‹ Le barbier de Séville; ou, la précaution inutileChapitre 7 sur 11 · II

II

NOMENCLATURE DES PIÈCES COMPRISES DANS LES SEPT VOLUMES

DE MANUSCRITS ACHETÉS A LONDRES.

TOME Ier.--[OE]uvres diverses.

1º Plusieurs chansons; apologues, poésies, vers au chevalier de Conti et à d'autres personnages, etc...

2º Chanson de table.

En voici le premier couplet:

Versons, versons à grands flots Le doux jus de la treille: L'on ne trouve les bons mots Qu'au fond d'une bouteille Dans tout festin C'est le bon vin, Chers amis, qui fait dire Le petit mot (bis) pour rire!

3º Stances à diverses personnes.

4º Vers à Mme du Deffant, à la duchesse de Choiseul, à Mme Necker, au roi de Prusse, etc....

5º Fragments d'une épître.

6º Bouquet à Mme X....., femme charmante qui porte le nom d'Antoinette et vient d'accoucher de deux enfants.

7º Les Délices de Plaisance, vers.

8º La Naissance de Vénus, strophes:

L'onde roule et s'enfuit; C'est Vénus qui paraît, l'univers se colore! L'éclat qui la suit Plus brillant que l'aurore, Dissipe la nuit.

9º Poésies diverses.

10º Cantique, avec musique.

11º Un recueil de pièces de tous genres, relatives à Beaumarchais, sous ce titre général: Poésies qui lui sont adressées.

12º Partie théâtrale, comprenant:

A. Colin et Colette, scène en un acte, en prose, à quatre personnages: Thibaut, Colin, Mathurine et Colette;

B. Les Bottes de sept lieues, parade en un acte, en prose, avec les cinq personnages traditionnels de la farce italienne: Gilles, Cassandre, Léandre, Arlequin et Isabelle (avec couplets et musique);

C. Les Députés de la Halle et du Gros-Caillou, scène en prose de poissardes et de maîtres pêcheurs, avec quatre personnages: la mère Fanchette, la mère Chaplu, Cadet Heustache et Jérôme. Cette petite pièce, en langue vulgaire de la halle, a été composée avec musique et couplets.

Ces diverses parades ne sont pas toutes de Beaumarchais, non plus que celles indiquées plus loin au tome V. Quelques-unes sont bien de lui en effet, et même parfois écrites de sa main; d'autres au contraire sont attribuées à sa soeur Julie, qui était, après l'auteur du Barbier, la plus lettrée de sa famille[172].

13º Une lettre en prose, relative à son théâtre, adressée «aux auteurs du Journal».

14º Une lettre relative au Mariage de Figaro, adressée «aux auteur du Journal de Paris» et datée du 2 mars 1785.

15º Une autre longue lettre, surchargée et raturée et des plus détaillées sur son théâtre, jusques et y compris le Mariage de Figaro. Cette lettre, retouchée et refondue, deviendra la préface de la Folle journée.

16º Une petite note très-curieuse contenant des observations critiques relatives à diverses scènes du Barbier, opéra-comique[173].

17º Une lettre «aux auteurs du Journal» relative à la Mère coupable, datée du 16 juin 1795, et signée simplement Beaumarchais, sans particule;

Elle se termine ainsi: «Si vous n'aimez pas à pleurer, ah! cherchez un autre spectacle; nous n'avons rien à celui-ci que des larmes à vous offrir!»

18º Lettre aux rédacteurs de la Chronique, relativement au Mariage de Figaro.

TOME II.--OEuvres diverses.

1º Mémoire justificatif «au roy» relatif au Mariage de Figaro, avec signature.

2º Pièces relatives à ses travaux dramatiques.

3º Trois pièces imprimées:

A. Avis sur les éditions des oeuvres de Voltaire, avec les caractères de Baskerville;

B. Dialogue entre un père de famille et un vicaire de Paris, le jour qu'on lui a demandé sa fille en mariage;

C. Pétition de Pierre-Augustin-Caron Beaumarchais, à la Convention nationale, relative au décret d'accusation rendu contre lui dans la séance du 28 novembre 1792.

4º Une page sur la Folle Journée.

5º Une page relative à diverses affaires.

6º Pièce au sujet du procès avec Kornman.

7º Pièce relative à l'opéra de Tarare.

8º Plusieurs pièces, badinages, vers: «Mes réflexions sur l'amour propre, Mon rêve, etc...»

9º Une note fort curieuse, de la main même de Beaumarchais et relative à l'un de ses duels, avec lettres diverses sur cette affaire.

Beaumarchais s'était chargé d'un achat de diamants pour un M. de Meslé. Le règlement de cette affaire donna lieu à un échange de lettres dont quelques-unes se trouvent dans les papiers achetés à Londres. Cette affaire faillit même avoir une issue assez tragique, qui tourna subitement au grotesque, ainsi que le fait voir la note suivante de Beaumarchais:

Octobre 1762.

M. de Meslé m'ayant rencontré à la Comédie, me parla légèrement des lettres ci-jointes (suivent des lettres de M. de Meslé, de Beaumarchais et d'un prince de Belocelsky mêlé à l'affaire) et me dit que quelque jour il en aurait raison. Je l'entraînai sur-le-champ contre la fontaine, rue d'Enfer[174], et après bien des difficultés, je le forçai de dégaîner. Il m'objectait son épée de deuil, et moi je n'avais que ma petite épée d'or. Après lui avoir fait une éraflure à la poitrine, il me cria que j'abusais de mes avantages, et que s'il avait sa bonne épée, il ne reculerait pas ainsi. Il me donna parole pour onze du soir, à recommencer. J'y consentis, je fus souper chez la demoiselle aux diamants, où La Briche, introducteur des ambassadeurs, m'offrit de prendre mon épée et de me prêter pour ce soir-là, sa fameuse flamberge. Je fus à l'hôtel de Meslé, où le cher marquis, tapi dans ses draps, me fit dire qu'il avait la colique et qu'il me verrait le lendemain. Il vint en effet, me fit des excuses que je le forçai sur-le-champ de venir réitérer chez le prince de Belocelsky, notre ami commun, ce qu'il fit. En renvoyant l'épée de M. de La Briche, je lui écrivis la plaisanterie[175] suivante:

Je vous renvoie la Gondrille, Et personne n'a gondrillé, Parce que j'ai trouvé mon drille Dans son lit tout recoquillé. . . . . . . . . . . . La Gondrille n'ayant ce soir Rien fait que d'enfiler des perles, Je vous la rends; jusqu'au revoir, Adieu le plus gentil des merles.

10º Les deux fameuses lettres[176] écrites les 15 et 16 août 1774, «en bateau sur le Danube» et «à Vienne», relatives à la fameuse histoire des brigands.

11º Lettre au prince de Ligne, sur l'invention d'un instrument, l'aérocorde, par un nommé Fschirszcki (26 fevrier 1791).

12º Lettre à M. Legrand-Delaleu, avocat (11 mars 1786), relative à son mémoire justificatif.

13º Curieuse lettre de M. Bossu, curé de Saint-Paul, à Beaumarchais (11 mars 1788). Il se plaint de ce que les ouvriers travaillent le dimanche, «jour dont l'observation est prescrite par la loi divine et par celle de l'Etat», à sa maison du boulevard. Beaumarchais lui répond une lettre non moins curieuse qui est jointe, ici, à la précédente[177].

14º A M. Pérignon, prêtre (3 septembre 1789) relative à une demande d'argent[178].

15º Lettre d'envoi, au roi de Suède, d'un exemplaire, sur grand papier, du Mariage de Figaro.

16º Lettre relative à une vente d'exemplaires de l'édition de Voltaire.

17º Épîtres diverses, en vers et en prose, soit de Beaumarchais, soit d'autres personnages lui écrivant ou lui répondant.

TOME III.--Relatif à la Diplomatie.

1º Le Sens commun, longue pièce de cinquante grandes pages, adressée aux habitants de l'Amérique.

2º Mémoire sur la situation de l'Espagne.

3º Pièce relative au commerce avec l'Angleterre: «Projets pour commercer dans la nouvelle Angleterre.»

4º Essai sur les manufactures d'Espagne.

5º Mémoire relatif aux établissements de Madagascar.

6º Note sur la monnaie courante des États-Unis d'Amérique.

7º Note sur le commerce des Français avec les Américains.

8º «Avis aux Américains, ou Mémoire pour les convaincre de la nécessité de se réduire à la guerre de poste et de se pourvoir de plusieurs bons ingénieurs.»

9º Mémoire relatif à l'état actuel de l'Inde.

10º Plusieurs petits mémoires relatifs à des «instructions secrètes sur le ministère d'Espagne, au sujet de l'affaire de la concession de la Louisiane.»

11º «Essai sur le projet de population, défrichement et agriculture de la Sierra Morena, demandé par M. de Grimaldy.» (Deux copies.)

TOME IV.--Pièces de théâtre.

1º Un très-curieux manuscrit de: «Le Barbier de Séville, ou la Précaution inutile», daté de 1773, avec ratures, surcharges et annotations diverses relatives à sa mise en scène, et la plupart de la main même de Beaumarchais.

2º L'Ami de la maison, drame en trois actes, dédié «à Bazilide».--Sans date.

TOME V.--Pièces de théâtre.

1º Léandre, marchand d'agnus, médecin et bouquetière, parade en six scènes, avec chants et symphonie. (De la main même de Beaumarchais.)

2º Jean Bête à la foire, parade en dix scènes avec chant[179].

Personnages: Jean Bête; Jean Broche le père; Jean Broche la mère; Mme Oignon, gargotière; Mme Tiremonde, sagefemme; Mlle Tripette, maîtresse de Jean Bête; Troufignon, apothicaire.

3º Les Députés de village, opéra-comique en trois actes, avec ariettes. (Il n'est pas possible de dire si cette pièce est de Beaumarchais.)

4º Laurette, comédie en trois actes, en prose, tirée des Contes nouveaux de M. de Marmontel, par M. P. de B., ancien officier, ex-aide de camp.

On lit la note suivante sur la première page:

«Reçue au Théâtre Italien le 20 mai 1778, jouée le 15 juillet et retirée le 16 du même mois.»

5º La Nouvelle Direction, comédie en vers en un acte, mêlée de chants et de danses, par l'auteur de Laurette.

6º La Fête militaire, divertissement suisse en quatre scènes, et les apprêts de la fête; ambigu-comique en seize scènes, avec chant. (Sans indication de nom d'auteur.)

7º Zoraïr, tragédie en cinq actes, par Mercurin fils, de Saint-Remy, en Provence.

«Envoyée à M. de Beaumarchais, le 14 avril 1786, pour donner son avis.»

On lit en Post-Scriptum, dans la lettre d'envoi:

«Ne me jugez pas sans me lire; c'est là notre malheur, à nous provinciaux. Je ne suis pas encore dans ma vingt-quatrième année, mais j'ai beaucoup de sensibilité, et j'ai beaucoup voyagé.»

TOME VI.--Affaires d'Éon.

1º Plusieurs pièces manuscrites et imprimées de «la chevalière d'Éon».

2º Une pièce satirique adressée: «au très-haut, très-puissant seigneur, monseigneur CARON OU CARILLON, dit BEAUMARCHAIS... Seigneur utile des forêts d'agiot, d'escompte, de change, rechange et autres rotures... par Charlotte-Geneviève-Louise-Auguste-Andrée-Timothée d'ÉON de BEAUMONT, connue jusqu'à ce jour sous le nom de chevalier d'Éon, ci-devant docteur consulté, censeur écouté, auteur cité, dragon redouté, capitaine célébré, négociateur éprouvé, plénipotentiaire accrédité, ministre respecté, aujourd'hui pauvre fille majeure, n'ayant pour toute fortune que les louis qu'elle porte sur elle et dans son coeur. (Suit la pièce.--Elle a été imprimée à Londres.)

3º Deux pièces en latin, français et anglais relatives à la même affaire. La première commence ainsi:

«Le sexe du célèbre chevalier d'Éon est enfin révélé. C'est au genre féminin qu'il a l'honneur d'appartenir...»

4º Vers de Beaumarchais sur la chevalière d'Éon:

. . . . . . . . . . . . . . . Elle agit en bravache et parle en harengère, La vérité jamais n'eut un semblable ton. . . . . . . . . . . . . . . .

5º Un petit poëme en vers:

La belle Circassienne, ou Salomon et Saphyra, poëme dramatique en huit chants, imité de l'anglais du grave docteur Cronall.

Interlocuteurs: Lui, Elle, Choeur de Vierges.

On lit au bas de ce manuscrit, et d'une autre écriture que celle du manuscrit même: «par M. de Saint-Maur.»

6º Copie de ma lettre à Mlle d'Éon, en date du: «3 août 1776.»

Immense lettre, qui est plutôt un mémoire, plusieurs fois longuement annotée dans la marge des pages. On lit sur le premier feuillet:

«J'ai écrit deux lettres avant celle-ci à Mlle d'Éon, que je n'ai pas jugé à propos de lui envoyer, réprimant autant qu'il a été en moi ma sensibilité aux outrages que j'avais reçus parce qu'elle était Elle et non pas Lui[180].

7º Une autre lettre du même à la même, en date du 7 août suivant.

8º Une réponse de la «chevalière d'Éon».

9º Lettre de Beaumarchais répondant à la précédente. Il y est longuement question du fameux chevalier de Morande.

TOME VII.--OEuvres théâtrales.

Un manuscrit de la Mère coupable, drame en cinq actes.

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