XXV
La ville est morte, morte, irréparablement! D’une lente anémie et d’un secret tourment, Est morte jour à jour de l’ennui d’être seule... Petite ville éteinte et de l’autre temps qui Conserve on ne sait quoi de vierge et d’alangui Et semble encor dormir tandis qu’on l’enlinceule; Car voici qu’à présent, pour embaumer sa mort, Les canaux, pareils à des étoffes tramées Dont les points d’or du gaz ont faufilé le bord, Et le frêle tissu des flottantes fumées S’enroulent en formant des bandelettes d’eau Et de brouillard, autour de la pâle endormie --Tel le cadavre emmailloté d’une momie-- Et la lune à son front ajoute un clair bandeau!
ÉPILOGUE
C’est l’automne, la pluie et la mort de l’année! La mort de la jeunesse et du seul noble effort Auquel nous songerons à l’heure de la mort: L’effort de se survivre en l’Œuvre terminée.
Mais c’est la fin de cet espoir, du grand espoir, Et c’est la fin d’un rêve aussi vain que les autres: Le nom du dieu s’efface aux lèvres des apôtres Et le plus vigilant trahit avant le soir.
Guirlandes de la gloire, ah! vaines, toujours vaines! Mais c’est triste pourtant quand on avait rêvé De ne pas trop périr et d’être un peu sauvé Et de laisser de soi dans les barques humaines.
Las! le rose de moi je le sens défleurir, Je le sens qui se fane et je sens qu’on le cueille! Mon sang ne coule pas; on dirait qu’il s’effeuille... Et puisque la nuit vient,--j’ai sommeil de mourir!
TABLE
La Vie des Chambres 1 Le Cœur de l’Eau 39 Paysages de Ville 73 Cloches du Dimanche 109 Au Fil de l’Ame 147 Du Silence 181 Épilogue 233
SCEAUX.--IMP. CHARAIRE ET FILS.