IV
Spallanzani a fait un grand nombre d'expériences sur la lumière des Méduses[8], particulièrement sur celle de l'Aurélie phosphorique[9]. Il a reconnu que cette remarquable propriété réside dans les grands bras ou tentacules, dans la zone musculaire du corps et dans la cavité de l'estomac. Le reste de l'animal ne brille que par réverbération. La source de la phosphorescence est due à la sécrétion d'un liquide visqueux qui suinte à la surface des organes. Si l'on mêle cette humeur à d'autres liquides, ceux-ci deviennent plus ou moins lumineux. Une seule Aurélie, pressée dans 850 grammes de lait de vache, rendit ce lait si brillant, qu'on put lire une lettre à un mètre de distance.
[8] Voyez le chapitre XIII.
[9] Aurelia phosphorica Péron et Lesueur.
Pline savait que les Pholades dattes[10], petits mollusques à deux valves dont nous parlerons bientôt, présentent aussi une clarté phosphorescente, qui se répand sur les lèvres des personnes qui mangent ces pauvres bêtes. Il nous apprend que cette même lueur brille sur les habits, lorsqu'ils sont mouillés par quelques gouttes du fluide phosphorescent échappé de l'animal.
[10] Pholas dactylus Linné.
Réaumur, après avoir manié quelque temps une Pholade, se lava les mains dans un vase d'eau. Ayant porté cette eau dans l'obscurité, elle répandit une lueur d'un blanc bleuâtre.
M. Milne Edwards ayant mis dans l'alcool des Pholades vivantes, la matière lumineuse qui suinta du corps de ces mollusques descendit dans le fond du bocal, et y forma une couche d'un éclat aussi vif qu'au contact de l'air.