‹ Le jardinier d'amourChapitre 15 sur 80 · XIV

XIV

Tandis qu’au crépuscule, les branches des bambous frémissaient au vent, je ne sais pourquoi je marchai sur la route.

Les ombres inclinées s’accrochaient à la lumière fugitive.

Les oiseaux étaient las de leurs chants.

Je ne sais pourquoi je marchai sur la route.

· · ·

Un arbre aux branches tombantes ombrage la hutte qui est près de la rivière.

Quelqu’un y travaille. Dans le fond de la pièce on entend des bracelets tinter.

Je ne sais pourquoi je restai devant cette hutte.

· · ·

La route étroite et tournante traverse des champs de moutarde et des forêts de manguiers.

Elle passe devant le temple du village et devant le marché du bord de la rivière.

Je m’arrêtai devant cette hutte, je ne sais pourquoi.

· · ·

C’était une journée fraîche de mars, il y a bien, bien longtemps; le murmure du printemps était langoureux et les fleurs de manguiers tombaient sur la poussière.

L’eau bouillonnante bondissait et léchait au passage le vase de cuivre posé sur le bord.

Je pense à cette fraîche journée de mars, je ne sais pourquoi.

· · ·

Les ombres se font plus profondes; le bétail rentre dans son parc. La lumière est grise sur la prairie solitaire.

Et sur la berge, les villageois attendent le bac.

Lentement, je reviens sur mes pas; je ne sais pourquoi.

Page 1