SCENE XIX.
CRISPIN, FERNAND.
CRISPIN en pleurant, & en habit de valet.
Et j’ose…Hé bien, Monsieur, a-t-il pû s’y résoudre ?
Dois-je devant ses yeux ne paroître jamais ?
Dois-je…
FERNAND.
Dois-je…Ne pleure point, j’ai sçû faire ta paix.
CRISPIN.
Vous croirai-je, Monsieur, n’est-ce point moquerie ?
FERNAND.
Quoi tu peux…
CRISPIN.
Quoi tu peux…Ah ! Monsieur, je connois sa furie ;
Il a bien de la peine à pouvoir pardonner.
FERNAND.
Aussi ne veux-je pas te laisser retourner ;
Je veux qu’il te pardonne en ma propre présence.
CRISPIN.
Du pardon de ma faute avez-vous l’assurance,
Monsieur ?
FERNAND.
Monsieur ? Oüi.
CRISPIN.
Monsieur ? Oüi.C’est assez que mon frere ait parlé :
De vos soins obligeans je serois querellé,
Monsieur ; votre bonté pourroit mal me remettre.
FERNAND.
Mais il peut oublier ce qu’il vient de promettre,
Puis après…
CRISPIN.
Puis après…Point, Monsieur, je le vois fort exact ;
Quand on a sa parole, elle vaut un contract ;
Désormais de sa part je ne crains nul outrage,
Monsieur.
FERNAND.
Monsieur.J’ai résolu d’achever.
CRISPIN bas.
Monsieur.J’ai résolu d’achever.J’en enrage.
FERNAND.
Entre sur ce derriere.
CRISPIN.
Entre sur ce derriere.Hé ! Monsieur, où le voir
A cette heure ?
FERNAND.
Acette heure ? En tout cas, il viendra sur le soir.
Entre, dis-je.
Il entre, & Fernand ferme la porte à la clef.