‹ Le dernier vivant Tome IIChapitre 40 sur 80 · 4.37 N∘ 122

4.37 N∘ 122

Même écriture que les deux billets anonymes, attribués à la quêteuse de Notre-Dame des Victoires.

Sans signature.

Londres, 30 février 1866.

À M. L. Thibaut.

Il se peut, il se doit même que vous ayez défiance de moi. Vous avez vu mes traits. C’est un très grand malheur pour vous, – et pour elle.

Vous en savez assez pour condamner. Vous ignorez trop pour juger.

J’avais accompli un acte très difficile, presque impossible, dans la nuit du 7 au 8 décembre. On m’a volée du résultat de mes efforts.

Ce qui avait été fait pour elle a tourné contre elle.

Je ne me suis pas découragée. Mon devoir reste le même : mon devoir impérieux.

J’arrive de New York. Une fausse indication m’avait dirigée sur l’Amérique où je croyais trouver Jeanne.

Jeanne n’a pas quitté la France, peut-être même n’a-t-elle pas quitté Paris. J’y retourne.

Ne craignez aucune catastrophe immédiate. Quelque chose protège Jeanne.

Et quelqu’un aussi.

N’avez-vous pas des amis ? N’avez-vous pas au moins un ami ? Personne n’est sans avoir un ami.

Appelez à votre aide. Tout n’est pas désespéré.

Il serait de la plus haute importance de trouver un homme du nom de J.-B. Martroy, qui doit être à Paris en ce moment.

J’ai lieu de croire qu’il se cache. Encore une fois, appelez à votre aide. Efforcez-vous.

La protection qui couvre Jeanne peut faiblir – ou disparaître.

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