‹ Le Médecin volantChapitre 13 sur 18 · Scène XI

Scène XI

Sganarelle, Gorgibus

Gorgibus

Bonjour, monsieur.

Sganarelle

Monsieur, votre serviteur ; vous voyez un pauvre garçon au désespoir : ne connoissez-vous pas un médecin qui est arrivé depuis peu en cette ville, qui fait des cures admirables ?

Gorgibus

Oui, je le connois ; il vient de sortir de chez moi.

Sganarelle

Je suis son frère, monsieur ; nous sommes jumeaux ; et, comme nous nous ressemblons fort, on nous prend quelquefois l’un pour l’autre.

Gorgibus

Je me donne au diable si je n’y ai été trompé. Et comme vous nommez-vous ?

Sganarelle

Narcisse, Monsieur, pour vous rendre service. Il faut que vous sachiez qu’étant dans son cabinet j’ai répandu deux fioles d’essence qui étoient sur le bord de sa table ; aussitôt il s’est mis dans une colère si étrange contre moi, qu’il m’a mis hors du logis ; il ne me veut plus jamais voir, tellement que je suis un pauvre garçon à présent, sans appui, sans support, sans aucune connoissance.

Gorgibus

Allez, je ferai votre paix ; je suis de ses amis, et je vous promets de vous remettre avec lui ; je lui parlerai d’abord que je le verrai.

Sganarelle

Je vous serai bien obligé, monsieur Gorgibus.

(Sganarelle sort et rentre aussitôt avec sa robe de médecin).

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