II.)]
[91: «Le gouvernement d'une femme faible et ignorante ouvrait une belle perspective à l'égoïsme de cette âme; ce qu'il désirait, c'était la régence de Marie-Louise.» (Louis BLANC, Histoire de dix ans.)]
[92: Voy. Henri HOUSSAYE, 1814, liv. VIII, § I.--Talleyrand avait cependant laissé entendre à Méneval qu'il eût préféré la régence à la Restauration.]
[93: Mémoires de Talleyrand, t. III, p. 155.]
[94: Mémoires de Pasquier, t. II.]
[95: D'après Gentz, ce n'est qu'à partir de la rupture des conférences de Châtillon que Metternich se mit «nettement à la tête du système qui devait rappeler les Bourbons». (Dépêches inédites de Gentz.)--C'est ce que dit aussi Prokesch-Osten (page 99).]
[96: Voy. Imbert DE SAINT-AMAND, Marie-Louise et l'invasion en 1814.]
[97: Mémoires de Bausset, t. II, et Mémoires du colonel de Garbois.]
[98: Le même jour, ce triste personnage écrivait à Talleyrand qu'il adhérait à tous les actes faits par le Sénat depuis le 1er avril.]
[99: «Nous commençons à espérer, écrit Mme de Rémusat à son fils Charles, qu'il n'y aura pas de bataille, et que, l'armée se débandant, le sang français sera épargné.» (Correspondance de Mme de Rémusat, t. I.)--Voy. cette même note dans la belle étude du comte d'HAUSSONVILLE sur le Congrès de Vienne. (Revue des Deux Mondes, 1862.)]
[100: Souvenirs du comte d'Haussonville.]
[101: Voir sur le séjour de Marie-Louise à Blois un intéressant écrit, La Régence à Blois, Paris, 1814, 27 pages in-8°.]
[102: Qu'on se rappelle ses paroles à Caulaincourt, lorsqu'il regrette que les alliés n'aient point donné la Toscane à sa femme: «Elle n'aurait eu que le canal de Piombino à traverser pour me rendre visite. Ma prison aurait été comme enclavée dans ses États. À ces conditions, j'aurais pu espérer de la voir. J'aurais même pu aller la visiter; et quand on aurait vu que j'avais renoncé au monde, que, nouveau Sancho, je ne songeais plus qu'au bonheur de mon île, on m'aurait permis ces petits voyages.» (Voy. THIERS, t. XVII.)]
[103: Souvenirs du comte d'Haussonville.]
[104: MÉNEVAL, Mémoires, t. III.]
[105: La générale Durand cite aussi un fait de ce genre. (Voir ses Souvenirs.)]
[106: MÉNEVAL, t. III.]
[107: On rapporte que le petit roi de Rome, s'amusant à distribuer des bonbons à des enfants qui étaient venus le voir jouer, leur dit tout à coup avec un triste sourire: «Je voudrais bien vous en donner davantage, mais je n'en ai plus. Le roi de Prusse m'a tout pris!» Le comte de Suzor affirme avoir entendu ce propos.]
[108: Histoire de France, par BIGNON, t. XIV.]
[109: Souvenirs de la générale Durand.]
[110: MÉNEVAL, t. III.]
[111: Ibid.]
[112: Ibid.]
[113: Voir le Divorce de Napoléon et les Mémoires de Metternich.]
[114: Mémoires de Metternich, t. II.]
[115: Mémoires, t. III, p. 161.--M. de Talleyrand avait dit à Méneval, en paraissant regretter le départ de Marie-Louise, que toutes les combinaisons avaient dû échouer devant le fait de l'existence de l'Empereur; que l'Empereur mort, tout eût été facile; mais que tant qu'il aurait vécu, son abstention eût été illusoire. (Souvenirs de Méneval, t. III.)]
[116: Cité par I. DE SAINT-AMAND, dans Marie-Louise et les Cent-jours.]
[117: Mémoires de Bausset, t. II.]
[118: Ibid.]
[119: MÉNEVAL, t. III.]
[120: Voy. THIERS, le Consulat et l'Empire, t. XVII.]
[121: Une personne qui l'avait vue de près, lady Burghersh, femme de l'attaché militaire à l'ambassade d'Angleterre, disait de son refus déguisé de se rendre auprès de Napoléon: «Je pense que c'est un monstre, car elle prétendait l'aimer, et il s'est toujours bien conduit envers elle. C'est révoltant à elle de l'abandonner dans son malheur, après avoir affecté de l'adorer dans sa prospérité...» (Voir le Correspondant du 10 juin 1894. Cité par Mme Marie Dronsart.)]
[122: MÉNEVAL, t. III.]
[123: Vie de Napoléon II, Paris, 1832, chez Ladvocat.]
[124: BAUSSET, t. III.]
[125: MÉNEVAL, t. III.]
[126: Notice historique sur le général Caffarelli, par Ul. TRÉLAT.]
[127: La maison de Neipperg est une ancienne maison féodale de Souabe qui est présumée descendre de Conrad de Neipperg en 1261. Celui qui devint le mari morganatique de Marie-Louise s'appelait Adam-Albert. Il était le fils d'Adam-Adalbert, comte de Neipperg, et de la comtesse Pola. L'Almanach de Gotha relate officiellement son mariage avec «Marie-Louise, duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla, veuve de Napoléon Ier, empereur des Français, née archiduchesse d'Autriche».]
[128: MÉNEVAL, t. III.]
[129: «Ce buste, dit M. de Bausset, suivit Napoléon à Sainte-Hélène, et c'est sur les traits de l'enfant que se reposèrent les yeux du père mourant.» (T. III.)]
[130: Voir la lettre de Talleyrand à Metternich, en date du 9 août 1814.--Il paraîtrait cependant que Marie-Louise a dû recevoir des émissaires de Fouché aux eaux d'Aix. On a même prétendu qu'Isabey et que Corvisart l'avaient pressentie sur la question de la régence. (Voir Henri HOUSSAYE, 1815.)]
[131: MÉNEVAL, t. III]
[132: Souvenirs de la générale Durand.]
[133: BAUSSET, t. III.]
[134: Voy. Mémoires de Talleyrand, t. II.--Il est curieux de voir à ce propos ce que disait une dépêche du comte de Bombelles, datée de Paris, 1er septembre 1814, et adressée à Metternich:
«... Quoi qu'en disent les feuilles françaises, la France est loin d'être tranquille. L'armée, tout en se réorganisant, conserve un mauvais esprit... Le peuple, en général, est assez paisible. Las de tant de troubles et de malheurs, il ne se révoltera contre aucun gouvernement et ne sera foncièrement attaché à aucun. Il fallait aux Romains du temps de Suétone du pain et des spectacles. Cette devise est devenue entièrement celle de la France... Tout ira tant bien que mal si la paix subsiste, mais une guerre quelconque perdrait la France. Il n'est pas inutile que Votre Altesse soit bien convaincue de cette vérité. Elle doit diminuer de beaucoup l'influence que M. de Talleyrand cherchera à se donner au Congrès. Il compte partir le 10 pour Vienne.»
Ausgang der französichen Herrschafft in Ober Italien, par le baron DE HELFERT, Archiv fur Œsterreichische Geschichte, t. LXXVI, 1890.]
[135: BAUSSET, t. III.]
[136: Voy. Mémoires de Talleyrand, t. II--Talleyrand affirme que cette substitution eut lieu sur l'invitation de l'empereur d'Autriche.]
[137: Voir la lettre de Louis XVIII à Talleyrand, du 21 octobre 1814. (Mémoires, t. II.)]
[138: MÉNEVAL, t. III.]
[139: Mémoires de Talleyrand, t. III.]
[140: Mémoires, t. II, p. 474]
[141: Ibid., t. II.]
[142: Ibid.]
[143: L'infante Marie-Louise, troisième fille de Charles IV, roi d'Espagne, avait été régente du royaume d'Étrurie après la mort de son époux, Louis Ier, en 1803. Elle ne sut pas gouverner son royaume et dut le quitter en 1807, époque à laquelle il fut annexé à la France. Marie-Louise obtint une compensation en Portugal. (Voir Le royaume d'Étrurie, par P. MARMOTTAN, 1896.)]
[144: Mémoires, t. II.]
[145: Voir MÉNEVAL, t. III.]
[146: Mémoires de Talleyrand, t. II.]
[147: Ibid., t. III.]
[148: Mémoires, t. III.]
[149: Archives des Affaires étrangères, vol. 688.]
[150: Mémoires, t. III.]
[151: On n'en a d'ailleurs pas tenu à la date du 24 février.]
[152: Archives des affaires étrangères, vol. 688, p. 164 à 167.]
[153: Souvenirs de Méneval, t. III.]
[154: Il faut en excepter particulièrement M. Henri Houssaye. Voir son 1815, p. 158 à 165.]
[155: Voir Mémoires de Talleyrand, t. II.]
[156: Voir Henri HOUSSAYE, 1815, p. 170.]
[157: Éduard WERTHEIMER, Talleyrand in Wien zur Congresszeit; Art. de la Neue Freie Presse du 11 avril 1896.--Cette lettre porte l'adresse du prince de Talleyrand à Vienne.]
[158: Voy. Fêtes et souvenirs du congrès de Vienne, par le comte DE LA GARDE, 1843, et Mémoires de M. de Bausset, t. III.]
[159: Mémoires, t. III.--Il s'est ouvert, au mois de mars 1896, dans la capitale de l'Autriche, sous la protection de l'Empereur et sous la présidence du comte d'Abensperg-Traun, une exposition rétrospective du congrès de Vienne dont j'ai fait l'étude dans le Monde du 23 mars. J'en détache quelques lignes qui se rattachent plus directement à cet ouvrage: «... La rentrée de l'Empereur aux Tuileries a bouleversé l'œuvre si habile de Louis XVIII et de Talleyrand. Le Congrès effrayé se lève contre Napoléon. Il l'appelle un bandit; il le jette au ban des nations, il met sa tête à prix. Il ne retrouve son calme qu'après le désastre de Waterloo et la seconde abdication. Et le 9 juin, par un Acte final qui laisse de côté toutes les considérations morales et se borne à invoquer pour la ratification des dispositions votées: «l'intérêt majeur et permanent», il complète les dispositions du traité du 30 mai 1814 avec une foule de dispositions contenues dans cent vingt et un articles. Quant à la France, elle payera bientôt, même sous son Roi légitime et par un autre traité draconien, la terreur nouvelle qu'elle a fait en quelques mois ressentir aux nations. La faute en est, suivant Metternich et les autres diplomates, à l'usurpateur qui a tout remis en question et dont le souvenir doit être abhorré... Mais lorsqu'on visite l'Exposition du congrès de Vienne, ce n'est pas «le brigand» qu'on revoit, ce n'est pas «le Buonaparte» qu'il fallait «anéantir» et contre lequel étaient dirigées les déclarations furibondes des 13 mars et 11 avril, c'est l'empereur Napoléon, c'est le gendre de l'empereur François II. On le trouve, on le rencontre partout, seul ou entre Marie-Louise et le roi de Rome. Les vitrines sont pleines de présents faits par lui à sa femme ou à la famille impériale.
«Ici c'est le trône qu'il a occupé à Venise; là c'est son bureau de la Malmaison, là c'est celui du palais de Saint-Cloud. Son buste en marbre, sa table de travail, sa miniature entourée de brillants, la reproduction du tableau de David, Bonaparte passant les Alpes, une autre miniature d'Isabey, son nécessaire de voyage, son épée offerte à Alexandre, son carrosse nuptial, les Adieux de Fontainebleau, la Sortie de l'île d'Elbe, son portrait par Gérard, son portrait en camée, on ne voit que lui, et partout on le voit dans l'appareil de la grandeur et de la puissance.»]
[160: Talleyrand in Wien zur Congresszeit, von Eduard WERTHEIMER.--Pozzo di Borgo et Nesselrode étaient particulièrement sévères pour Talleyrand.]
[161: M. Dumont, archiviste des Affaires étrangères, qui avait eu connaissance de ce fait par le général anglais Alova, aide de camp de Wellington, avait, dans un mémorandum du 20 juin 1838 (Affaires étrangères, vol. 680, Vienne), attesté que M. de Talleyrand s'était bien gardé de joindre ce Mémoire à sa correspondance pendant le congrès de Vienne. Je l'ai retrouvé aux Archives des Affaires étrangères, dans le vol. 681. Il porte le n° 139.]
[162: Affaires étrangères, Vienne, vol. 681.--Dans son Journal, Gentz affirme, et cela n'est pas exact, qu'il est l'auteur de la déclaration du 13 mars, préparée avec Metternich chez Talleyrand.--Il nous apprend encore que Metternich n'avait pas alors perdu toute gaieté, car le 1er avril il écrit ceci: «Metternich m'avait préparé un poisson d'avril en faisant fabriquer une lettre de Bonaparte contre la déclaration des puissances. J'y étais préparé. Aussi cela n'a pas pris!»]
[163: Archives des Affaires étrangères, vol. 680. Vienne.--«Il faut parfois en politique frapper trop fort pour frapper juste, disait un jour Talleyrand, afin de se justifier de la violence de cette déclaration. Ne voyez-vous pas que, pour empêcher l'Autriche de se souvenir jamais qu'elle avait un gendre, il fallait lui faire mettre sa signature au bas d'une sentence de mort civile et non d'une déclaration de guerre? On peut toujours traiter avec un ennemi. On ne se remarie pas avec un condamné.» (VILLEMAIN, Souvenirs contemporains, t. II.)]
[164: Il y a à cette mesure un précédent historique. La cour de Dresde, lorsque Frédéric II eut envahi la Saxe sans déclaration de guerre, l'avait déclaré «perturbateur de la paix publique», et la Diète l'avait mis au ban de l'Empire.--Napoléon crut habile d'opposer Fouché à Talleyrand et chargea le duc d'Otrante de la réponse. Le 29 mai, dans le conseil des ministres, celui-ci, faisant allusion à la déclaration du 13 mars, la qualifia de libelle, de pièce apocryphe fabriquée par l'esprit de parti, contraire à tout principe de morale et de religion, attentatoire au caractère de loyauté des souverains dont les auteurs de cet écrit avaient compromis tous les mandataires. Elle ne méritait qu'un profond mépris. Elle n'avait fixé l'attention du ministère que lorsque des courriers du prince de Bénévent l'avaient apportée en France. Elle émanait visiblement de la légation du comte de Lille à Vienne, qui au crime de provocation à l'assassinat avait ajouté celui de falsification de la signature des ambassadeurs... Si l'on admet ce genre de réponse, il faut convenir qu'il était difficile de trouver mieux. Le conseil d'État, à qui l'on avait déféré cette déclaration, se servit des mêmes motifs pour la repousser.]
[165: MÉNEVAL, t. III.]
[166: Lord Holland dit de François II: «C'était un homme de quelque intelligence, de peu de cœur et sans aucune justice.» Il conteste absolument qu'il fût, comme on l'a affirmé, doux et bienveillant. Dans toutes les circonstances, il avait agi comme un homme d'un caractère bien opposé. «Quant au mariage de sa fille, ajoute lord Holland, il faut admettre cette alternative, ou qu'il ait consenti à sacrifier son enfant à une politique couarde, ou bien qu'il ait lâchement abandonné et détrôné un prince qu'il avait choisi pour son gendre. Il sépara sa fille du mari qu'il lui avait donné et aida à déshériter son petit-fils, issu d'un mariage qu'il avait approuvé et, à ce que je crois, sérieusement recherché. Pour éloigner de l'esprit de cette même fille le souvenir de son époux détrôné et exilé, mais dont la conduite envers elle était irréprochable, on prétend qu'il encouragea et même combina lui-même les moyens de la rendre infidèle...» (Souvenirs diplomatiques de lord Holland.)]
[167: «La chasteté, disait l'Empereur, est pour les femmes ce que la bravoure est pour les hommes. Je méprise un lâche et une femme sans pudeur.»]
[168: BAUSSET, t. III.]
[169: L'empereur d'Autriche devançait les désirs de Joseph de Maistre, qui écrivait le 22 mars 1815, à propos du retour de Napoléon: «L'archiduchesse Marie-Louise et son fils seront très embarrassants dans cette occasion. Il faudrait que l'empereur d'Allemagne eût le courage de les mettre (surtout le jeune prince) hors de la puissance de Napoléon.» (Lettres, t. I.)]
[170: MÉNEVAL, t. III.--«Elle avait suivi, malgré les dégoûts dont elle était entourée, le prince dont elle était la gouvernante. La meilleure mère ne peut pas montrer un plus grand attachement que celui dont elle fit preuve.» (L'île d'Elbe et les Cent-jours.) Il n'y a rien à ajouter à ce juste hommage rendu par l'empereur Napoléon à Mme de Montesquiou.]
[171: MÉNEVAL, t. III.]
[172: On a dit aussi que le lieutenant-colonel Monge, des grenadiers de la garde, avait été chargé, par Napoléon, d'enlever Marie-Louise et son fils. Je n'ai pu vérifier ce bruit.--Le prétendu enlèvement du roi de Rome à cette même date par la comtesse de Mirepoix et Mme de Croy-Chanel n'est qu'une fable.]
[173: MÉNEVAL, t. III, p. 429.]
[174: La comtesse de Montesquiou écrivait à M. de Talleyrand: «Je me sens assez de forces physiques et morales pour soutenir une plus longue captivité, et je vous avoue que, lorsque je souffrirai seule, je souffrirai avec plus de constance. Mais de voir ce jeune malheureux regrettant tout, excepté les marques d'amitié qu'il m'a données en faisant tant de chemin pour venir me voir, se sentant appelé en France par ses affaires, sa femme, son fils, sa fortune même--son absence depuis quatre mois empêche de pouvoir rien terminer--toute la contrariété qu'il éprouve, me désespère et me rend de plus en plus pénible ma triste retraite.» Ce ne fut que dans les premiers jours de juin que Talleyrand obtint les passeports demandés. (France, vol. 1801. Archives des Affaires étrangères.)]
[175: MÉNEVAL, t. III.]
[176: Mme Soufflot, la sous-gouvernante qui restait encore auprès du roi de Rome, écrivait à ses enfants, à la date du 8 avril: «Votre pauvre mère est malheureuse d'être séparée de vous dans des moments si pénibles. Hélas! où l'amour de mon devoir et mon bon cœur m'ont-ils conduite? Dans le chemin de l'honneur le plus sévère, mais aussi dans celui de tous les chagrins. Après avoir déjà fait tant de sacrifices à ce cher enfant, je n'ai pu me résoudre à l'abandonner dans une crise aussi pénible que délicate, celle où on le séparait de celle qui lui était si chère à tant de titres. Je continuerai, tant que cela me sera permis, de veiller sur lui et de suppléer aux sages leçons qu'il a toujours reçues...» (Collection Amédée Lefèvre-Pontalis.)]
[177: Voir la Revue de Paris du 2 février 1895.]
[178: Talleyrand, qui avait adhéré à la quadruple Alliance le 27 mars, croyait pouvoir affirmer au Roi, le 29, que le traité de Chaumont était uniquement fait dans le but de soutenir la France, quoique, au fond, il sût le contraire. Il avait, en effet, confidentiellement écrit à M. de Jaucourt, le 16 mars: «Songez bien à ceci: c'est que cette même Europe qui a été amenée à faire la déclaration que je vous ai envoyée, est en pleine jalousie de la France, du Roi et de la maison de Bourbon.» Elle le prouva bien, peu de temps après.]
[179: On verra le contraire au chapitre suivant, ce qui prouve combien chacun était sincère.]
[180: Mémoires de Talleyrand, t. III.]
[181: D'après les Mémoires de Napoléon, Montrond devait fournir à Talleyrand l'occasion d'écrire en France et au gouvernement français la possibilité de découvrir le fil de ses trames, gagner l'ambassadeur de Louis XVIII, porter une lettre à Marie-Louise et rapporter sa réponse. Montrond n'obtint en réalité que des réponses évasives de Talleyrand et ne l'intimida guère. Je ne crois pas, d'ailleurs, qu'il en eût l'intention. Toujours est-il que les menaces de séquestre sur ses biens et d'un grand procès qu'allait lui faire la Haute Cour n'aboutirent qu'à éloigner Talleyrand de l'Empire. Une note de Napoléon définissait ainsi la mission exacte de Montrond: «Voir M. de Talleyrand et le renseigner sur la véritable disposition des esprits.» Suivant Bignon, la mission de Montrond, qui jouait double rôle et était auprès de Talleyrand l'agent confidentiel de Fouché aussi bien que celui de l'Empereur, fut plus nuisible qu'utile à la cause française. (Voy. BIGNON, Histoire de France sous Napoléon, t. XIV.)]
[182: Mémoires, t. III.]
[183: Archives des Affaires étrangères, vol. 1801, France.--Marie-Louise avait reçu directement de Napoléon, et à la même date, ce petit billet: «Ma bonne Louise, je suis maître de toute la France. Tout le peuple et toute l'armée sont dans le plus grand enthousiasme. Le soi-disant Roi est passé en Angleterre. Je t'attends pour le mois d'avril ici avec mon fils. Adieu, mon amie.--NAPOLÉON.» (Collection de M. Antonin Lefèvre-Pontalis.)]
[184: Le petit prince était représenté avec un gracieux costume rose que traversait le grand cordon de Saint-Étienne. Sa figure souriante rappelait les traits de Napoléon et de Marie-Louise.]
[185: Archives des Affaires étrangères, France, vol. 1801.]
[186: Document inédit.]
[187: Id.]
[188: Archives des Affaires étrangères, France, vol. 1801.]
[189: Archives des Affaires étrangères, France, vol. 1801, et Mémoires, t. III.]
[190: «Telle était cette nature frêle, timide, rêveuse, née pour la vie privée et pour les tendresses du foyer allemand.» (LAMARTINE, Histoire de la Restauration, t. I.)]
[191: Pour prix d'obéissance à leurs volontés, les alliés stipulèrent, dans un protocole séparé des conférences et daté du 28 mars, que les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, à l'exception des parties situées sur la rive gauche du Pô, seraient possédés en toute souveraineté par elle, mais qu'ils retourneraient, après elle, à l'infant, don Carlos, fils de S. M. Marie-Louise d'Espagne. L'empereur d'Autriche renonçait pour sa fille à toute pension à laquelle elle et les siens pourraient prétendre à la charge de la France. (Archives des Affaires étrangères, Vienne, vol. 683.)
L'art. 99 de l'Acte final du Congrès de Vienne, en date du 9 juin 1815, ne devait ratifier que la possession des duchés par Marie-Louise. Quant à la réversion elle fut ajournée. Elle ne fut décidée en faveur de l'infante d'Espagne, Marie-Louise, de son fils et de ses descendants, que par le traité spécial du 10 juin 1817.]
[192: 13 avril 1815, Mémoires, t. III.]
[193: Il s'agissait du baron François d'Ottenfels-Gschwind, qui avait pris le pseudonyme de Werner pour s'entendre à Bâle, au nom de Metternich, avec un affidé de Fouché.]
[194: Le Consulat et l'Empire, t. XIX.]
[195: Pour en avoir une certitude complète, il suffit de lire les lettres que M. de Jaucourt adressait de Paris à M. de Talleyrand pendant son ambassade à Vienne. Ainsi, examinant un jour la manière dont les affaires avaient été conduites depuis la rentrée du Roi en 1814, M. de Jaucourt faisait cet aveu: «Grand Dieu! quel chemin nous avons parcouru depuis ce temps-là!... Il faut le dire en un seul mot: il conduisait à l'île d'Elbe.» (Affaires étrangères, Vienne.)]
[196: Lettre du 28 septembre 1814 (Affaires étrangères, Vienne, vol. 681), publiée par M. PALLAIN, Correspondance de Talleyrand et de Louis XVIII.]
[197: Il avouait en même temps qu'il correspondait avec M. de Metternich. Ainsi il donnait au chancelier autrichien des détails sur la France et l'Europe, en formant entre autres le vœu que la Belgique revînt à l'Autriche comme «un hommage rendu à une possession séculaire interrompue seulement depuis une vingtaine d'années».--M. de Méneval a eu connaissance des lettres de Fouché à Metternich par le comte Aldini, auquel le chancelier les avait communiquées.]
[198: On a dit qu'au lendemain de l'abdication de Napoléon, Marie-Louise avait fait dresser un acte authentique par lequel elle protestait, au nom de son fils, contre cette abdication et réservait ses droits au trône. Une copie de cet acte aurait été communiquée à Regnaud de Saint-Jean d'Angély.--Méneval, Bausset, et les contemporains à même de connaître cet important détail, n'en disent rien. J'incline à croire que cet acte a été composé, lui aussi, à Paris, par les derniers partisans de Napoléon. Au commencement de 1815, deux mois avant le retour de l'île d'Elbe, «on fit imprimer une quantité prodigieuse d'exemplaires de cette protestation pour les distribuer avec profusion dans toutes les casernes et tous les corps de garde de France, afin de connaître les sentiments des soldats. Ils furent tels que les conjurés le désiraient.» (Voir Fouché de Nantes, 1816, in-18.)]
[199: «Les journaux de Paris ont annoncé la prochaine arrivée de l'archiduchesse Marie-Louise en France. Il serait bien désirable de donner la plus grande publicité aux faits qui démentent cette assertion.» (Blacas à Talleyrand, 16 avril.)]
[200: Napoléon à l'archichancelier: «13 août 1815. Nommez une commission de magistrats sûrs pour lever le séquestre et faire l'inventaire des papiers qu'on trouvera chez le prince de Bénévent et dans la maison des autres individus exceptés de l'amnistie par un décret de Lyon. On m'annonce qu'on trouvera des papiers importants. Nommez des hommes sûrs.» (Archives nationales, AFiv 907. Minutes des lettres de Napoléon.)]
[201: Voir dans les Mémoires du chancelier Pasquier, t. III, p. 170 à 173, ce très intéressant entretien.]
[202: Mémoires de Metternich, t. I; Autobiographie, p. 207.]
[203: Mémoires du chancelier Pasquier, t. III.]
[204: Napoléon a dû se dire qu'il ne trouverait pas plus de papiers en 1815 qu'il n'en trouva chez Fouché en 1810, lorsqu'il le remplaça par Savary et qu'il ordonna des perquisitions en son hôtel.]
[205: Minutes des lettres de Napoléon. Archives nationales, AFiv 907.]
[206: Mémoires pour servir à l'histoire de la vie privée, du retour et du règne de Napoléon en 1815.]
[207: Archives nationales, AFiv 907.]
[208: L'île d'Elbe et les Cent-jours.--M. de La Valette, dans ses Mémoires, raconte une scène violente que Napoléon fit à Fouché à ce sujet. Je veux bien y croire, mais avec quelques restrictions, car La Valette, qui s'était caché pour l'entendre, reparaissait un peu trop tôt pour recevoir les confidences de Fouché à ce sujet.]
[209: Cette déclaration est, je le répète, identique à celle qu'Alexandre faisait en 1804 à Novossiltzof, ex-ambassadeur à Londres. (Voy. le Temps du 8 septembre 1895, Les Plans de la coalition en 1804, par M. Albert SOREL.) Ces déclarations sont aussi sincères l'une que l'autre.]
[210: Voy. Mémoires de Metternich, t. II, p. 514 à 516.]
[211: Mémoires de Metternich, t. II.]
[212: Voir Mémoires pour servir à l'histoire de Napoléon en 1815.--Et voici comment Metternich en rend compte: «Les agents se rencontrèrent à Bâle à l'heure fixée et se séparèrent après une courte entrevue, parce qu'ils n'avaient rien à se dire.» Il semblerait, d'après le chancelier, qu'ils ne s'étaient fait aucune communication importante, et que, sans avoir dit autre chose que des banalités, chacun s'en était tenu là.]
[213: Mémoires de Pasquier, t. III, p. 196.--Fouché amena si bien le dénouement, que deux mois après il siégeait dans le conseil du Roi auprès de M. Pasquier.]
[214: «J'aurais dû le fusiller, a dit Napoléon à Sainte-Hélène; j'ai fait une grande faute de ne pas le faire.» (MONTHOLON, t. II.)]
[215: Mémoires pour servir à l'histoire de Napoléon en 1815, t. II, p. 32.]
[216: Comment cette proposition peut-elle cadrer avec cette parole de l'empereur Alexandre à lord Clancarty: «Je me suis assuré que l'Autriche, de son côté, ne songe plus à la régence et ne la veut plus.» (Lettre de Talleyrand à Louis XVIII, 23 avril.)--Et, d'autre part, comment cela s'arrange-t-il avec les déclarations de Gentz (Dépêches inédites), qui assure que l'empereur d'Autriche n'avait aucun goût pour la régence et Napoléon II?... Ce n'était donc que momentanément, pour tromper les Français et arriver à se débarrasser de Napoléon, que les alliés paraissaient favorables à la régence, car François II n'aurait jamais osé, sans leur adhésion, présenter cette combinaison. Tout cela montre bien que, de part et d'autre, on cherchait à se duper.]
[217: On voit que Montrond était aussi bien, en allant à Vienne, l'agent de Fouché que celui de l'Empereur. Et c'est lui qui, sans aucun doute, avait préparé la mission d'Ottenfels en demandant de vive voix à Metternich si l'Autriche soutiendrait la régence succédant à l'abdication, volontaire ou forcée, de Napoléon.]
[218: Mémoires de Lavalette, t. II.--Les Mémoires de Fouché reproduisent un petit discours de Carnot pour dissuader l'Empereur de faire fusiller Fouché. Cette générosité servit peu à Carnot, car, à la seconde Restauration, Fouché s'empressa de le placer sur les listes de proscription.]
[219: Il faut remarquer que c'était le thème de Fleury dans la première entrevue avec Ottenfels.]
[220: Mémoires de Pasquier, t. III.]
[221: Correspondance de Talleyrand et de Louis XVIII, publiée par M. PALLAIN, p. 380.]
[222: Napoléon disait plus tard à Montholon: «Je pouvais sauver ma couronne en lâchant la bride aux ennemis du peuple contre les hommes de la Restauration. Je ne l'ai pas voulu. Vous vous rappelez, lorsqu'à la tête de vos faubouriens, vous vouliez faire justice de la trahison de Fouché et proclamer une dictature. Je vous ai refusé, parce que tout mon être se révolte à la pensée d'être le roi d'une Jacquerie.»]
[223: Œsterreichs Theilnahme an der Befreiuns-Kriege, von F. VON GENTZ.]
[224: Qu'on se rappelle les platitudes et les génuflexions du même Schwarzenberg lors du mariage en 1810 et de l'entrevue de Dresde en 1812, et que l'on compare avec les insultes qui précèdent!]
[226: Voir à ce sujet Une lettre du Roi, publiée par moi dans la Revue des études historiques, année 1893.--Napoléon, s'étonnant à Sainte-Hélène de voir qu'un esprit aussi supérieur que Louis XVIII eût employé un traître comme Fouché, disait du duc de Richelieu: «À la bonne heure! celui-là, je le comprends. Il ne sait rien de notre France, mais c'est l'honneur personnifié, c'est un bon Français!» (Mémoires de Montholon, t. I.)]
[227: Supplementary Despatches, t. X.]
[228: Voir Mémoires de Bausset, t. III, et ANGEBERG, le Congrès de Vienne, t. II.]
[229: D'après une lettre de Caulaincourt à Napoléon, il paraîtrait que le prince impérial fut rendu à sa mère, à Schœnbrunn, le 29 mai. (Archives des affaires étrangères.)]
[230: MÉNEVAL, t. III.]
[231: Elles allaient être forcées de le quitter, elles aussi, quelques mois après. En effet, le 11 octobre, Mme Soufflot informait ses enfants de son retour. «Demain, écrivait-elle, doit arriver le gouverneur. Je resterai deux ou trois jours pour habituer ce cher petit, et, malgré que j'aie le cœur déchiré par cette cruelle séparation, vous devez penser avec quel empressement j'irai vous rejoindre.» (Collection Amédée Lefèvre-Pontalis.)]
[232: Lettre à Mme de Crenneville, 11 avril 1815.]
[233: Lettre du 28 mai 1815.]
[234: Voir ch. VII.]
[235: Mémoires, t. III, et Affaires étrangères, vol. 1802, France. Voir plus haut.]
[236: Mémoires, t. III.]
[237: Archives des Affaires étrangères, Vienne, vol. 681, et Correspondance de Talleyrand avec Louis XVIII, publiée par M. PALLAIN.]
[238: Voir ANGEBERG, le Congrès de Vienne, t. II.]
[239: Archives des Affaires étrangères, France, vol. 1801.]
[240: France, vol. 1802. Archives des Affaires étrangères.]
[241: Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, et Archives des Affaires étrangères, vol. 1802, France.]
[242: Archives des Affaires étrangères, France, vol. 1802.]
[243: Voir mon ouvrage sur le Maréchal Ney, Plon, 1894, p. 73.]
[244: Histoire des deux Chambres de Buonaparte, par F. Th. DELBARE, et Archives parlementaires, publiées par Mavidal et Laurent, 1re série.]
[245: Histoire des deux Chambres, par Th. DELBARE.]
[246: Plusieurs témoins de cette scène devaient s'en souvenir, lors du procès de Labédoyère, et contribuer par haine à sa condamnation après les Cent-jours.]
[247: Archives parlementaires, t. XIV.]
[248: Mémoires de Pasquier, t. III.--Les choses allaient plus vite que Fouché ne l'avait cru. Son intérêt était de retarder le retour des Bourbons, afin de mieux imposer ses conditions.]
[249: Mémoires de Pasquier, t. III.]
[250: Mémoires, t. III, p. 261.]
[251: Archives des Affaires étrangères, France, vol. 1801.]
[252: Ibid.]
[253: Une caricature, qui faisait fureur à Vienne, le représentait avec six têtes, dont la première criait: «Vive la République!» la seconde: «Vive l'Égalité!» la troisième: «Vive le premier Consul!» la quatrième: «Vive l'Empereur!» la cinquième: «Vivent les Bourbons!» la sixième: «Vive...!» Talleyrand attendait pour ce dernier cri ce que la nation ou le hasard décideraient.]
[254: Voy. le n° du 11 avril 1896 de la Neue Freie Presse, article de M. Wertheimer sur Talleyrand pendant le Congrès de Vienne.--Voy. aussi les Mémoires de Méneval, t. III, et POZZO DI BORGO, t. II.]
[255: Mémoires de Talleyrand, t. III.]
[256: Le 6 juillet, M. de Maleville protesta, par une lettre adressée au président de la Chambre des représentants, et obtint la distribution d'un écrit contenant sa défense.]
[257: Supp. Despatches of Wellington, tome X, p. 641.]
[258: Pour décider ses collègues, Fouché disait que c'était pour eux une question de vie ou de mort. «Eh! qu'importent ta vie et la mienne, s'écria Carnot, quand il s'agit du salut de la France! Tu n'es qu'un lâche et qu'un traître!» (Mémoires de Carnot, p. 184.)]
[259: Voir mon ouvrage sur le Maréchal Ney, ch. IV.]
[260: François II connaissait les desseins des autres puissances à l'égard de l'Empereur. Wellington était si pressé de s'en emparer qu'il aurait voulu que le gouvernement provisoire livrât de ses propres mains Napoléon aux alliés.]
[261: Il ignorait que Castlereagh, lors du traité de Fontainebleau, s'était opposé à ce qu'on lui maintînt le titre d'Empereur et avait préconisé une autre position que celle de l'île d'Elbe pour lui servir de retraite.]
[262: Archives des Affaires étrangères, France, vol. 1803.]
[263: Le premier lieu de détention choisi était plus humain, puisque Metternich avait écrit le 18 juillet à Marie-Louise en l'informant de l'arrivée de Napoléon sur le Bellérophon: «D'après un arrangement fait entre les puissances, il sera constitué prisonnier au fort Saint-Georges dans le nord de l'Écosse, et placé sous la surveillance de commissaires autrichiens, russes, français et prussiens. Il y jouira d'un très bon traitement et de toute liberté, compatible avec la plus entière sûreté qu'il ne puisse échapper.» (Mémoires, t. II, p. 526.)]
[264: Ne faut-il pas voir dans ces dernières lignes une précaution de Napoléon? S'il s'était laissé aller à un juste ressentiment, c'est son fils qui en eût probablement supporté la peine. D'autre part, il lui eût répugné de faire rougir le fils devant sa mère.]
[265: Archives des Affaires étrangères, France, vol. 1803.]
[266: Ibid.]
[267: Ibid.]
[268: Mémoires, t. IV.]
[269: On verra plus loin que l'Empereur d'Autriche a devancé lui-même les désirs de Louis XVIII à ce sujet.]
[270: Voici la lettre que Marie-Louise écrivit à Mme Soufflot le 19 octobre 1815: «Les circonstances m'obligeant de mettre mon fils dans les mains des hommes, je ne veux pas vous laisser partir, Madame, sans vous assurer de toute la reconnaissance que je vous ai vouée pour toutes les peines que vous vous êtes données pour la première éducation de mon fils qui a si complètement réussi au gré de mes désirs. Je désirerais pouvoir vous prouver, de loin comme de près, toute ma satisfaction, et je vous prie de croire que je serais heureuse de trouver une occasion pour vous le prouver.»
L'enfant impérial n'oublia pas sa sous-gouvernante, qui de retour à Paris lui avait adressé quelques jouets. Il lui écrivait le 17 janvier 1816: «Ma chère Toto, je vous aime toujours beaucoup; nous parlons souvent de vous et je vous embrasse, ainsi que Fanny, de tout mon cœur.»
Marie-Louise, en envoyant ce mot, ajoutait: «Mon fils, qui me charge de cette lettre, vous remercie bien de tous les jolis souvenirs que vous lui avez envoyés. Nous parlons souvent de vous et je lui montre toute la reconnaissance que nous vous devons tous deux, pour les soins que vous avez bien voulu lui rendre, ainsi que Fanny. J'ai vu avec plaisir, par votre lettre, que vous aviez retrouvé votre famille bien portante. Elle aura été heureuse de vous revoir après une si longue sortie. Mon fils et moi nous jouissons de la meilleure santé et je suis fort contente de ses progrès et du développement de son intelligence. Je vous prie de croire que je pense souvent à vous et que je fais des vœux bien sincères afin que dans le courant de cette année vous n'éprouviez que du bonheur.
«Votre très affectueuse,
«MARIE-LOUISE.»
(Collection Antonin Lefèvre-Pontalis.)]
[271: Voir les intéressants détails donnés par le capitaine Foresti à M. de Montbel. (Le duc de Reichstadt.)]
[272: J'ai retrouvé dans un opuscule absolument oublié, «Du système de l'éducation du roi de Rome et des princes français», publié à Londres en 1820 en un texte moitié anglais, moitié français, un travail daté de Saint-Cloud, le 27 juillet 1812. «C'est dans l'empire de Dieu sur les rois, dit cet opuscule, que doivent se puiser les principes de l'éducation des princes du sang de Napoléon faits pour obéir et pour commander...» L'auteur, qui doit être un impérialiste passionné, dit à propos des sujets qu'il faudra soumettre au jeune prince: «Dieu et l'Empereur seront l'inépuisable sujet de ses compositions.»]
[273: Voir sur ce sujet une Lettre de Roi, publiée par moi dans la Revue des Études historiques, en mai 1893.]
[274: Dépêches inédites aux hospodars de Valachie.]
[275: Ces craintes ne rappellent-elles pas les vers d'Oreste dans la première scène d'Andromaque:
Je viens voir si l'on peut arracher de ses bras Cet enfant dont la vie alarme tant d'États. ]
[276: Il va sans dire que la reine d'Étrurie refusa d'obéir à cette proposition.--Une dépêche de Vienne attestait qu'on avait informé Marie-Louise qu'elle ne devait plus user dorénavant du titre d'Impératrice, «ce qui, ajoutait la dépêche, lui a été extrêmement sensible». (Affaires étrangères, Vienne, année 1816.)]
[277: Archives des Affaires étrangères, Vienne.]
[278: J'ai reçu avec sensibilité, écrivait alors Marie-Louise au marquis de Bausset, la démission de votre charge de grand-maître de ma maison que vous avez remplie avec autant de zèle que de fidélité. Les circonstances seules dans lesquelles je me trouve me font une loi de l'accepter.» (Affaires étrangères, Vienne.)]
[279: La sous-gouvernante de l'enfant, Mme Soufflot, qui était partie avec sa fille Fanny, au mois d'octobre précédent, avait été comblée de prévenances par Marie-Louise, par les princes et tout leur entourage. Chacun avait rendu hommage à sa conduite et à son zèle. Le gouverneur, comte de Dietrichstein, lui avait adressé, le 20 octobre 1815, les vers suivants:
Les mêmes soins nous occupaient tous deux Et j'attachais du prix à ce partage; De sincère amitié nous avons plus d'un gage, Même intérêt, même espoir, mêmes vœux.
(Collection Amédée Lefèvre-Pontalis.) ]
[280: Archives des Affaires étrangères, Vienne.]
[281: Ibid., Parme, vol. 5.]
[282: Voy. plus haut, chapitre IX.]
[283: Archives des Affaires étrangères, Parme.--Cité par M. I. de Saint-Amand.]
[284: Archives des Affaires étrangères, Parme.]
[285: Correspondance de Marie-Louise (1799-1847). Vienne, 1887, Gérold.]
[286: Ibid.]
[287: Archives des Affaires étrangères, Vienne.--L'Autriche voulut revenir là-dessus en 1830. Elle fut si mal accueillie qu'elle cessa désormais toute réclamation à cet égard.]
[288: La Russie ne témoignait pas autant de déférence envers le gouvernement français. Gentz rappelait dans son Journal, à la date du 18 septembre 1816, qu'Alexandre se plaisait souvent à relever les fautes énormes des Bourbons depuis leur retour. «Il verse le sarcasme à pleines mains, disait-il, sur leur conduite faible et vacillante, sur leur attachement superstitieux aux anciens usages et à l'ancienne étiquette, sur l'ignorance et le fanatisme des émigrés, sur la folie des ultra-royalistes.» (Journal de Fr. de Gentz.)]
[289: Archives des Affaires étrangères, Florence, cité par M. I. de Saint-Amand.]
[290: Mémorial de Sainte-Hélène.]
[291: MONTHOLON, t. I.]
[292: Il ne faut pas oublier cette dépêche de lord Liverpool à lord Castlereagh, datée de Fivehouse le 29 juillet 1815: «Si le roi de France voulait pendre ou fusiller Bonaparte, ce serait à mes yeux la meilleure solution pour cette affaire.»]
[293: Rapports du baron Stürmer, 13 décembre 1816.--Voy. le même incident dans la Captivité de Sainte-Hélène, d'après les rapports du marquis de Montchenu, par M. Georges Firmin-Didot, p. 96 et suiv.--Il paraîtrait que c'est la fille de Mme Soufflot qui eut, la première, l'idée d'envoyer cette boucle de cheveux à Napoléon.]
[294: «Mon calme imperturbable, mon immuable sérénité m'ont valu la confiance de tout le monde!» disait un jour Metternich à Varnhagen. (Salons de Vienne.)]
[295: 30 mars 1817.]
[296: 11 avril.]
[297: Correspondance de Marie-Louise, p. 198.]
[298: Archives nationales, F7 6668.]
[299: Archives des Affaires étrangères, Vienne, 1817.]
[300: Ibid.]
[301: Ibid.]
[302: 2 juin 1817. Affaires étrangères, vol. 1803.]
[303: 22 juin. Ibid.]
[304: 10 juillet. Ibid.]
[305: Ce petit prince avait écrit, sous la dictée de sa mère, à Napoléon, le 24 juillet 1807: «Sire, maman me parle toujours de vous. Je vous aime et je veux vous connaître. En attendant, envoyez-moi votre portrait, qu'il y a longtemps que maman souhaite et que vous lui avez promis.» (Le royaume d'Étrurie, par P. MARMOTTAN.)]
[306: Correspondance de Marie-Louise, 13 octobre 1817.]
[307: Voir ANGEBERG, le Congrès de Vienne, t. I et II.]
[308: Lorsque le traité du 17 juin fut connu en France, le Protocole proposa, puisque la succession de Parme était assurée à la reine d'Étrurie et à son fils, de rétablir l'article PARME dans l'Almanach de 1818. «On placerait d'abord, disait une note officielle, l'archiduchesse Marie-Louise comme duchesse de Parme, puis la reine d'Étrurie et son fils comme héritiers présomptifs et éventuels.» Le ministre y consentit. (Affaires étrangères, Parme, vol. 5.)--On poussa la condescendance plus loin, car, en 1819, on mit après le nom de Marie-Louise celui du «lieutenant général comte de Neipperg, chevalier d'honneur de Sa Majesté».]
[309: Dépêches inédites aux hospodars de Valachie.]
[310: Correspondance intime, p. 199, 200.]
[311: Archives des Affaires étrangères, Vienne, vol. 398.]
[312: Ce n'était pas seulement de l'esprit que recherchait Gentz, c'était encore de l'argent. Il a été un des écrivains les plus pensionnés de l'Europe, et il a reçu de toutes mains, sans vergogne. Voici ce que contenait son Journal (t. II), à la fin de 1816: «Finita la commedia pour 1816. Année brillante dans l'histoire de ma vie. Rétablissement de ma santé, affaires importantes, perspectives riches. Je suis content de moi-même, jouissant de beaucoup de choses et me moquant du reste.» Ailleurs, il fait complaisamment le compte de ses gains et il s'en vante. Ainsi, en 1814, il a récolté en bénéfices extraordinaires 48,000 florins, dont 24,000 du roi de France remis par Talleyrand. Il fait un jour savoir à notre ambassadeur à Vienne «qu'une augmentation pécuniaire de 250 ducats sera reçue avec une très vive reconnaissance et qu'on y attachera au moins autant de prix qu'on pourrait le faire à une décoration dont on n'a déjà que trop». (Affaires étrangères, Vienne, vol. 404.)]
[313: Il y était question d'une fausse protestation de Marie-Louise. Voir plus haut, ch. VII.]
[314: Gentz ajoutait dans un autre accès de franchise: «Faites des vœux pour que la France et l'Autriche ne s'entendent jamais!» (Affaires étrangères, Vienne, vol. 398.)]
[315: Voy. L'Église romaine et le premier Empire, par le comte d'HAUSSONVILLE, t. V, p. 347.--Le Journal de Luisbourg et l'Abeille américaine ont publié, en novembre 1817, une autre lettre attribuée à Pie VII et adressée par lui à Alexandre. Après examen de cette lettre et après de minutieuses recherches faites à Rome par l'entremise très obligeante de Mgr Celli, je me suis convaincu que cette pièce était apocryphe. (Archives nationales, F7 6668.)]
[316: Le bruit courut plus tard qu'Alexandre aurait reproché à Napoléon de ne pas s'être adressé à la générosité de la Russie: «Il le pouvait, aurait-il dit, et s'il l'avait fait, il serait peut-être encore Empereur des Français.» (Mémoires d'un homme d'État, t. XII.)]
[317: Archives des Affaires étrangères.]
[318: Ibid.]
[319: Archives des Affaires étrangères, Vienne, 1818.]
[320: GENTZ, Dépêches inédites aux hospodars de Valachie.--Il ne faut pas oublier que lord Chatam disait déjà en 1764: «Que deviendrait l'Angleterre si elle était toujours juste envers la France?... Craignez, réprimez la maison de Bourbon!»]
[321: Archives des Affaires étrangères, Vienne, vol. 399.]
[322: Voy. MONTBEL, p. 104 à 106.]
[323: Affaires étrangères, Vienne, 1819.--Il s'agissait du prince Eugène, qui avait obtenu la principauté d'Eischtedt avec le titre de duc de Leuchtenberg.]
[324: Le comte d'Appony, ministre d'Autriche près la cour de Toscane, avait négocié au nom de l'Empereur l'affaire des terres bavaro-palatines auprès du grand-duc.]
[325: Archives des Affaires étrangères, Parme,--cité par I. de Saint-Amand.]
[326: Archives nationales, F7 6884.]
[327: C'était à la date précise du 24 avril.]
[328: Publiée par la Bibliothèque historique, t. IV, p. 201.]
[329: La publication si impartiale et si fidèle de la Campagne de 1815, écrite à Sainte-Hélène en 1817, avait exaspéré contre le général Gourgaud le duc de Wellington, qui l'avait poursuivi de sa haine. Pendant plusieurs années, le général erra proscrit en Europe, sans pouvoir rentrer en France. Il y revint seulement le 20 mars 1821, grâce à la bienveillance de M. Pasquier, alors ministre des affaires étrangères. Il se défendit vigoureusement en 1827 contre les accusations de Walter Scott qui, dans son histoire romanesque de Napoléon, l'avait accusé d'avoir fait connaître au gouvernement anglais les projets d'évasion de l'Empereur. Il put affirmer et prouver que le célèbre romancier avait été «le calomniateur volontaire d'un dévouement et d'une fidélité irréprochables».]
[330: Archives des Affaires étrangères, Vienne, 1818.--Mémoire de Pozzo di Borgo au Congrès.]
[331: Affaires étrangères, ibid.]
[332: En présence de ce rapprochement du roi de Rome et de François II, comment ne pas rappeler le fait que signale M. Albert Vandal dans le tome III de Napoléon et Alexandre Ier, lors de l'entrevue de Dresde en 1812? L'Empereur avait remarqué l'absence de l'héritier présomptif de la couronne d'Autriche, l'archiduc Ferdinand, et comme sa belle-mère s'excusait de ne l'avoir point amené, en alléguant sa jeunesse et sa timidité, Napoléon s'était écrié: «Vous n'avez qu'à me le donner pendant un an, et vous verrez comme je le dégourdirai.»]
[333: Correspondance de Marie-Louise.]
[334: Archives des Affaires étrangères, Vienne, vol. 400.]
[335: Ibid.]
[336: Ibid.]
[337: PASQUIER, Mémoires, t. IV, p. 170.]
[338: Voir pour les détails les Mémoires de Pasquier, t. IV, p. 389 à 400.--Voir, passim, l'ouvrage de M. GUILLON, Les complots militaires sous la Restauration, Plon, 1895.]
[339: Voir mon ouvrage sur Le maréchal Ney, ch. III, p. 76, 77.]
[340: Mémoires de Pasquier, t. IV, p. 160.]
[341: Archives des Affaires étrangères, Vienne, 6 février 1820.]
[342: Mémoires de Pasquier, t. IV, p. 361.]
[343: Archives des Affaires étrangères, Vienne, 1820, vol. 401.]
[344: Kaiser Franz und die Napoleoniden, von Dr H. SCHLITTER. Archiv für Œsterreichische Geschichte, t. LXXII.]
[345: Correspondance de Marie-Louise, p. 215.]
[346: Archives des Affaires étrangères, Vienne, vol. 401.]
[347: Ibid., France, vol. 1805.]
[348: Opinion d'un médecin sur la maladie de l'empereur Napoléon et sur la cause de sa mort, par J. HÉREAU.]
[349: Il est rédigé sur un grand papier filigrané in-4°, long de 0m,32 sur 0m,20 de largeur, avec la marque: «J. Wathman, 1819.--Balston et Cie», et l'écusson en forme de cœur où sont les lettres V. E. C. L. entre-croisées. À la première page figurent ces mots: «Ceci est mon testament ou acte de ma volonté dernière.»]
[350: La première page du testament est toute fanée par le temps, et les cassures du papier ont été réunies par des bandes de papier pelure d'oignon.]
[351: «Ce fils, prisonnier comme lui, était le seul grand sentiment par lequel il survécût sur la terre, son orgueil, son amour, sa dynastie, son nom, sa postérité. Il n'eut de larmes qu'à cette image.» (LAMARTINE.)]
[352: Héreau, l'ancien chirurgien de Madame Mère et de Marie-Louise, fit à cet égard, et d'après des documents authentiques, un examen attentif qu'il consigna dans son livre intitulé: Napoléon à Sainte-Hélène. Il l'offrit, en mars 1827, au duc de Reichstadt, «heureux, disait-il au prince, si je puis vous préserver des peines et des inquiétudes qui doivent accompagner une vie que l'on croit toujours menacée».--Voir aussi sur ce point les récits de Montholon et d'Antomarchi.]
[353: Il relisait souvent les Évangiles. Un jour, méditant sur le sermon de Jésus sur la Montagne, il se disait ravi, extasié de la pureté, de la sublimité d'une telle morale. (Mémorial de Sainte-Hélène.)]
[354: Elle-même, à son lit de mort, le 29 avril 1814, avait prononcé ces dernières paroles: «L'île d'Elbe, NAPOLÉON!»]
[355: Que devenait la parole dite en 1814 par lord Castlereagh au duc de Vicence «qu'il valait mieux se fier à l'honneur anglais qu'à un traité»?]
[356: Napoléon à Montholon.]
[357: Archives des Affaires étrangères, Vienne, vol. 402.]
[358: Affaires étrangères, Parme. Cité par M. Imbert de Saint-Amand.]
[359: Correspondance de Marie-Louise.]
[360: Die Stellung der Œsterreichischen Reqierung zum Testament Napoléon Bonapartes, von Dr Hans SCHLITTER, Archiv für O. G., t.