‹ Le monde de la merChapitre 7 sur 247 · VI

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La mer présente une salure particulière, légèrement âcre, mêlée à une amertume un peu nauséabonde. Elle a une odeur sui generis. Elle est faiblement visqueuse.

On sait que l'eau pure est le produit de la combinaison de 1 volume d'oxygène et de 2 volumes d'hydrogène. Ce qui fait, en poids, 100 oxygène et 12,50 hydrogène. L'eau de la mer est composée de même; mais on y trouve, en sus, d'autres éléments dont les chimistes nous ont révélé la présence. Sur 100 grammes d'eau de l'océan Atlantique, l'analyse a montré:

Grammes. Eau 96,470 Chlorure de sodium 2,700 Chlorure de magnésium 0,360 Chlorure de potassium 0,070 Bromure de magnésium 0,002 Sulfate de magnésie 0,230 Sulfate de chaux 0,140 Carbonate de chaux 0,003 Résidu 0,025

Outre ces substances, on a découvert encore, dans l'eau de la mer, en quantité minime il est vrai, de l'iode, du soufre, de la silice, de l'ammoniaque, du fer et du cuivre.

En examinant, à Valparaiso, des feuilles de cuivre retirées de la carène d'un bâtiment depuis longtemps submergé, on y a constaté des traces d'argent déposées par la mer.

Enfin, on trouve encore, en dissolution dans les eaux de l'Océan, une mucosité particulière, qui semble de nature végéto-animale, matière organique provenant de la décomposition successive des innombrables générations qui ont paru et disparu depuis l'origine du monde vivant. Cette matière a été parfaitement décrite par le comte Marsigli, qui la désigne tantôt sous le nom de glu, tantôt sous celui d'onctuosité.

Les sels nombreux qui existent dans l'Océan ne peuvent ni se déposer dans son lit, ni être enlevés par les vapeurs pour être restitués au sol par les pluies. Des agents particuliers les retiennent, les transforment et les empêchent de s'accumuler. De cette manière, les eaux possèdent toujours le même degré de salure et d'amertume, et l'Océan d'aujourd'hui présente les mêmes caractères chimiques ou physiques que l'Océan d'autrefois.

D'après les calculs du professeur Schafhäutl, de Munich, le total des sels contenus en dissolution dans la mer donnerait une masse de 4 millions et demi de lieues cubes. Le sel commun en compose, à lui seul, dans cette masse, 3 051 342, ce qui fait un corps d'un tiers plus petit que l'Himalaya et cinq fois aussi considérable que les Alpes.

La salure de la Méditerranée est plus forte que celle de l'Océan, probablement parce que cette mer perd, par l'évaporation, plus d'eau qu'elle n'en reçoit de ses fleuves. Par une raison contraire, la mer Noire et la mer Caspienne sont moins chargées de sel. La mer Morte renferme une quantité de sel si considérable, qu'un homme reste en suspension à sa surface comme un morceau de liége sur l'eau douce.

La salure de la mer semble en général moindre vers les pôles que sous l'équateur. Cependant il y a des exceptions pour certains pays.

Dans la mer d'Irlande, près du Cumberland, l'eau contient, en sel, le 40e de son poids; sur les côtes de la France, le 32e; dans la mer Baltique, le 30e; sur les côtes de Ténériffe, le 28e, et sur celles de l'Espagne, le 16e.

En plusieurs endroits la mer est moins salée à la superficie qu'au fond.

Dans le détroit de Constantinople, la proportion est de 72 à 62; dans la Méditerranée, de 32 à 29. On prétend qu'en augmentant de salure, à une certaine profondeur, la mer diminue d'amertume. A l'embouchure des grands fleuves, il est à peine besoin de le dire, la mer est toujours moins salée que sur les côtes qui ne reçoivent aucun cours d'eau douce.

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