Scène I.
Le devant de la maison.
ROSE, GEORGE.
George, portant un râteau, sort de la maison, et se retourne vers l’intérieur.
Entends-tu, ma petite Rose ?
Rose, paraissant à la porte.
Fort bien, mon George !
George.
Je vais au pré détruire les taupinières.
Rose.
Bien.
George.
Ensuite j’irai voir comment va le champ.
Rose.
Bon ! Après quoi, tu viendras au plant de choux pour le bêcher, et tu m’y trouveras avec le déjeuner.
George.
Et puis l’on s’assied à côté l’un de l’autre, et l’on se régale.
Rose.
Tu auras une bonne soupe.
George.
Quand elle serait excellente, il faut que tu manges avec moi ; autrement je n’y trouve point de goût.
Rose.
C’est comme moi.
George.
Eh bien, adieu, Rose ! (Rose marche, s’arrête, regarde autour d’elle. Ils se jettent des baisers. George revient sur ses pas.) Écoute, Rose… les gens ne disent pas vrai.
Rose.
Rarement du moins. Quoi donc ?
George.
Ils disent qu’une fois mari et femme, on ne s’aime plus comme auparavant. Ce n’est pas vrai, Rose. Depuis combien de temps sommes-nous mariés ? Attends…
Rose.
Depuis douze semaines.
George.
Vraiment ! Et c’est toujours George et Rosette, et Rosette et George, comme auparavant. À présent, adieu !
Rose.
Adieu ! Que de fois ne l’avons-nous pas déjà dit !
George, s’éloignant.
Et que de fois ne le dirons-nous pas encore !
Rose.
Pour nous rechercher et nous retrouver toujours.
George, s’arrêtant.
C’est là un plaisir !
Rose.
Je te suis bientôt. Adieu !
George, s’éloignant.
Adieu !
Rose, sur la porte.
George !
George, revenant.
Qu’y a-t-il ?
Rose.
Tu as oublié quelque chose.
George, s’examinant.
Quoi donc ?
Rose, courant à lui.
Encore un baiser !
George.
Ma Rose !
Rose.
Mon George ! (Ils s’embrassent.)