‹ Le CouventChapitre 8 sur 33 · Scène VIII.

Scène VIII.

ANTOINE, SŒUR AGATHE, LE CHEVALIER.

Antoine.

Arrivais, arrivais, Père Hilarion.

Le Chevalier.

Eh ! quoi, ma Sœur, ce Couvent renferme une brebis égarée qui réſiſte à la voix du Ciel. Seroit-ce le fruit des mauvais conſeils que lui donnent peut-être quelques Religieuſes ?

Sœur Agathe.

Hélas, mon père, nous faiſons tous nos efforts pour vaincre l’eſprit tentateur ; mais vous ſavez que le plus juſte peche ſept fois par jour.

Le Chevalier.

Qui peut donc l’entretenir dans ces diſpoſitions mondaines ?

Sœur Agathe.

Dieu ſeul ſait pénétrer les replis des cœurs. La Mère Abbeſſe, M. de Leuville, & la Sœur Angélique, n’ont pu juſqu’à préſent vaincre ſa réſiſtance.

Le Chevalier, vivement.

La Sœur Angélique, dites-vous, quelle eſt-elle ?

Sœur Agathe.

La meilleure amie de Julie, celle de nos Sœurs à qui elle eſt la plus attachée, & qui a pris le plus de ſoin de ſon enfance.

Le Chevalier.

Mais cette Sœur connoît le Marquis de Leuville ?

Sœur Agathe.

Oh ! beaucoup, ſouvent ils ont enſemble de très-longues converſations, dont jamais nous n’avons pu pénétrer le motif.

Le Chevalier, à part.

Quel trait de lumière ! c’eſt elle, ſans doute, c’eſt ma tante, ô frère cruel. (à Agathe.) Introduiſez-moi promptement auprès de la Novice, je veux lui parler ſans témoins. Je ſaurai lire dans ſon cœur ; je découvrirai ce myſtère que l’on s’efforce de vous cacher.

Sœur Agathe ouvre la grille & introduit le Chevalier.

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