‹ Le jardinier d'amourChapitre 11 sur 80 · X

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Femme, laisse là ton travail. Ecoute, l’hôte est arrivé.

L’entends-tu secouer doucement la chaîne qui ferme la porte?

Ne fais pas de bruit; ne te précipite pas à sa rencontre.

Laisse là ton travail, femme. L’hôte est venu ce soir.

· · ·

Non, ce n’est pas le souffle d’un Esprit, femme, ne crains rien.

La pleine lune luit par une nuit d’avril; les ombres, dans la cour, sont pâles; le ciel, au dessus, est clair.

Tire ton voile sur ton visage, si tu le dois; emporte la lampe à la porte, si tu as peur.

Non, ce n’est pas le souffle d’un Esprit, femme, ne crains rien.

Ne lui dis pas un mot, si tu es timide; tiens-toi sur le côté de la porte, quand tu l’accueilleras.

S’il te pose des questions tu peux, si tu le désires, baisser les yeux en silence.

Empêche tes bracelets de tinter quand, la lampe à la main, tu le feras entrer.

Ne lui parle pas, si tu es timide.

· · ·

Femme n’as-tu pas encore fini ton ouvrage? Ecoute, l’hôte est arrivé.

N’as-tu pas allumé la lampe dans l’étable? N’as-tu pas préparé le panier d’offrande pour le service du soir?

N’as-tu pas mis la marque rouge de la chance sur la raie de tes cheveux, et fait ta toilette pour la nuit?

O femme, entends-tu, l’hôte est venu.

Laisse là ton travail!

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