SCÈNE XIII.
LE JUGE, GUILLAUME, MARTIN, au fond du théâtre avec THÉRÈSE.
Martin, à part à Thérèse.
Prévenez leurs complots ; ils sont en conférence.
Thérèse, accourant vers le Juge.
Ne croyez pas, Monsieur, ce qu’on vous dit de moi.
le Juge.
On n’en dit que du bien.
Guillaume, avec une froide ironie.
Et l’on dit ce qu’on pense.
Martin, bas à Thérèse.
Sentez-vous le piège ?
Thérèse
Je vois
Que vous êtes d’intelligence
Pour me faire changer ; mais adresse, éloquence,
Complimens, soupirs, tout cela
(le doigt sur le front.)
Temps perdu : mon projet est là.
Guillaume., au Juge.
En ce cas, ce n’est pas la peine
De l’ébranler.
Thérèse, à Guillaume.
Vous l’avez dit.
Guillaume.
Il n’est point de puissance humaine
Qui parvînt…
Thérèse., avec dépit.
Eh bien, non !
le Juge., avec douceur.
Si j’ai quelque crédit
Sur vos cœurs…
Guillaume, Thérèse.
C’est en vain !
le Juge.
Que l’amitié partage
Le différend par la moitié !
Thérèse.
On voit bien à votre langage,
Que vous n’êtes pas marié.
Martin, au Juge.
Allons, séparez-les. Eh bien ! c’est leur affaire.
le Juge, à Guillaume et à Thérèse.
Àremplir les devoirs d’un triste ministère
Vous me contraignez ?
Guillaume, Thérèse.
Oui !
Martin, gaîment.
Ne perdez pas de temps.
le Juge.
(à part.)
Soit ; je cède à vos vœux. Mais ils sont père et mère,
Et c’est-là que je les attends.
(ha).
Suivez-moi tous les deux.
Martin.
Monsieur, en diligence
Expédiez-les.
le Juge, le regardant avec défiance
(à part.)
Oui. Je conçois du soupçon.
Martin, les conduisant et évitant les regards du Juge.
Mes bons amis, en votre absence,
Moi, je vais garder la maison.