‹ Le parapluie de l’escouadeChapitre 38 sur 47 · 30.2

30.2

Mon oncle m’ayant raconté l’histoire ci-dessus, je passai six semaines à ramasser des épingles par terre, devant une banque.

J’attendais toujours que le banquier m’appelât pour me dire :

— Petit garçon, êtes-vous sage ?

Je lui aurais répondu que j’étais sage.

Il aurait écrit St John, et je lui aurais dit que cela voulait dire Salt John.

Il faut croire que le banquier n’était pas pressé d’avoir un associé ou que sa fille était un garçon, car un jour il me cria :

— Petit garçon, que ramassez-vous là ?

— Des épingles, répondis-je poliment.

— Montrez-les moi.

Il les prit, et moi, je mis mon chapeau à la main, tout prêt à devenir son associé et à épouser sa fille.

Mais ce n’est pas à cela qu’il m’invita :

— Ces épingles, rugit-il, appartiennent à la banque ; et si je vous retrouve encore rôdant par ici, je fais lâcher le chien sur vous.

Je partis, laissant ce vieux bougre en possession de mes épingles.

Dire, pourtant, que c’est comme ça dans la vie !

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