‹ Le rire du Mouron RougeChapitre 83 sur 83 · 10.2

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À l’intérieur de la voiture, épuisée, mais merveilleusement heureuse, Yvonne faisait de son mieux pour répondre aux mille questions que lui posait Lord Tony et lui raconter en détail leur fuite à travers les rues de Nantes.

— Ah ! mon chéri, comment vous exprimer ce que j’ai ressenti quand j’ai réalisé, grâce à quelques mots prononcés par lui, que c’était le noble Mouron Rouge qui m’emportait ainsi. À un certain moment, alors que nos poursuivants se rapprochaient de plus en plus, nous nous sommes cachés dans une maison vide tombant en ruine. Et là, dans une petite chambre, Sir Percy m’a montré une quantité de vêtements en me disant : « C’est ma réserve, et puisque nous avons eu la chance de l’atteindre, nous allons pouvoir nous jouer de nos limiers ! » En disant ces mots, il me tendit des habits d’homme et, tandis que je m’en revêtais, lui-même avait disparu… et quand il revint, je ne le reconnus pas tout de suite. J’avais devant moi un homme contrefait, et qui parlait avec une voix terrible. J’eus vraiment peur un instant, mais il se mit à rire et je sus alors que c’était lui. Il m’expliqua ensuite le rôle que je devais jouer et j’ai fait de mon mieux pour suivre toutes ses instructions. Mais quelle angoisse, mon Dieu, lorsque nous dûmes affronter la foule ! Je crus que mon cœur allait cesser de battre et que nous allions être découverts. Imaginez, mon chéri…

Yvonne Dewhurst ne put achever sa phrase, car Lord Tony lui coupa la parole avec un baiser.

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