VII.--POUR ATTENDRE DE LA FAMILLE
--Ce train de 11 h. 57 est bien incommode.
--Pour peu qu’il ait du retard, ça fait déjeuner à des heures impossibles.
--Surtout, quand on habite comme vous un peu loin de la gare.
--Il y a presque toujours du retard en cette saison.
--Les Compagnies en prennent à leur aise.
--Je me demande comment il n’arrive pas plus fréquemment d’accidents.
--Ce sont des cousins de mon mari, voilà six ans qu’ils nous promettaient de nous faire signe en allant à Vichy.
--Non, il n’est pas fonctionnaire, il est à la tête d’une grande industrie.
--Son père était dans la magistrature, et lui-même a échoué à Polytechnique.
--Il y a toute une branche de la famille de mon mari dans la magistrature.
--Ce sont eux qui avaient envoyé à Marcel ce joli cinématographe.
--Est-ce que M. Girard est arrivé à bout de le faire marcher?
--C’est un meurtre de donner à des enfants des objets de ce prix, c’est de la folie!
--Ils ont chevaux, voitures, bien entendu, et tout ce qui s’ensuit.
--J’ai entendu un jour un fabricant de soieries demander au général le chiffre de ses appointements, et il ajouta:--C’est ce que je donne à mon caissier.
--Il est certain que, dans l’industrie, quand ça se met à aller, ça va vite.
--Maintenant il faut dire que, nous autres fonctionnaires, nous avons pour nous la sécurité, et la retraite.
--Il est regrettable de gagner peu, mais être sûr de le gagner, c’est quelque chose.
--Nous comptons bien leur faire faire quelques jolies promenades.
--Ce sont des occasions pour nous de visiter le Musée.
--Vous avez une installation qui vous permet de recevoir.
--Notre cousine emmène toujours sa femme de chambre en voyage.
--On ne se gêne pas avec de la famille comme avec des étrangers.
--Je n’aime pas à être gêné chez les autres, je ne veux pas qu’on soit gêné chez moi.
--Je ne conçois pas qu’on puisse éprouver un plaisir quelconque à venir se peser au milieu d’une gare.
--Il y a des gens tellement désœuvrés!