‹ Le Chien d’Or Tome IChapitre 1 sur 36 · Préface de Benjamin Sulte à l’édition de 1926, de l’édition de la Librairie Garneau

Préface de Benjamin Sulte à l’édition de 1926, de l’édition de la Librairie Garneau

« Ce roman est un superbe hommage rendu aux ancêtres des Canadiens-français, et d’autant plus précieux qu’il vient d’un homme appartenant par le sang et les croyances à une nation qui fut l’ennemie séculaire de notre race… Mais, il y a plus : nous avons trouvé dans ce livre une si riche collection de nos traditions nationales et religieuses, une peinture si vraie de nos mœurs et de nos coutumes canadiennes, un tableau si frappant et si complet de ce que présente notre histoire à cette époque mémorable (1748), que nous le croyons tout à fait propre à inspirer du goût pour l’étude de l’histoire du Canada, et même à faire connaître une foule de traits qui, à la simple lecture de l’histoire, échappent à l’attention.

« Nos historiens ont donné le récit des événements de l’époque que rappelle M. Kirby, mais lui, il en a, suivant nous, donné la physionomie. Combien de gracieux et touchants souvenirs, dans les ouvrages de tous ceux qui ont écrit sur le Canada, l’auteur du Chien d’Or a groupés tous ensemble, en les rattachant ingénieusement aux grands faits de notre épopée nationale !

« Nous avons voulu faire apprécier par nos littérateurs l’admirable parti qu’un homme qui, pourtant, n’a ni notre foi, ni nos sentiments nationaux, et dont la langue maternelle est la langue anglaise, a su tirer d’une courte période de notre histoire.

« Quelles sources d’inspirations poétiques, quelle mine précieuse de faits et d’aventures chevaleresques, l’histoire du Canada ne met-elle pas à leur disposition ! Quelle richesse inépuisable de matériaux il y a là pour édifier une littérature canadienne égale, sinon supérieure, à celle de tout autre peuple !

« Le livre de M. Kirby, bien qu’il soit loin d’être parfait au point de vue de l’idée religieuse, nous paraît offrir aux littérateurs catholiques du Canada et même de la France et d’autres pays, un enseignement remarquable et un exemple précieux. »

C’est ainsi que la traduction du Chien d’Or par Pamphile Le May, fut présentée au lecteur, en 1884.

On ne saurait mieux exprimer ce que tout lecteur aura ressenti en parcourant ce livre qui nous transporte avec un art parfait dans un passé déjà lointain, si lointain qu’il est oublié de la masse de nos gens. Le Chien d’Or a contribué, autant peut-être que l’œuvre de Garneau, à nous rendre à nous-mêmes, par le récit et la description de la vie d’autrefois. Ce que la préface de l’édition de 1884 faisait prévoir s’est réalisé ; le Chien d’Or se range, dans notre bibliothèque nationale, à côté de nos meilleures sources de renseignements, non pas de ces œuvres qui donnent, de par leur caractère, la précision des dates, comme l’exige l’Histoire, mais plutôt ces vues d’ensemble qui font comprendre la situation de toute une époque et qui permettent de dire : Voilà comment vivaient nos pères il y a un siècle, il y a deux siècles, alors que nous avions déjà constitué un type national distinct et que nous n’étions déjà plus des paysans d’Europe.

J’ajouterai que les lecteurs de langue anglaise – et j’ai été à même de le juger – ont éprouvé à notre égard, par l’effet de ce livre, une transformation qui nous est favorable. Ne connaissant rien de notre littérature, et rien non plus de l’histoire qui nous est particulière, ils n’étaient pas loin de nous croire, dans ce coin du Nouveau-Monde, un peuple de hasard, formé comme par aventure, sans caractère spécial, et assez insignifiant pour que l’on n’y découvre rien à considérer. Mais les descriptions de Kirby ont ouvert l’esprit de plusieurs de ses compatriotes sur notre compte, en suscitant comme une sorte de respect pour notre race ; car ils ont appris qu’elle a un passé, des traditions, des mœurs domestiques et pour tout dire en trois mots, une âme collective.

En tout pays, les gens qui lisent forment les opinions des masses. Kirby désirait produire ce résultat. Il a fait mieux que Parkman qui s’est borné à raconter la colonisation française au Canada sans jamais y voir notre peuple et sans le faire connaître. En Angleterre, Walter Scott a attiré l’attention populaire sur les Écossais, par des romans où il peignait la vie réelle de ces clans si mal connus et, pour cela même, si méprisés. Les Anglais d’Ontario et des autres provinces canadiennes se trouvent dans la même situation à notre égard, et c’est ce que l’auteur du Chien d’Or avait fort bien compris.

Cette nouvelle édition va rendre encore une fois populaire la traduction de Pamphile Le May qui, grâce à son talent d’écrivain et à sa science merveilleuse de notre histoire, serre l’original de près. Il en avait le sens profond et il s’était en quelque sorte incarné dans le dessein de l’auteur. Traduire, c’est souvent trahir. Pour transformer dans sa propre langue un texte rédigé dans un autre idiome, sans être traître il faut du travail, du métier, du talent, des connaissances appropriées. Rien de tout cela n’a manqué au traducteur du Chien d’Or. Quelle plume mieux exercée que celle de Le May pouvait donner à ce roman de mœurs la couleur française qui lui est propre, j’allais écrire indispensable ? Celui qui avait rendu dans notre langue nombre de poèmes anglais, avant de traduire le Chien d’Or, avait poursuivi le meilleur des apprentissages.

†

William Kirby, l’auteur du Chien d’Or, naquit en 1817, à Hull, en Yorkshire, Angleterre. Il émigra vers l’Amérique en 1832, avec ses parents qui s’établirent à Newark, devenu Niagara-sur-le-lac.

Rédacteur au Mail de cette localité, il se fait un nom enviable par la pondération de son jugement, le sens pratique de ses écrits, le soin qu’il prend de ne blesser personne, son souci de bien dire. C’est un gentilhomme écrivain.

En 1846, il publie un petit volume de vers ; c’est intitulé « U.-E. Loyalists », et les connaisseurs disent tout haut que c’est le chef-d’œuvre de la poésie anglaise en Canada.

Kirby avait une vaste culture et il savait en faire bon usage. Familier avec les auteurs français, il en tirait de grandes ressources. Le génie de notre langue était passé dans sa plume ; mais cette langue, il ne la parlait point ; il ne l’entendait pas non plus dans notre bouche, tant son oreille s’y était peu familiarisée. Voici cependant ce qu’il m’écrivait en 1865 : « Veuillez donc traduire en français le morceau que je vous envoie et le publier dans le Journal des Trois-Rivières ou de Trois-Rivières ; je n’ose pas décider lequel, vu que je pourrais me compromettre dans la grande controverse du jour, et me rappelant qu’un Anglais devrait se tenir bien de côté pendant la bataille entre les Gaulois et les Francs. » Vous voyez comment il l’écrivait ! Pour lui, le français, c’était une langue morte, à la façon du latin.

Et maintenant, il me faut donner des explications. Au printemps de 1865, me trouvant à Niagara, Kirby me fit voir la charpente d’un roman qui me parut fort bien faite pour renfermer une description du Canada, au temps de La Galissonnière. Il y manquait un nombre infini de détails, mais la marche des principaux chapitres était tracée. Il avait conçu en maître la partie historique ; il lui fallait, pour compléter le tout, recueillir des traits de mœurs et peindre des coutumes dans les divers éléments de la population ; mais où prendre cela ? Je vis que je pouvais lui être de quelque utilité. Un rendez-vous fut arrangé grâce à certaines circonstances, qui se présentèrent bientôt, et nous allâmes passer l’automne suivant à Québec.

Une fois dans la bibliothèque de la Législature, il n’y avait qu’à consulter les livres et à s’entretenir avec les amis du bataillon sacré : Chauveau, Gérin-Lajoie, Gagnon, Provencher, Fréchette, Faucher de Saint-Maurice, Buies, Marmette, Le May. Celui-ci, autant que nous, ignorait la part qu’il prendrait dans l’œuvre en préparation. Kirby accumulait ses notes, jubilant comme un mineur qui a découvert un riche filon d’or. Tout ce que disaient les livres était ensuite expliqué derechef et commenté en conversation avec ces érudits, dont l’esprit était saturé des choses du pays.

Il va sans dire que nous visitâmes les fortifications, les marchés publics, les alentours de la ville. Anciennes cartes et vieux plans y passèrent ; puis, ce furent les promenades dans la banlieue, des études sur place, dans les maisons et en dehors. Kirby repartit, connaissant ses Canadiens à la perfection et les estimant plus que jamais. Je gardai de lui une photographie prise à Québec, et que les éditeurs mettent en tête de son œuvre avec sa signature de l’époque.

C’était un travailleur lent, soigneux. Sa physionomie souriante, ouverte, traduisait bien ses émotions. Il avait toujours le mot pour rire et prenait au vol, avec de gais propos, toutes les occasions de s’amuser. Homme charmant aussi affectueux que sincère.

Il prit huit années pour faire entrer dans ses chapitres le meilleur du bagage recueilli à Québec. Enfin, il m’annonça que son livre s’appellerait le Chien d’Or. Ce chien mystérieux l’avait fasciné ; n’était-ce pas, d’ailleurs, un bon clou pour y suspendre le drame ? Ah ! si j’avais su en 1872 ce que j’ai appris en 1915…

Kirby m’écrivait : « Il y a bon nombre d’années que vous et moi nous nous tenions dans la fenêtre de l’hôtel Saint-Louis de Québec, nous entretenant du Chien d’Or, et je vous pressai de tourner votre plume vers ce sujet si plein de charmes pour le roman. Je vous menaçai alors que moi j’écrirais l’histoire du Chien d’Orsi vous ne le faisiez pas. Voilà ma menace accomplie ! J’étais plus prophète que je ne me croyais l’être et, aujourd’hui, je me pousse au milieu de vous autres Canadiens avec mon livre qui va prouver, j’espère, que l’histoire de notre pays, et surtout celle du Bas-Canada, peut fournir d’aussi bon pâturage pour l’esprit et d’aussi bonne récolte pour les plumes que l’on pourrait en trouver ailleurs. »

À cet amical communiqué je répondis par ces vers : –

Quand paraîtra votre Chien d’Or

Je ne serai plus un jeune homme.

Voilà longtemps qu’il mange et dort

Et vous favorisez son somme.

Que lui faut-il, mon cher ami ?

Un coup de peigne à sa toilette.

Ce chien-légende a trop dormi.

Réveillez-le sous la vergette.

Il est complet, votre roman.

C’est un exposé très fidèle.

Qu’a-t-il donc besoin d’ornement ?

Sa trame est tout à fait réelle.

Ah ! vous cherchez la vérité...

Prenez celle qu’on imagine.

On s’en est toujours contenté.

Ce carlin n’a pas d’origine.

Des jours fameux par tant d’exploits

Vous avez bien saisi l’histoire.

Publiez, vous aurez nos voix.

C’est un récit que l’on peut croire.

Le manuscrit étant prêt pour l’imprimeur, Kirby l’enveloppa sans manquer de me l’adresser. Un peu plus tard, il m’écrivait pour me demander ce que j’en pensais. Je ne l’avais pas reçu. Le Chien d’Or était égaré… Des mois, des ans s’écoulèrent ; en 1877 on le découvrit enfin. Mais où donc ? Au fond d’une armoire, chez Kirby… De là à l’imprimeur il ne fit qu’un saut.

J’ai eu le plaisir de revoir Kirby à la Société Royale, dont il devint un des membres en 1893. Il gagnait l’estime de tous les littérateurs qui le rencontraient. En écrivant cette préface, je songe à son centenaire, hélas ! passé inaperçu.

†

Dans la Gazette de Montréal, numéro du 30 septembre 1893, page 10, colonne 2, on trouve sous le titre de Old and New, un article signé R. V. Il y est relaté que « L.A.M.L. écrit : J’ai lu dans les Notes and Queries, de juillet, un article du major Rowe, de l’artillerie royale, disant qu’il avait vu le Chien d’Or de Québec et qu’il s’était fait raconter son histoire, mais qu’il est enclin maintenant à la mettre en doute, ayant rencontré dans les Mémoires de Latude la mention d’un chien rongeant son os qui aurait existé quelque part en France. »

Je notai cela et n’y pensai plus. Vingt ans plus tard ce papier revint sous mes yeux et j’ouvris le livre de Latude pour voir ce que signifiait la trouvaille du major Rowe. Il y avait de quoi s’étonner. Voici le passage : « Entrant à Bicêtre je pris le nom de Jedors, faisant allusion à celui (le nom) d’un chien placé au-dessus de la citadelle d’une de nos vieilles villes, tenant en ses pattes un os, avec ces mots : « Je me repose en rongeant mon os, en attendant le jour où je mordrai celui qui m’a mordu. »

Le pauvre livre nous donne à entendre que le chien dort, et il en tire Jedors. À Québec on fit un autre jeu de mots en dorant la bête, d’où le chien dort ou le chien d’or. Quant à la citadelle, c’était une porte de jardin, comme on le dira bientôt.

Voyant cette mention d’un fait inconnu parmi nous et qui semblait devoir nous mettre sur la trace d’une révélation, je m’adressai à l’Intermédiaire des Chercheurs de Paris et, en 1915, un Français du midi me fit la réponse suivante :

« Une notice de l’historien Poncet, sur Pézenas, antérieure à 1733, raconte que, en revenant des (frères ?) Observants, à la descente qui va à la ville, on trouve une porte bâtie depuis la catastrophe du pont ( ?) sur laquelle est un chien en relief sur la pierre, couché sur ses pattes qui tiennent un os qu’il ronge. On lit au bas : 1661 et ces lettres capitales A.Z.R., avec les vers suivants :

Je suis un chien qui ronge l’os.

En le rongeant je prends repos.

Un temps viendra qui n’est venu

Où je mordrai qui m’a mordu. »

C’est évidemment l’inscription dont parle Latude, et notons que celui-ci était originaire de Montagnac, tout près de Pézenas, sur les bords ou assez voisin de la Méditerranée, département de l’Hérault. Né vers 1725, il avait dû connaître cette antiquaille dont on parlait autour de lui et qui donnait lieu à une légende expliquée par Poncet.

« Le mur du jardin sur lequel est le chien est fort ancien, il existait en 1340. Par succession de temps, ce jardin passa à monsieur Delbousquet. Après sa mort, il fut vendu à Antoine Boyer, jardinier, puis il appartint à son fils Pierre qui m’a expliqué cette inscription :

« Monsieur Delbousquet avait une métairie près de Saint-Simon. Il y avait là une superbe orangerie que monsieur le connétable découvrait du château de Pézenas. La trouvant à son goût, il la demanda à M. Delbousquet qui, par son silence, fit comprendre à ce duc qu’il ne voulait pas s’en défaire. Fâché d’un tel refus, le duc la fit enlever pendant la nuit. Le lendemain matin, le gentilhomme (Delbousquet ?) voyant les vestiges de ce désordre, comprit que c’était l’effet d’un ordre du connétable. Ne pouvant se venger de ce sanglant affront, il fit sculpter un chien, avec l’inscription que l’on connaît. »

Ce texte ne nous éclaire que médiocrement. Disons que Poncet écrivait en 1720, sous la dictée de Pierre Boyer. Il nous faut reculer à Antoine Boyer, puis à Delbousquet, et nous voilà aux environs de 1640 ou 1650, pour l’origine du chien.

Le duc-connétable devait être un drôle, comme il y en avait tant à cette époque, dans les hautes positions, et envers qui la justice était impuissante. Dans ce cas-ci, l’homme étant formidable, comment Delbousquet pouvait-il se permettre de le provoquer en affichant contre lui des menaces permanentes ? Le duc ne pouvait-il pas faire briser le chien de pierre comme il avait subtilisé les orangers ? De nos jours une semblable inscription ne serait pas soufferte ; et il est étonnant qu’on l’ait endurée à Québec.

L’auteur de la copie de Québec n’était pas fort en versification, puisque la première ligne est la seule bonne. Comparez avec l’inscription de Pézenas, qui est en règle. Voici la pièce de Québec :

P.-B. Casgrain, de Québec, a publié, en 1905, une brochure fort intéressante sur le Chien d’Or. Il y montre que Timothée Roussel, chirurgien, s’était fait accorder le terrain de la rue Buade en 1673, qu’il y avait construit une maison de pierre en 1688, qu’il mourut à l’Hôtel-Dieu en 1700, et qu’en 1734 ses héritiers avaient vendu cet immeuble à Nicolas Jaquin dit Philibert.

Restait à savoir si le chien avait été posé par Roussel ou Philibert. Là-dessus Casgrain n’est pas en peine. Se rappelant que le capitaine John Knox, des troupes de Wolfe, s’était ingénié, vers 1759 et plus tard, de découvrir l’origine du célèbre chien, il relut son livre et vit que les membres de la famille Philibert n’en savaient rien, que les Rousset ne pouvaient pas l’expliquer, que les vieillards de la ville se souvenaient d’avoir vu la chose de longtemps, mais sans la comprendre, et il est ainsi amené à dire que le chien est imputable à Roussel et non à Philibert, qui n’a fait qu’acheter chat en poche. Il a raison.

D’où venait Roussel ? De la ville de Moyot, paroisse Saint-Jacques, diocèse de Montpellier, nous dit encore Casgrain, après avoir vu son contrat de mariage du 21 novembre 1667, passé devant Gilles Rageot, de Québec. Il était né vers 1636 et venait de Normandie, disent les Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec, constatant sa mort en 1700. Le recensement de 1666-1667 ne le mentionne point. Celui de 1681 le fait naître en 1639.

Moyot, c’est Mauguis, département de l’Hérault, un peu au nord-est de Pézenas ; et à Pézenas, si vous traversez la rivière de l’Hérault, vous êtes à Montagnac, patrie de Latude.

D’où venait Philibert ? Mon ami J.-B. Caouette, archiviste du palais de justice de Québec, a trouvé son contrat de mariage (1733) qui le fait « venir du bourg de Martigny, en Lorraine, diocèse de Toul. »

De Pézenas et Mauguis à Martigny il y a toute la longueur de la France, du sud au nord.

En résumé : Roussel a copié le chien de Pézenas sans dire pourquoi. Philibert l’a gardé comme enseigne de son commerce.

La maison était encore en excellent état en 1865, lors de la visite de Kirby. Au-dessus de la porte d’entrée, la dépassant sur la largeur, voyait le bloc sculpté, mesurant en hauteur la moitié de sa largeur. C’était d’abord un encadrement à grand effet, taillé dans la pierre avec, au centre, l’image du chien doré, en bas-relief, sur une plaque de marbre formant carré oblong, dans le sens horizontal, comme pour permettre au chien de s’étendre tout à son aise. Du trottoir, les vers se lisaient sans difficulté.

Lorsque cet édifice fut rasé, en 1871, pour faire place à l’hôtel des postes, on eut soin de poser la plaque de marbre au-dessus de la porte latérale, où elle se trouve encore. Mais l’encadrement de pierre ouvragée a disparu.

Telle est en abrégé l’origine du chien d’or québécois, génératrice de légendes, et qui a imprégné de merveilleux l’admirable roman historique de William Kirby.

Benjamin Sulte

Ottawa, octobre 1916.

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