‹ Le BoulangismeChapitre 10 sur 10 · XI Un parallèle

XI Un parallèle

Les boulangistes reprochent au Parlement son impuissance. Bien.

Ouvrez le Bulletin des Lois de 1851 à 1870, pendant les dix-huit années de despotisme impérial, où sont les réformes ? les lois importantes ? Pendant ces années silencieuses, il n’y avait point de « bavards » pour retarder une Chambre muette ; s’il y avait des intrigues de Cour, il n’y avait point d’intrigues parlementaires, puisque les ministres n’étaient responsables que devant l’empereur ; il n’y avait point d’interpellations, ni de questions politiques, puisqu’elles étaient interdites ; et cependant, si vous ouvrez le Bulletin des Lois, vous n’y trouverez que le néant.

Nous avons une Constitution chargée d’impedimenta, soit. Il n’y a que onze ans, à partir du lendemain du 16 mai, qu’elle fonctionne régulièrement ; elle a donné comme grandes lois, la liberté de la presse, la liberté de réunion, ces instruments indispensables à tout progrès pacifique ; elle a donné les lois sur l’enseignement, destinées à faire une profonde révolution sociale dans le pays ; elle a donné la loi sur les Syndicats professionnels, qui est en avance sur nos mœurs ; elle va donner une loi militaire basée sur l’égalité des citoyens devant le plus lourd des impôts ; et, espérons-le, un certain nombre de réformes qui n’ont été accomplies ni par la Monarchie, ni par l’Empire, ni par la majorité réactionnaire de l’Assemblée nationale, puisqu’ils ont laissé au parti républicain le soin de les réaliser.

Il les réalisera avec le concours de tous, en s’inspirant des libres discussions auxquelles tous peuvent prendre part ; il les réalisera par la liberté et par la discussion.

Le boulangisme, lui, recommencerait la sinistre histoire du second Empire : Le coup d’État avec toutes ses conséquences d’oppression et de proscription, la dictature — et la guerre entreprise pour un homme et non pour la France !

Voilà pourquoi je suis anti-boulangiste, et que tous les bons citoyens, tous les patriotes, tous les républicains, doivent être anti-boulangistes.

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