‹ Le paillasson: Mœurs de provinceChapitre 9 sur 19 · VIII

VIII

FÊTE NATIONALE

«_Un beau soleil a fêté ce grand jour_»

comme au temps de la première manifestation, lorsque ce pauvre Flesselles, se chargea de fournir le _sang impur_. Les échevins bagnérais ont témoigné de leur fidélité monarchique par une singulière abstinence de pétards. J’avoue pour mon compte, adhérer petitement à ce jeûne pyrotechnique. Quel que soit le culte en exercice, il ne me déplaît point qu’on le récrée de fusées volantes. Cela repose un peu de la conversation des naturels. La Sainte-Cécile et l’Harmonie des pompiers ont alterné leurs fanfares exquises de civisme et d’éclat. Un des principaux éléments de nos réjouissances nationales, j’entends l’intoxication par les alcools, n’a point failli dans ce beau jour, que j’appellerai volontiers la _Saint Pochard_, si le premier janvier n’était baptisé la _Saint Concierge_, depuis longtemps.

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Les embellissements du Casino marchent avec lenteur, en dépit de la canicule. Soigneusement épilé de tout feuillage, le parc offre l’aspect gracieux d’un steppe au grand soleil. Par contre, aux jours de pluie, les talons s’impriment en boue de la façon la plus marécageuse qui soit. Les scies grincent dans la pierre et la truelle sévit, comme aux beaux temps de la concession. Un progrès toutefois s’impose en ce jardin: c’est de complanter la maîtresse pelouse avec des tessons de bouteilles, relevés çà et là de quelques plumeaux touffus, à l’ombre de quoi, l’on acclimaterait aisément la vipère bérus et le serpent à sonnettes.