Scène IX.
LE COMTE DE FATENVILLE, garrotté ; GOTTON,
les deux gardes.
LE COMTE.
J’ai beau me servir de tout mon esprit, et assurément j’en ai beaucoup, je ne comprends rien à cette aventure. (À Gotton.) Ma belle demoiselle, est-ce ainsi que vous recevez les gens qui viennent pour vous épouser ?
GOTTON, à part.
Plus je regarde ce drôle-là, et plus il me paraît assez revenant. (Au comte.) Mais de quoi t’avisais-tu aussi de prendre si mal ton temps pour m’enlever ? Je te pardonne de tout mon cœur : puisque tu voulais m’avoir, c’est que tu me trouvais belle ; va, je te promets de pleurer quand on te pendra.
LE COMTE, à part.
La fille n’a pas plus de raison que le père.
GOTTON.
Je te fais perdre la raison ? Pauvre garçon ! (À part.) Ah ! que je ferai de passions ! qu’on m’aimera.
LE COMTE, à part.
Les jolies dispositions ! le beau petit naturel de femme !