‹ Le Pays de l'InstarChapitre 5 sur 19 · IV.--POUR JOUER AU BÉSIGUE

IV.--POUR JOUER AU BÉSIGUE

--On n’a pas besoin d’être joueur pour aimer les cartes.

--Faire un petit bésigue de temps en temps, ce n’est pas ce qui s’appelle être joueur.

--Moi, ça m’amuse autant de jouer deux sous que de jouer vingt francs.

--J’ai connu une époque où on faisait la forte partie au cercle du Commerce.

--Le capitaine Beaulieu sait ce que ça lui a coûté!

--Il y a de ces petits jeunes gens de la Préfecture qui y laissèrent quelques plumes.

--Un grand joueur devant l’Éternel...

--Un fervent de la dame de pique...

--Moi qui ne jouais pas, je les ai vus passer des nuits entières au baccara!

--Comme c’est agréable pour leurs femmes!

--Je ne vois pas le plaisir qu’on peut éprouver à perdre son argent.

--On perd la notion de l’argent.

--Je m’explique, à la rigueur, quand on a une très grosse fortune...

--Alors, qu’on aille à Vichy ou à Monaco.

--Encore une jolie invention, la roulette!

--J’ai perdu une fois vingt sous aux petits chevaux, mais j’ai bien juré qu’on ne m’y reprendrait plus.

--Et dire qu’il y a des gens qui se passionnent!

--Quand Mme Gombaud est assise là, elle y laisserait sa dernière chemise!

--C’est peut-être encore plus vilain chez une femme que chez un homme!

--Je conçois le jeu comme une distraction; rien de plus.

--Si on joue des mille et des cents, ce n’est plus une distraction.

--Au lieu qu’un petit bésigue, ou un piquet à quatre, pour s’occuper les mains, sans se faire de mal...

--Et c’est encore la façon la plus intelligente de passer la soirée.

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