quelques-unes ne permettent pas de conserver le moindre doute à ce sujet. Il est assez admissible que les plus anciennes ne remontent pas très haut : tous dénotent un même degré de civilisation, et si « au Bou-Merzoug, les dolmens sont de plus belle apparence, cela tient, non au progrès de l’art, mais à la qualité des matériaux ».

Il nous semble que les constructeurs de ces dolmens relativement récents du nord de l’Afrique ne sauraient être considérés que comme les descendants des individus de même type qui vivaient en Espagne aux époques de la pierre polie et du bronze et qui avaient dû fuir devant ces hommes se rapprochant « du type ligure » que M. Jacques a retrouvés en Andalousie. C’est aussi l’avis de MM. Siret qui sont arrivés à cette conclusion par la comparaison des industries. Nous sommes heureux de voir que la théorie que nous avons exposée dans plusieurs publications reçoit de nouvelles adhésions et se trouve confirmée par de nouveaux faits.

Notons en passant que notre opinion concorde entièrement avec celle de l’éminent historien que nous citions tout à l’heure, le regretté Henri Martin. Il attribue, en effet, les monuments mégalithiques d’Algérie « aux Celtes primitifs, en prenant ce mot dans le sens où je l’entends, c’est-à-dire aux hommes blonds qui de la Gaule passèrent en Espagne, et de là sans doute en Afrique ».

Pour nous, ces Celtes primitifs aux cheveux blonds n’étaient autres que les hommes de Cro-Magnon : leurs derniers descendants, que nous avons pu étudier aux îles Canaries, présentent effectivement, avec tous les caractères physiques des chasseurs quaternaires de la Vézère, une chevelure blonde et des yeux bleus.

C’est aussi cette coloration de cheveux qu’offrent certains Kabyles que l’on rencontre disséminés çà et là, ceux, par exemple, de la tribu des Denhadja. « Ils se disent « fils de païens » et leurs traditions rapportent que la nécropole de Roknia, qui compte trois mille dolmens, est composée des tombes de leurs anciennes (Henri Martin). » Pour notre part, nous croyons à ces traditions des Denhadja ; nous pensons que lorsque les Romains vinrent occuper le pays et se mêler aux constructeurs de dolmens, une partie de ceux-ci, pour échapper aux croisements, se réfugia dans des endroits où ils se trouvèrent isolés et où ils purent conserver leurs caractères primitifs. Quelques-uns allèrent même fort loin : ils arrivèrent jusque dans les îles Canaries où ils rencontrèrent des conditions d’isolement qui leur permirent de garder presque pur le type de leurs vieux ancêtres de Cro-Magnon. Nos recherches ont, en effet, pleinement confirmé sur ce point celles de M. Hamy : le vrai Guanche offrait les caractères ethniques des hommes quaternaires de la Vézère.

On peut supposer aussi que les Guanches soient venus directement d’Espagne, à l’époque où une partie des hommes du type de Cro-Magnon quittaient ce pays pour gagner le nord de l’Afrique ; mais cette hypothèse nous paraît peu admissible, étant donnée la longueur du trajet qu’ils auraient eu à accomplir par mer. D’ailleurs, les épaves qu’ils ont laissées sur leur route doivent plutôt faire pencher vers l’idée d’une migration par terre ; à chaque pas, sur le chemin qu’ils ont dû parcourir, on trouve, en effet, des Berbers qui, d’après le peu que nous savons de leurs caractères physiques, ne sont pas sans parenté avec nos ancêtres quaternaires.

Pas plus que pour les constructeurs de dolmens de Roknia, nous ne connaissons l’époque exacte de l’arrivée des Guanches aux Canaries. Rien ne nous autorise à la reporter bien loin dans le passé ; tout ce que nous avons vu, pendant notre long séjour dans ces îles, nous fait penser qu’ils ne sont arrivés qu’à une époque assez peu éloignée de nous. Ce que nous croyons pouvoir affirmer, c’est que, en poussant les choses à l’extrême, on ne saurait faire remonter l’arrivée de l’homme dans l’archipel canarien à une époque antérieure à l’époque géologique actuelle. Nous avons vu, en effet, que ces îles étaient émergées depuis peu. À l’époque quaternaire, elles gisaient très probablement sous les eaux, puisqu’on n’y a jamais trouvé que des végétaux et des animaux terrestres exactement semblables à ceux qui y vivent de nos jours, et qu’en revanche on y rencontre des animaux marins qui se sont déposés au fond de la mer pendant l’époque glaciaire. Par conséquent, il nous est impossible d’admettre que l’homme ait pu y vivre à une époque ancienne. Nous ajouterons même que tous les débris humains que nous avons vus ont un aspect récent, ce qui s’explique tout naturellement au moyen de la théorie que nous venons d’exposer.

Nous ne pouvons nous refuser à rattacher à la même souche toutes ces populations qui présentent ce type si caractérisé de la race de Cro-Magnon ; nous sommes donc forcé d’admettre que cette race a accompli de grandes migrations. Après tout ce que nous venons de dire, nous ne saurions considérer les îles atlantiques comme son berceau, et nous avons eu la satisfaction de faire partager nos convictions à notre éminent maître, M. de Quatrefages. En 1877, il émettait l’idée que la race de nos chasseurs quaternaires n’était peut-être « qu’un rameau de population africaine, émigré chez nous avec les hyènes, le lion, l’hippopotame, etc. En ce cas, il serait tout simple qu’elle se retrouvât, de nos jours, dans le nord-ouest de l’Afrique et dans les îles où elle était le plus à l’abri du croisement. » Les arguments que nous venons de faire valoir lui ont paru probants, et, avec la bonne foi dont il ne se départit jamais, il n’hésita pas un instant à se rallier à notre manière de voir.

L’hypothèse d’une migration vers le sud de la race de Cro-Magnon est, en effet, la seule qui puisse expliquer les faits que nous venons de relater. Dans le cours de ce long voyage, les émigrants ne furent pas sans se croiser avec quelques-unes des populations qu’ils trouvèrent sur leur chemin. C’est ce qui nous fait comprendre comment, au delà des Pyrénées, le type ancien de la Vézère se montre à nous généralement un peu altéré. Certains individus conservèrent pourtant jusqu’au bout la pureté de leur type primitif.

Sur toute la route parcourue, nous trouvons des témoins de la migration : les uns sont restés au point de départ et ont transmis leurs caractères, de génération en génération, jusqu’à leurs descendants actuels ; les autres se sont établis en Espagne, où leur influence s’est fait sentir du nord au sud. En Afrique, beaucoup d’individus de l’époque romaine et, de nos jours, certains Kabyles ont conservé le type des hommes quaternaires de la Dordogne ; aux Canaries, enfin, un bon nombre d’habitants modernes offrent encore tous les caractères des troglodytes de la Vézère.

De tout ce qui précède, nous nous croyons autorisé à tirer deux conclusions :

1 L’Atlantide de Platon n’est qu’une fiction.

2 Au lieu d’être les ancêtres des hommes de Cro-Magnon, les anciens habitants des îles de l’Atlantique n’en sont que les descendants.

Verneau.

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