‹ L’École centrale de la Haute-LoireChapitre 12 sur 16 · X CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ LIBRE D’AGRICULTURE

X CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ LIBRE D’AGRICULTURE

14 ventôse an IV

L’Administration centrale,

Considérant que l’agriculture étant la vraie base de la prospérité publique et particulière, on ne peut, sans une vive affliction, la voir dans une sorte d’enfance dans ce département, où le plus grand nombre des agriculteurs est conduit par une routine aveugle ;

Que ces mêmes cultivateurs sont bien éloignés de penser qu’il existe des principes, des découvertes, des procédés dont une connaissance approfondie quadruplerait peut-être leurs productions, ainsi que la puissance, la force et la richesse de la République ;

Que la nécessité de tourner aujourd’hui les esprits vers les divers objets de l’économie rurale est généralement sentie ;

Que l’instruction et les encouragements sont les plus sûrs moyens pour élever l’agriculture au plus haut degré de perfection et de prospérité ; Qu’en conséquence, il est essentiel de placer dans chaque canton, dans chaque commune, dans chaque hameau, s’il est possible, un homme intelligent, ami de l’agriculture, patient et capable d’inspirer de la confiance à tout ce qui l’environne, pour y faire des expériences et s’associer à des laboureurs, qu’il mettra en état de juger par eux-mêmes des résultats :

Que, par ce moyen, sans efforts pour convaincre les cultivateurs, sans encouragements même, on les verra adopter des méthodes nouvelles qui auront eu des succès et dont ils se croiront les inventeurs parce qu’ils auront coopéré aux essais qu’on en aura faits ;

Considérant que, pour l’exécution de ses moyens, il s’agit de former, sous les auspices du Gouvernement et, sous la direction du Ministre de l’Intérieur, une Société libre d’agriculture ;

Qu’à cet effet l’Administration a eu des conférences avec les professeurs de l’École centrale et qu’elle a d’ailleurs demandé et recueilli des renseignements sur les citoyens qu’elle est obligée de nommer pour créer la Société,

Article premier. — Il y aura une Société libre d’agriculture, dans le chef-lieu du département ; elle tiendra ses séances dans la salle littéraire de l’École centrale.

Art. 2. — La première séance aura lieu le 30 floréal prochain.

Art. 3. — Toutes les autorités civiles et militaires du chef-lieu du département seront invitées à l’inauguration de la Société, qui se fera par l’Administration centrale, ledit jour, 30 floréal, à dix heures du matin.

Art. 4. — La Société ne pourra s’occuper que des objets tenant directement à la restauration et à l’amélioration de l’agriculture.

Art. 5. — Les membres nommés par l’Administration centrale sont les citoyens professeurs et bibliothécaire de l’École centrale, les membres du Jury de l’instruction centrale, Arnaud, médecin ; Bertrand-Morel, commissaire du Directoire exécutif près le canton rural du Puy ; Chabalier, négociant ; Bonnet-Villefort, père, propriétaire ; O’Farrell, ingénieur ; Schisler, secrétaire de l’administration municipale du Puy ; Charles Tallogros, propriétaire ; Liogier de Roche, juge de paix ; Mauras, père, de Champclause, propriétaire ; Mauras, fils, de Saint-Julien, notaire public ; Vernet, de Saugues ; Delaigue, secrétaire de l’Administration municipale à Craponne ; Vauzelle, fils ; Gueyffier Talleyrat, propriétaire à Brioude ; Barrès, père, de Blesle ; Dalbine, d’Auzon ; Marie-Vachier, propriétaire, commissaire du Directoire exécutif pour le canton de la Chaise-Dieu ; Tuja, propriétaire, commissaire du Directoire exécutif, à Langeac ; Celle-Dubia, propriétaire à Saint-Didier ; Coffy, de Monistrol ; Fusil-Laplanche, de Grazac ; Dussuc, de Tence.

Art. 6. — Tous les sus-nommés seront invités par l’Administration centrale, à se rendre ledit jour, 30 floréal, dans la commune du Puy, pour se former en société, rédiger un règlement et nommer des membres, pour compléter le nombre des sociétaires.

Ce nombre ne pourra excéder, quant à présent, celui de cent.

Art. 8. — L’un et l’autre seront envoyés aux administrations municipales et, par leur intermédiaire, aux agents des communes, pour y être publiés, lus et affichés en la forme ordinaire, etc.

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