IV
LES FACTIONNAIRES SUPPRIMÉS ET LES POSTES DU GUET
On a lu dans les journaux d'août 1880:
Conformément aux ordres du général Farre, tous les postes, reconnus inutiles, ont été supprimés à Paris. A huit heures, les officiers ont été informés qu'ils devaient rentrer à la caserne avec leurs hommes, sans attendre d'être relevés par la garde montante.
A dix heures, toutes les sentinelles étaient retirées et les postes évacués[251]. Il ne reste plus actuellement à Paris, en dehors des piquets de service aux portes des casernes, que deux ou trois points, occupés militairement par la seule garde républicaine, entre autres le poste de Saint-Eustache, à part les gardes d'honneur de l'Élysée, du Sénat, de la Chambre et de l'état-major général.
Après l'enlèvement inattendu et inexpliqué des tambours aux tambours et des cuirasses aux vaillants cuirassiers, il ne restait plus qu'à supprimer les postes, destinés à protéger les monuments publics et les domiciles privés; à quoi servent les garnisons, si considérables, en temps de paix?
A Paris, les postes du guet étaient autrefois placés[252]:
Place des Carreaux; Au guichet des diverses prisons; Dans la cour du Palais; Au Carrefour du Pont Saint-Michel; Sur le Quai des Augustins; Au Carrefour Saint-Cosme; A Saint-Ives; A Saint-Honoré; A la Croix des Carmes; Au Carrefour Saint-Séverin; Près l'Église de la Magdeleine; Aux Planches-Mibray; A la Croix de Grue; A l'Hôtel de Sens; A la Porte Bauldier; Au Coin Saint-Pol; A la Traverse Quadier; A l'Échelle du Temple; A Saint-Nicolas des Champs; A Saint-Jacques de l'Hospital; A la Fontaine Saint-Innocent; A la pointe Saint-Eustache; A l'École Saint-Germain; A la Place aux Chats.
Aujourd'hui, le crime redouble, Parisiens, dormez!