‹ Le spleen de ParisChapitre 52 sur 52 · Chapitre 51 Épilogue

Chapitre 51 Épilogue

Le cœur content, je suis monté sur la montagne
D’où l’on peut contempler la ville en son ampleur,
Hôpital, lupanars, purgatoire, enfer, bagne,
Où toute énormité fleurit comme une fleur.

Tu sais bien, ô Satan, patron de ma détresse,

Que je n’allais pas là pour répandre un vain pleur ;

Mais comme un vieux paillard d’une vieille maîtresse,

Je voulais m’enivrer de l’énorme catin

Dont le charme infernal me rajeunit sans cesse.

Que tu dormes encor dans les draps du matin,

Lourde, obscure, enrhumée, ou que tu te pavanes

Dans les voiles du soir passementés d’or fin,

Je t’aime, ô capitale infâme ! Courtisanes

Et bandits, tels souvent vous offrez des plaisirs

Que ne comprennent pas les vulgaires profanes.

q

1.Arsène Housset, dit Arsène Houssaye (1815-1896), écrivain, administrateur de la Comédie-Française, directeur de L’Article et de La Presse ; dans cette publication parurent, en 1862, vingt poèmes en prose, avec cette dédicace.

2.Louis Bertrand, dit Aloysus Bertrand, né en 1807 et mort dans la misère, à l’hôpital Necker, à Paris, en 1841 ; il n’écrivit qu’un livre, Gaspard de la Nuit,publié en décembre 1842.

1.Lors de la publication de ce poème dans La Présent, en 1857, Baudelaire, à ce mot, renvoyait à une note ainsi conçue : « En supposant une mémoire parfaite ou au moins très exercée, il n’est pas difficile de comprendre comment on peut deviner l’heure dans l’oeil d’un animal dont la pupille est très sensible à la lumière. »

1.Édouard Manet (1832-1883). Son oeuvre, où se mêlent le naturalisme et l’impressionnisme, eut une grande influence sur la peinture moderne. Baudelaire fut parmi les premiers à comprendre et à défendre cet artiste.

2.Ce poème, paru pour la première fois dans Le Figaro, le 7 février 1864, fut réimprimé dans L’Artiste (le 1er novembre de la même année), avec différentes variantes, et à sa fin, la phrase supplémentaire suivante : « Parbleu ! – répondis-je à mes amis, – un mètre de corde de pendu, à cent francs le décimètre, l’un dans l’autre, chacun payant selon ses moyens, cela fait mille francs, un réel, un efficace soulagement pour cette pauvre mère ! »

1.Franz Liszt (1811-1886), musicien que Baudelaire admirait et avec lequel il fut très lié. (Voir, dans les Journaux intimes : Mon Coeur mis à nu,LXVIII – voir également l’essai de Baudelaire sur Richard Wagner.)

1.On lit sur le manuscrit : « Sacré Saint-Ciboire de Sainte-Maquerelle. »

1.Louis-François Lélut (1804-1877), célèbre aliéniste, auteur du Traité de la Santé du peuple (1859) et de la Physiologie de la Pensée (1861).

2.Jules-Gabriel-François Baillarger (1806-1891), célèbre aliéniste, auteur de l’Essai de classification des maladies mentales (1854).

3.Le manuscrit montre qu’à la fin de ce poème, Baudelaire a ajouté : « Qu’en dis-tu, Citoyen Proud’hon ? » Baudelaire, vis-à-vis de Proud’hon, hésitait entre l’admiration et le sarcasme.

1.Joseph Stevens (1819-1892), peintre belge, que Baudelaire connut pendant son séjour en Belgique, et qui soigna le poète : il fit un tableau dont ce morceau est inspiré.

2.Louis-Victor-Nestor Roqueplan (1804-1870), écrivain et rédacteur en chef du Figaro.

3.Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869), auteur des Causeries du Lundi,de Port-Royal,de Vie, poésies et pensées de Joseph Delorme, de Volupté, etc. Il fut l’un des plus anciens amis de Baudelaire, qui, au début de sa vie, subit son influence (voir l’Historique des Fleurs du Mal).

Une édition

Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.

Page 1