VII TABLEAU DES NOMS ET DEMEURES DES CHEFS DES ATELIERS ET FABRIQUES EXISTANT DANS LA COMMUNE DU PUY, EN L’AN VII (1799) ET VISITÉS PAR LES ÉLÈVES DE L’ÉCOLE CENTRALE · VIII BIOGRAPHIE DES PROFESSEURS
Barrès (Pierre), né à Blesle le 27 septembre 1766, était diacre lors de Révolution. Il quitta alors l’habit ecclésiastique et fut élu professeur de l'École centrale. L’installation de cet établissement, la nomination des professeurs choisis presque tous parmi ses compatriotes dans le personnel de l’ancien collège de Brioude, l’impulsion heureuse imprimée à l’institution naissante sont dues, pour une large part, à l’intelligence et au mérite de l’abbé Barrès.
Dès la création des préfectures, il devint secrétaire général de celle de la Haute-Loire, emploi qu’il occupa avec une haute distinction pendant seize ans.
En 1812, il fut délégué à Paris pour soutenir les droits de la ville à un lycée. En 1816, il fut envoyé à Lyon, pour défendre auprès des autorités autrichiennes les intérêts du département.
Au retour de cette dernière mission, il se retira au grand séminaire de Bordeaux, fut ordonné prêtre, devint successivement professeur à la Faculté de théologie, grand vicaire des archevêques d’Aviau, de Chéverus et Donnet. Il est mort à Bordeaux en 1838.
Le père de l’abbé Barrès, médecin de mérite, a publié : Description topographique du ci-devant canton de Blesle, arrondissement de Brioude. Au Puy, J.-B. Lacombe, an XI, 46 p. in-8.
Pissis (Pierre-Joseph), D.-M.-M., était né à Brioude en 1771. Son père, médecin distingué lui-même, inspecteur du bureau des sources minérales de l’Auvergne, le destina à lui succéder.
Àla dissolution des Écoles centrales, il revint à Brioude exercer la médecine.
Il mourut à Blesle, en février 1811, des fatigues qu’il éprouva en allant voir un malade.
Il a publié :
Manuel d’hygiène, par P.-J. Pissis, médecin, professeur de chimie à l’École centrale du département de la Haute-Loire. Au Puy, chez J.-A. Crespy et Guillaume, an XI (1803) in-8.
Le volume est terminé par le Discours du philosophe Phavorin, tendant à engager une dame illustre à nourrir elle-même ses enfants, traduit du latin d’Aulu-Gelle (Nuits attiques, liv. XII, ch. I).
Pissis a laissé plusieurs manuscrits pleins d’intérêt, dont l’un, qui se trouve entre les mains de M. Francisque Mandet, est relatif à la manière de rétablir les vins altérés et contient des observations fort bien faites et fort utiles aux pays vignobles de ce département.
Voy. Richond des Brus, Notice biographique sur les médecins de la Haute-Loire. Annales de la Société académique du Puy, 1832-33, p. 122.
Mottet (Pierre-Antoine), né à Brioude en 1748, était engagé dans les ordres, lorsqu’éclata la Révolution dont il embrassa le parti. Il prêta le serment à la constitution et fut vicaire épiscopal de l’évêque de la Haute-Loire. Après le Concordat, il devint curé d’Armaux, département de l’Yonne, où il mourut au printemps de 1824, âgé de soixante-seize ans.
Il publia en janvier 1792 : Les Veillées villageoises ou tableau de la Révolution de France, pour servir d’instruction au peuple, par un citoyen du département de la Haute-Loire. Au Puy, de l’imprimerie de Crespy et Guilhaume s. d., in-12 de 100 pages.
Plusieurs de ses leçons à l’École centrale furent consacrées à la vulgarisation de la science apicole. Il avait réuni cet enseignement dans un petit traité intitulé Éducation des abeilles qui, malheureusement, est resté manuscrit et n’est pas parvenu jusqu’à nous.
Bagès (Pierre), né également à Brioude, appartenait au clergé et avait professé au collège de sa ville natale. Il dirigea plus tard cet établissement pendant deux ans (1805-1806) et mourut au Puy en 1826.
Rochefort (Marie), originaire du Puy-de-Dôme, avait appartenu à la congrégation des Sacramentaires et occupé, en cette qualité, une chaire du collège de Brioude. Il mourut curé de Sauxillanges, en Auvergne, assassiné dans son presbytère, par un aliéné.
Claude Rabany-Vigier, frère du littérateur Rabany-Beauregard, était aussi un enfant de Brioude. Ancien moine bénédictin, il était alors dans toute la maturité de l’esprit. Il est mort à Brioude, vers 1850.
Pierre Giriat, né à Bourg-en-Bresse, ancien élève de l’Académie de peinture et de sculpture de Paris, avait d’abord professé le dessin aux officiers du régiment de la Reine-Dragons, de 1776 à 1780, puis à ceux du deuxième régiment des chasseurs des Pyrénées, de 1780 à 1788. À cette époque, il obtint son congé, avec des certificats de l’état-major de son corps attestant sa capacité, et vint se fixer au Puy. Sous les auspices de M de Galard et des consuls, il établit, dans cette ville, une école de dessin, dans un des locaux de l’Hôtel-de-Ville, où il dirigea son cours jusqu’à son entrée à l’École centrale.
Jamon (François-Dominique), né à Montfaucon-du-Velay, le 20 avril 1742, joua un rôle actif, lors de la Révolution, dans sa ville natale, où il fut successivement directeur de l’atelier de salpêtre et commissaire du Pouvoir exécutif près l’administration municipale. Il occupa cet emploi jusqu’à son entrée à l’École centrale.
Son frère, Jean-Baptiste, fut l’un des sept députés de la Haute-Loire à l’Assemblée Législative.
Quant à MM. André et Robert, nous n’avons pu nous procurer sur eux aucun détail biographique. Nous avons dit plus haut que le premier était né au Puy.