VERTU, GRANDEUR, FORCE, ÉCLAT
Bhagavat dit encore :
Si l’on demande : quelle est la suprême vertu ? — Marcher dans la voie est la suprême vertu.
Si l’on demande : quelle est la suprême grandeur ? — L’action de mettre l’esprit en conformité avec la loi, voilà la suprême grandeur.
Si l’on demande : qui est le plus excellent des forts ? (Je réponds) : c’est celui qui possède la patience, car lorsqu’on est doué de patience et qu’on s’abstient d’actes vicieux, on reçoit ouvertement les hommages des hommes.
Si l’on demande : quelle est la clarté suprême ? (Je réponds) : celui qui est sans ténèbres, exempt de souillures, d’une conduite irréprochable, parfaitement pur, celui-là, bien que de toutes les choses qui sont dans le monde des dix régions depuis le temps sans commencement jusques à aujourd’hui, il n’en connaisse aucune, n’en ait vu aucune, n’en connaisse à fond aucune, n’ait entendu parler d’aucune, n’en ait en un mot aucune connaissance si petite qu’elle soit, il a néanmoins la science élevée de celui qui sait tout. C’est en parlant de lui qu’on dit : « Clarté ».
Bhagavat dit encore :
1. Les êtres animés, aveuglés par les désirs auxquels leur cœur est attaché, ne peuvent apercevoir la voie pure telle qu’elle est. Ils ressemblent à une eau sale dans laquelle on aurait mêlé les cinq espèces de couleurs ; si une force quelconque vient à l’agiter, les hommes ont beau venir s’y mirer, ils ne peuvent apercevoir l’image de leur corps. Ainsi, quand l’esprit, troublé par les désirs, est devenu plein d’impureté, il ne peut apercevoir la voie.
Au contraire, les hommes qui, avec respect, confessent successivement leurs péchés et s’obligent ainsi (à les rejeter), s’ils viennent à rencontrer un ami de la vertu, aperçoivent la voie de la même manière que, les souillures de l’eau sale étant enlevées, l’image (de ceux qui s’y mirent) vient à briller.
2. C’est encore comme si une chaudière étant placée sur un feu qui l’enveloppe bien, l’eau qui est dedans bout et se couvre d’écume. Les hommes qui s’approchent de la chaudière ont beau s’y mirer, ils n’aperçoivent pas leur image. Ainsi, quand on est troublé par les trois poisons originairement fixés (dans le cœur), quand on est couvert par les cinq obscurités , on ne peut pas apercevoir la voie.
(Mais) si l’on fait disparaître entièrement les souillures du cœur, de quelque degré de connaissance qu’on soit parti pour renaître, et quels que soient les champs de Buddha où l’on se rend après la mort, ayant la connaissance, on en vient à apercevoir aussi les qualités de la voie.