‹ Le féminisme français II: L'émancipation politique et familiale de la femmeChapitre 89 sur 184 · CHAPITRE VI

CHAPITRE VI

Les doctrines révolutionnaires et l'abolition du mariage

SOMMAIRE

I.--MARIAGE ET PROPRIÉTÉ.--LEUR ÉVOLUTION PARALLÈLE.--LA RÉVOLUTION LES SUPPRIMERA L'UN ET L'AUTRE.--POURQUOI?

II.--S'IL EST VRAI QUE LE MARIAGE ASSERVISSE LA FEMME AU MARI.--L'ÉPOUSE EST-ELLE LA PROPRIÉTÉ DE L'ÉPOUX?

III.--POINT DE RÉVOLUTION SOCIALE SANS RÉVOLUTION CONJUGALE.--APPEL ANARCHISTE AUX JEUNES FEMMES.--APPEL SOCIALISTE AUX VIEILLES FILLES.

Dans l'esprit des doctrines révolutionnaires qui se propagent au milieu de nous, il ne suffit point à la «femme nouvelle» de secouer le joug de la domination patronale et de la supériorité masculine: rien ne serait fait si elle n'échappait à l'autorité maritale. Son émancipation intellectuelle et sociale doit avoir pour complément nécessaire l'émancipation conjugale. N'allez pas croire qu'un anarchiste ou un socialiste, plus ou moins marié civilement, tienne beaucoup à la prééminence que lui assure le Code civil: vous le connaîtriez mal. Sans hésiter, il se frappe la poitrine et crie aux femmes qui languissent sous le joug matrimonial: «Sus aux maris! Votre ennemi, c'est votre époux!» Comment le sexe féminin ne serait-il pas touché d'un si noble désintéressement?