Chapitre 4 La légende, selon Louis-Guy Lemieux
The Chien d’or est basée sur des faits réels, qui ont cependant été transposés sous la plume de Kirby. Dans un article publié dans le journal Le Soleil de Québec, le journaliste Louis-Guy Lemieux rappelait les faits. Voici un extrait de l’article :
Pierre est esclave de son état. Il est la propriété de Nicolas Jacquin, dit Philibert.
Ce Philibert tient l’auberge du « Chien d’or » , rue du Fort, coin Buade. C’est un homme prospère, un bourgeois de Québec. Arrivé 15 ans plus tôt en Nouvelle-France en provenance de la région des Vosges, il a fait fortune comme manutentionnaire du roi et comme fournisseur des troupes. Son auberge est fréquentée par les gentilshommes et les gens à l’aise.
L’esclave ne quitte jamais son maître d’une semelle. Il est son domestique et son garde du corps. La ville de Québec est devenue un port important. On y brasse des affaires considérables. Tous les gens de condition se promènent armés. L’ordre règne, mais l’alcool coule à flots dans les nombreuses tavernes. Il faut rester sur ses gardes.
Pourquoi faut-il que, par ce bel après-midi d’hiver du 20 janvier 1748, ce Le Gardeur de Repentigny de malheur entre au « Chien d’or » et réclame une chambre sur un ton de commandement ? L’aubergiste ne peut pas sentir ces officiers français fraîchement débarqués qui traitent les Canadiens en moins que rien. Philibert pourrait acheter dix fois ce jeune prétentieux à perruque.
Le patron du « Chien d’or » se sent en sécurité avec son géant noir à ses côtés. Il annonce à l’officier de marine que l’auberge est pleine. Il lui suggère de s’adresser à la maison voisine, chez la veuve Lapalme qui loue des chambres aux voyageurs de passage.
Les choses se gâtent. Le Gardeur veut loger au « Chien d’or » et pas ailleurs. Le ton monte. Bientôt, les deux hommes se donnent des noms d’oiseaux. On en vient aux coups.
Tout se passe si vite que l’esclave n’a pas le temps d’intervenir. L’aubergiste sort un lourd bâton de derrière le comptoir et frappe l’officier. Ce dernier tire son épée et atteint l’autre à la tête.
Philibert est blessé à mort. Il meurt durant la nuit. Le Gardeur de Repentigny se sauve aux États-Unis, dans la région de New York. Il obtiendra le pardon royal l’année suivante et pourra revenir au pays. (…)
Le roman de William Kirby, The Golden Dog, reprendra en l’arrangeant cette histoire vraie pour en faire un classique de la littérature.
Le Soleil, 6 juillet 1997.
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1.Cette obligation de battre les grenouillières et ce droit du Seigneur, sont de sottes histoires inventées par la calomnie et propagées en haine de l’ancienne noblesse, par l’ignorance et le préjugé, tel que l’ont établi plusieurs auteurs et notamment M. Louis Veuillot, dans son livre intitulé « le droit du seigneur. »
1.C’est une erreur. Le saint Siège ne condamna pas les Jésuites. Il crut devoir, à cause des haines implacables déchaînées contre la Compagnie de Jésus, prononcer la dissolution de l’ordre, comme un général d’armée licencie quelquefois ses meilleures troupes.
1.M. Kirby, qui a donné tant de preuves de respect et même d’admiration pour nos institutions catholiques et pour notre culte, est, il ne faut pas l’oublier, protestanten religion. Comme tel, il ne peut connaître toutes les nuances les plus délicates du sentiment catholique et de la sainte réserve qui règnent dans nos communautés religieuses. C’est ce qui explique pourquoi il a, dans l’original, fait admettre Philibert dans la chambre de la mourante.
1.Article publiée en manière de préface à l’édition de 1884.
Une édition
Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.