II
La Noctiluque miliaire est un des Infusoires pélagiens qui contribuent le plus à la phosphorescence de la mer (Rigaut, Suriray). Cet animalcule, oublié par Cuvier dans son Règne animal, a été rapproché par les naturalistes, tantôt des Anémones[3], et tantôt des Méduses[4] et des Foraminifères[5]. Dans 30 centimètres cubes d'eau, il peut en exister 25 000!...
[3] Voyez le chapitre XII.
[4] Voyez le chapitre XIII.
[5] Voyez le chapitre VI.
[Illustration: NOCTILUQUE MILIAIRE
(Noctiluca miliaris Lamarck).]
La Noctiluque paraît, au premier abord, comme un globule de gelée transparente[6]. Avec un grossissement un peu fort, on distingue sa forme sphérique plus ou moins régulière, un peu déprimée et légèrement ombiliquée en dessous. Au centre de l'ombilic se trouve la bouche, qui communique avec un œsophage en forme d'entonnoir. Il en sort un tentacule filiforme, très-grêle, mobile, qui naît dans cet endroit, comme la queue dans une pomme. Ce tentacule semble tubuleux. Blainville suppose qu'il est terminé par un suçoir: ce serait alors une espèce de trompe.
[6] Ce globule présente de 1/5e à 1/3 de millimètre de diamètre.
Dans certaines contractions, le corps devient réniforme; dans d'autres, il perd son tentacule.
La Noctiluque offre çà et là, dans son intérieur, des granules, probablement des germes, et des points lumineux. Ceux-ci paraissent et disparaissent avec rapidité: la moindre agitation détermine leur éclat. Ces points forment tout au plus la vingt-cinquième ou la trentième partie du grand diamètre du globule. Les Noctiluques émaillent la surface de l'eau comme de petites constellations tombées du firmament.