‹ Le legs de CaïnChapitre 25 sur 33 · Troisième partie Le paradis sur le Dniester

Troisième partie Le paradis sur le Dniester

À l’endroit même où les eaux vertes, écumantes, de l’impétueux Dniester se répandent de la plaine gallicienne dans la Bukowine riche en forêts, on rencontre certain coin de terre merveilleusement calme et fertile que notre peuple de la Petite-Russie a surnommé le Paradis. Lorsque j’y pénétrai pour la première fois, le charme de sa situation à l’écart du grand monde tumultueux, les douces lignes arrondies de ses collines, sa culture soignée, l’air tiède qu’on y respire, me firent songer à quelque riant paysage du nord de l’Italie, et je trouvai cette flatteuse désignation suffisamment justifiée ; bientôt, cependant, j’appris que ce n’était pas la beauté de la nature, mais bien celle d’une grande âme dépourvue de tout égoïsme, qui avait fait de la vallée en question un Éden aux yeux des hommes. J’eus occasion de voir celui qui marche comme un prophète parmi son peuple et d’entendre son histoire singulière sous tous les rapports ; cette histoire, la voici :

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