‹ Le thé chez MirandaChapitre 18 sur 37 · II

II

AUBE

Les maisons sont tristes comme des bêtes.

A leurs vitres glacées le jour indistinct indistinctement se réverbère; en les buées leurs vitres obscures s'emboivent.

Les maisons sont tristes comme des bêtes.

Deuil et modes, Liquidateur judiciaire, Docteur-médecin... Implacable Destinée! Les enseignes, les implacables enseignes marquent leur flanc suranné, tels des stigmates de lys sur l'épaule des prostituées. Deuil et modes, Liquidateur judiciaire, Docteur-médecin...

Les maisons sont tristes comme des bêtes.

Leurs portes s'entrebâillent; aux tintamarres des timbres par les couloirs leurs portes s'entrebâillent; au labeur superflu, à la débauche superflue, à la superflue et irrémédiable Vie, leurs portes s'entrebâillent.

Les maisons sont tristes comme des bêtes.

Et elles regardent résignées dans la rue pleine de boue et sur la place morne où le vent siffle; elles regardent vers le square au bassin plein de feuilles mortes, vers le lamentable square plein de feuilles mortes, elles regardent résignées.

Les maisons sont tristes comme des bêtes.

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