‹ Le Capitaine Martin; ou, les Trois croisièresChapitre 2 sur 3 · II

II

Les dragées du baptême.

Gertrude, devenue madame Martin, s'accommoda parfaitement de sa position nouvelle. Le mariage dissipa bien vite les rêves romanesques de la jeunesse. C'était d'ailleurs une personne pleine de sens et élevée par son père dans des principes d'honneur. Le sacrifice que son mari lui avait fait, l'action héroïque dont elle était cause, sa mutilation même, étaient autant de liens qui l'attachaient à lui; elle devint une excellente femme, et le sentiment fugitif que lui avait inspiré le jeune Duguay se changea en bonne et franche amitié.

Il faut dire que Martin était désormais l'un des personnages importants de Saint-Malo. Avec l'argent qui provenait des dépouilles du Hollandais, il avait acheté un cutter armé de six canons, et qui portait écrit sur son couronnement ce nom peu poétique, le Renard. Duguay-Trouin montait la Gloire, Martin, le Renard, et plusieurs fois ils opérèrent en commun.

Diverses prises avaient suivi la première, et Martin le pêcheur était alors pour tout le monde le capitaine Martin. Ce n'était plus l'homme que nous avons vu, au début de cette histoire, vêtu de ratine brune et coiffé du bonnet de laine. Le costume avait changé avec la fortune. Envers sa femme surtout il se montrait magnifique. Rien n'était assez beau, assez brillant pour elle. La fille du voilier éclipsait par sa toilette les plus brillantes dames de la ville. Tout ce que les prises renfermaient de précieux, les mousselines, les cachemires de l'Inde, les perles, les beaux tapis, passaient d'abord sous ses yeux: madame Martin faisait son choix, et le capitaine se fâchait quand elle se montrait trop discrète.

La prodigalité était la qualité dominante de ces corsaires bretons, et personne ne la poussait plus loin que le capitaine Martin. Pendant qu'il séjournait à terre, ses équipages trouvaient chez lui table ouverte. Toutes les semaines il donnait un gala qui rappelait les fêtes de Gamache. Les vins les plus exquis, les mets les plus recherchés figuraient sur sa table. Un luxe étrange régnait dans sa maison, qui semblait meublée aux dépens de l'univers entier. On y voyait des étoffes de tous les pays, des curiosités des quatre parties du monde, des armes de prix, des objets qui auraient figuré avec honneur dans des musées ou dans un cabinet d'artiste. Martin, enfant de pêcheur, attachait un grand prix à ces bagatelles, et Gertrude possédait ce sentiment fin et délicat que les femmes apportent en toute chose. Seulement celle-ci avait de plus que son mari la prévoyance de l'avenir. Au milieu de ces dépenses folles, elle ne pouvait retenir ses regrets. Elle savait que la mer est capricieuse et qu'elle a ses bons et ses mauvais jours. Parfois elle conseillait l'économie à Martin; mais celui-ci riait de ces appréhensions et semblait résolu à lasser la fortune en gaspillant ses dons..

Cet ennui n'était pas le seul que le capitaine causât à sa femme. On a vu qu'il n'avait rien de séduisant; et la course, en le rendant manchot, ne l'avait pas embelli. Cependant Martin affichait des prétentions aux conquêtes galantes. Généreux et prodigue, il pouvait jeter le mouchoir à ces beautés faciles qui ne tiennent jamais rigueur à la richesse. Mais le capitaine visait plus haut: il voulait séduire, il voulait plaire. Duguay-Trouin, devenu son ami, lui donnait en vain les conseils les plus sages; Martin faisait semblant de s'y rendre; mais le naturel reprenait bientôt le dessus. Gertrude se résignait; elle allait être mère. Les devoirs de la paternité devaient, elle l'espérait du moins, influer sur le caractère de son mari, lui rendre ses habitudes de prévoyance et de fidélité.

Parmi les femmes que le capitaine avait rencontrées sur son passage, il en était une surtout qui avait fait une vive impression sur lui. On la nommait madame Durbec; elle était veuve d'un riche armateur de Saint-Malo, déjà mûre, mais conservée admirablement, au moyen de cet art qui est à l'usage des coquettes. Les plus grands falbalas, les plus majestueux panaches entraient dans ses atours; cela suffisait pour fasciner Martin. Sa ferronnière était placée de façon à donner plus d'éclat à des yeux noirs, déjà fort brillants par eux-mêmes. Les yeux noirs sont en général fort goûtés des écumeurs de mer: ils se rattachent à tous les souvenirs de la course. Ceux-ci allumèrent un incendie dans le coeur du Malouin. La pauvre Gertrude n'avait que de magnifiques yeux bleus pleins de dévouement et de tendresse: madame Durbec exprimait l'effronterie, et la passion sensuelle dans les moindres mouvements de ses yeux noirs. L'orgueil, d'ailleurs, s'en mêla; il poussa l'homme du peuple vers la grande dame; Gertrude fut sacrifiée.

Cependant la veuve de l'armateur était trop rusée pour livrer sur-le-champ la place au corsaire. Martin n'avait encore que les abords de la place, et madame Durbec les défendait avec un talent qui témoignait une grande expérience. C'était chaque jour de petits cadeaux offerts avec un acharnement que rien ne pouvait rebuter. Quand l'objet n'était pas assez considérable pour emporter un engagement formel, la veuve acceptait elle refusait quand le prix du cadeau pouvait la compromettre d'une manière définitive. Pendant un mois elle joua ce jeu qui impatientait le corsaire, il n'est sorte de ruse qui, des deux parts, ne fut employée; mais le forban avait trouvé son maître. La veuve tint en échec le capitaine, et pour parler la langue des marins; elle garda sur lui les avantages du vent. Cette passion, ainsi alimentée et contenue, prit chez Martin un caractère d'obstination qui menaçait d'aller jusqu'à la démence. Elle était devenue une idée fixe; et si la veuve n'avait uni la résolution de Judith à l'adresse de Dalila, quelque violence aurait pu s'ensuivre. Mais madame Durbec n'avait peur de personne, pas même d'un chef de flibustiers.

Cette intrigue était dans toute sa force quand Gertrude accoucha d'une fille, jolie enfant qui fut nommée Catherine. Désormais la mère avait un appui contre le délaissement, et, dans tous les cas, une consolation. Martin apporta à cet événement la chaleur qu'il mettait en toutes choses. La vue de son enfant le ravissait; ses premiers cris le remuèrent jusqu'à l'âme. Il la comblait de caresses, il était aux anges: la jeune mère se rassura au spectacle de ces témoignages d'amour. La paix semblait revenue dans le ménage; mais cette diversion dura peu: la passion oubliée reprit bientôt le dessus avec une force nouvelle, et le manège de la coquette recommença.

Martin, cependant, au milieu des combinaisons stratégiques que lui inspirait le désir de vaincre, crut avoir trouvé un moyen d'en finir. Le baptême de sa fille allait avoir lieu: il résolut de lui donner madame Durbec pour marraine. Ce titre, en dehors de la familiarité qu'il autorisait, lui offrait une occasion de continuer son système de séductions sur une grande échelle. Dans un jour pareil, tout s'offre, tout s'accepte, les présents les plus riches comme les plus vulgaires: c'est l'usage, il faut le subir. Ainsi calcula le capitaine; et, sans consulter sa femme, il en fit l'ouverture à la belle veuve, qui donna sans hésiter son consentements. On songea donc au baptême; mais un long séjour à terre avait épuisé les coffres du corsaire: il lui restait à peine quelques milliers d'écus disponibles.

Tant mieux! s'écria-t-il, l'Anglais payera les dragées. Il fut convenu alors, qu'une croisière aurait lieu avant la cérémonie, et que la dixième partie du butin serait consacrée à en faire quelque chose de fabuleux destiné à laisser des souvenirs dans la population de Saint-Malo: Comme la campagne, pouvait être longue, la petite Catherine fut ondoyée, et Martin ne songea plus qu'à se mettre en mesure de paraître dignement devant l'ennemi.

Le capitaine du Renard était en première ligne parmi les croiseurs du littoral armoricain, il venait après Duguay-Trouin, et marchait presque son égal. Les meilleurs marins briguaient l'honneur de s'embarquer avec lui; Toutes ses sorties avaient été fructueuses, et de magnifiques parts de prise les avaient couronnées; On savait que Martin était juste pour ses hommes, et qu'il se serait fait un scrupule de s'approprier la moindre portion de ce qu'ils avaient vaillamment gagné. Ces qualités ralliaient autour du capitaine d'excellents équipages, des matelots de choix, intrépides, dévoués. Au premier signal, ils accouraient, et en vingt-quatre heures Martin pouvait mettre l'agile cutter en état de tenir la mer. Le départ suivait ainsi de près l'ordre de l'armement, et les indiscrétions étaient déjouées. Cette fois les choses furent conduites avec une célérité et une activité plus grandes encore. Une demi-journée suffit pour concevoir le projet et l'exécuter. Le Renard dérapa dans la nuit même.

Cette croisière avait une double importance aux yeux du capitaine Martin; il y poursuivait plus d'une conquête. Aussi jamais ne se montra-t-il plus vigilant, plus attentif. Il ne remettait à personne le soin de surveiller l'horizon pour voir s'il ne recelait pas dans ses profondeurs quelque riche capture. Pilote habile de ces parages, il savait quel vent devait lui amener, des victimes et dans quelle direction les courants, si rapides en Manche, portaient les bâtiments. Une semaine pourtant se passa sans qu'aucune voile marchande se fût présentée. Des bateaux caboteurs, des barques de pêche, rien qui valût un abordage. Il faut dire que l'audace des corsaires malouins avait épouvanté le commerce anglais, et que peu de navires osaient s'aventurer dans cette mer étroite. On l'avait trop battue; le poisson avait fui ailleurs. Jamais Martin n'avait vu son impatience si mal servie. On se trouvait alors dans la belle saison, et des calmes ou des brisés folles enchaînaient le cutter sur les mêmes eaux. C'était à se désespérer.

Au risque de tomber entre les mains de bâtiments de guerre, Martin résolut alors d'aller chercher du butin sur un autre théâtre. Il avait entendu parler des galions espagnols qui revenaient de Porto-Bello ou de la Vera-Cruz, et s'en allaient verser à Cadix les trésors métalliques du Mexique et du Pérou. L'idée de ces prises enflammait depuis longtemps sa pensée. Ces galions étaient, à la vérité, armés de quelques canons, et montés par un nombreux équipage; mais on avait sur le Renard six caronades d'un fort joli calibre et soixante lurons qui ne comptaient jamais leurs ennemis. Martin n'était pas très-versé dans les calculs nautiques; mais il avait auprès de lui, comme second, un jeune homme plein de science et très au fait de la navigation hauturière. Le cutter fit donc route vers le sud en se dirigeant de façon à placer sa croisière entre les Açores et le détroit de Gibraltar; chemin obligé des convois qui arrivaient des Indes occidentales.

Si le Renard n'était pas imposant comme dimension; il avait, en revanche, des qualités solides; il effleurait la vague et, au lieu d'en recevoir le choc, il la coupait avec une agilité merveilleuse. Il avait, comme disait Martin, fait un pacte avec la tempête. Par le travers du golfe de Gascogne, le bâtiment fut mis à une rude épreuve: un ouragan affreux l'assaillit, et, pendant trois jours, il fallut fuir devant les éléments déchaînés. Le Renard lutta d'abord avec succès: mais les vents devenaient à chaque instant plus furieux, la mer plus terrible. La mâture, fort élevée, comme dans tous les bâtiments destinés à la course, souffrait horriblement, et dans un coup de tangage le grand mât se fendit et vola en éclats. Ce fut un cruel moment; la résolution de l'équipage empêcha seule qu'il ne fût fatal. On coupa les agrès qui retenaient les débris, on courut aux pompes pour vider l'eau qui s'était introduite dans la cale. L'un des canons, ayant rompu ses amarres, venait de briser le sabord; on eut toutes les peines du monde à le retenir. Le soir du troisième jour, le Renard, naguère si coquet et si fringant, n'était plus qu'un bâtiment désemparé, flottant sans voiles à la merci de l'onde, et c'est à peine si les bras de ses soixante hommes pouvaient affranchir une énorme voie d'eau qui venait de se déclarer.

Le capitaine Martin se sentait ébranlé: jamais son courage n'avait été mis à une plus rude épreuve. La tempête semblait se calmer à mesure que la nuit s'avançait; mais que faire avec un navire sans mât, avec un équipage employé tout entier au travail des pompes? Sa plus favorable chance était alors de pouvoir regagner, tant bien que mal, Saint-Malo pour y réparer ses avaries. Or, quel échec et quelle humiliation! Rentrer les mains vides quand on s'était tant promis! Renoncer à des rêves de galanterie, à des projets de fête, à la perspective d'une fortune nouvelle! C'était pénible et pourtant forcé. On ne pouvait rien se promettre de plus dans l'état désespéré où l'on se trouvait.

Martin faisait ces tristes réflexions sur le pont du cutter. Assis sur le couronnement, la tête appuyée dans ses mains, il en était venu à former les plus noirs projets, et allait se laisser glisser à la mer pour éteindre ses douleurs dans un suicide furtif, lorsqu'en levant les veux il crut voir, à peu de distance, une masse noire et opaque glisser sur les eaux. C'était un monstrueux navire: personne à bord du Renard ne l'avait aperçu, tant la confusion était grande. A l'instant. Martin prit son parti. On ne pouvait reconnaître à quelle nation appartenait ce bois flottant; mais la France étant en guerre avec presque toute l'Europe, il y avait peu de chances de se tromper. Dans tous les cas, ami ou ennemi, il venait à propos; c'était ou un moyen de sauvetage ou une prise. Sans bruit, sans tumulte, le capitaine du Renard rassembla ses hommes et leur dit:

«Camarades, nous avons un mauvais plancher sous les pieds; en voici un autre qui paraît plus solide; il faut qu'il soit à nous avant deux heures. Chacun à son poste, et que tout le mondé fasse son devoir!»

Le cutter né pouvait plus gouverner assez lestement pour que l'abordage de bâtiment à bâtiment fût praticable. Malgré l'état de la mer, Martin résolut de tenter un abordage avec ses chaloupes. Le navire en vue était à la cape et ne faisait que peu de chemin;-son attitude prouvait qu'il n'avait pas aperçu le corsaire. Tout dépendait de la célérité de l'attaque, du silence des hommes, de la rapidité de leurs mouvements. En moins de cinq minutes, les embarcations se trouvaient à flot; les marins, armés jusqu'aux dents, s'étaient répartis dans chacune d'elles. Comme le sort du Renard était compromis par l'interruption du jeu des pompes, tout le monde l'abandonna, sauf à y retourner après l'expédition. Les chaloupes se dirigèrent vers la masse flottante, et arrivèrent par son travers sans que personne à bord parût s'émouvoir: Cela s'expliquait. Le timonier seul était resté sur le tillac; un navire à la cape n'a plus de manoeuvre à faire; l'équipage se reposait. Cette circonstance servit Martin au delà de ses souhaits. Le premier, il monta sur le pont et courut aux écoutilles. A sa vue, le marin placé au gouvernail fit résonner un magnifique caraco, qui dénonçait la nationalité du bâtiment surpris.

--Amis, c'est un Espagnol! s'écria le capitaine du Renard. Vive la France!

Les assaillants se précipitèrent vers les ouvertures par lesquelles leurs ennemis pouvaient sortir; ils espéraient les surprendre, les enfermer, les forcer à capituler. Malheureusement le capitaine espagnol avait entendu le premier, cri du timonier; et, pressentant le péril, il s'était élancé vers ses armes, avait rallié ses officiers et gagné le gaillard d'arrière. Les matelots, de leur côté, étaient parvenus à s'ouvrir un chemin, et se rangeaient en bataille sur l'avant. Les forces étaient à peu près égales de part et d'autre. Aussi le combat prit-il le caractère d'une boucherie. La nuit empêchait de distinguer les amis des ennemis, et plus d'un coup, porté par les Malouins vint frapper des compagnons d'armes. Pendant une heure environ on lutta ainsi à l'aveugle. Martin venait de recevoir un coup de sabre qui, en lui fendant la joue, avait fait sauter un oeil de son orbite. Il gisait évanoui le long des bastingages. Son jeune et vaillant second prit le commandement et sut maintenir ses avantages.

Quand les premières lueurs du jour vinrent à poindre, le spectacle était des plus douloureux, mais il constatait le triomphe des Malouins. Dix Espagnols seulement survivaient à ce massacre nocturne. Vingt-cinq hommes du Renard étaient tués ou hors de combat. Le pont ne formait plus qu'une mare de sang. Le capitaine espagnol était mort bravement à son poste. Au moment où Martin reprit ses sens, l'affaire était terminée, le succès acquis. Les restes de l'équipage espagnol s'étaient résignés; ils travaillaient avec les vainqueurs à débarrasser le pont des cadavres qui l'encombraient. On avait cherché dans toutes les directions si le Renard flottait encore, il avait disparu: la mer l'avait sans doute englouti. On savait le nom du bâtiment capturé, sa destination, son chargement; c'était le San-Josef qui venait de Porto-Bello avec des lingots d'or et des marchandises d'un grand prix, l'un des plus gros et des plus riches galions qu'eussent jamais attendus les négociants de Cadix.

Martin écouta tous ces détails, et, malgré la perte de son sang, malgré l'horrible blessure qui lui partageait le visage et lui coûtait un oeil, il parut renaître au récit qu'on lui faisait. A peine souffrit-il que l'on pansât sa blessure et qu'on lui arrangeât tant bien que mal un lit sur le pont. Malgré la fièvre, malgré là souffrance, il voulut commander le navire et le conduire à Saint-Malo. Quarante jours après son départ il y rentrait avec sa prise. A peine arrivé, il écrivit le billet suivant:

«Madame,

«Me voici avec un galion de plus et un oeil de moins: il m'est plus facile de vous offrir le premier que de recouvrer le second; Voyez si ce que j'ai gagné peut compenser ce que j'ai perdu.

«Consentez-vous à me recevoir?

«Martin.»

L'entrevue fut accordée; mais il paraît que le résultat n'en fut pas selon les voeux du capitaine, car, au retour, il disait à sa femme:

--Gertrude, choisis une marraine pour Catherine. Et surtout que le baptême soit flambant. C'est le San-Josef qui paye les dragées.

Gertrude fut heureuse ce jour-là. Elle avait un mari borgne et manchot, mais un mari, fidèle désormais.

Ainsi, chaque acte important de sa vie coûtait quelque chose au capitaine Martin. Pour peu qu'il continuât ainsi, il allait ressembler au fameux comte de Rantzau, qui, à l'heure de sa mort, ne put donner à la tombe qu'un bras, qu'un oeil, qu'une jambe et qu'une oreille.

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