‹ Le monde de la merChapitre 163 sur 247 · VI

VI

Le Bernard et les Crustacés, qui ont besoin d'un abri, terminent nos études sur les Animaux sans vertèbres.

Dans les chapitres suivants, nous traiterons des Vertébrés.

Nous marchons du simple au composé.

En zoologie, le mot composé peut être pris dans trois sens différents. Il exprime d'abord la réunion en communauté d'un certain nombre d'individus élémentaires, plus ou moins distincts les uns des autres; secondement, la fusion plus ou moins complète de plusieurs organismes particuliers ou zoonites; troisièmement, la complication plus ou moins grande des individus isolés.

Les Polypiers sont des réunions d'individus distincts.

Les Crustacés sont des associations de zoonites adhérents.

Les Poissons sont des individus isolés compliqués.

Les Coraux ont une organisation arborisée. Leurs animalcules sont associés, comme les fleurs dans une plante.

Les Anémones, les Étoiles, les Oursins....., possèdent une organisation rayonnée. Dans un grand nombre, cette structure est à peu près rigoureuse. Leurs parties répétées sont arrangées autour d'un point ou d'un axe commun, dont elles divergent presque géométriquement. Quelquefois l'ensemble présente en même temps comme une moitié droite et une moitié gauche (Dujardin). C'est un passage entre la symétrie rayonnée et la symétrie bilatérale.

Les Annélides, les Crustacés et les autres animaux dits Annelés, possèdent une organisation unisériée. Mais comme chaque zoonite se trouve composé de deux moitiés semblables latéralement accolées, il en résulte que l'ensemble est plutôt bisérié qu'unisérié; en d'autres termes, que ces animaux ont à la fois, et la structure sériée, et la structure bilatérale.

Enfin, les Vertébrés, qu'on a nommés aussi unitaires, ne présentent plus, dans leur organisme, ni disposition rayonnée, ni groupement sérié; mais ils offrent deux moitiés semblables: une à droite, l'autre à gauche. Leur symétrie est simplement bilatérale.

L'arrangement rayonné est celui des animaux les plus simples. L'arrangement bilatéral est celui des animaux les plus parfaits.

Dans le règne végétal, pour le dire en passant, les fleurs offrent aussi, dans la disposition de leurs parties similaires, tantôt le plan rayonné, tantôt le plan bilatéral. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur une Renoncule ou sur un Œillet, et sur une Linaire ou sur une Sauge. Les botanistes, nous en ignorons la raison, appellent régulier ce premier mode d'arrangement, et irrégulier le second. Dans leurs classifications, ils regardent les plantes à fleurs régulières comme plus parfaites que les plantes à fleurs irrégulières. On vient de voir que les fleurs dites irrégulières ne diffèrent des autres que par une symétrie différente. Si les caractères avaient la même importance dans les deux règnes, les fleurs à symétrie bilatérale seraient plus élevées en organisation que les fleurs à symétrie rayonnée.

Les botanistes et les zoologistes devraient de temps en temps, sortir de leurs études exclusives, regarder un peu ce qui se fait de bon chez le voisin, et se mettre d'accord avec lui. La science y gagnerait.

Lecteur, veuillez pardonner les considérations générales qui terminent ce chapitre. Nous venons d'aborder, sans nous en douter, un des sujets les plus importants de la zoologie. Ce n'était peut-être pas la place dans un livre qui n'est pas savant et dont l'auteur ne cherche pas à le paraître.....

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