‹ L’EndymionChapitre 14 sur 28 · Scène SEPTIE’ME.

Scène SEPTIE’ME.

HERMODAN ſeul au pied du Myrthe.

STANCES.

OBiet pitoyable & charmant,
Malgré l’eſcorce qui te cache,
Ouure moy beau ſubiet ce ſacré monument,
Auſſi bien mon ame ſe fâche
De viure ſi long-temps ne voyant plus ces yeux,
Qui furent autrefois mes Soleils, & mes Dieux.
Aymables & triſtes cheueux
Que ie vois changez en feuillage ;
Beau front, troſne viuant, où i’addreſſois mes vœux,

Beaux yeux ; adorable viſage,
Toy, bouche, dont amour fit ſortir autrefois
L’oracle qui predit l’heur dort ie iouyſſois.
Helas ſouffrez, triſtes ramaux,
Souffrez que cette voix diuine
Se faſſe entendre encor pour alleger mes maux ;
Ou que mon corps prenne racine
Au pied de ce beau Myrthe où ſont tous mes deſirs,
Lors vous verrez ceſſer mes pleurs, & mes ſoupirs.
Mais c’en eſt fait, ie n’entends plus
Sa voix ſi douce & ſi charmante ;
Mes cris & mes regrets ſe trouuent ſuperflus,
C’eſt en vain que ie me tourmente :
Mais ayant arrouſé ce Myrthe de nos pleurs,
Arrouſons le de ſang pour finir nos malheurs.

En attendant qu’il ſe met en deuoir de chercher vn fer, l’Acte finit.

Fin du ſecond Acte.

Au fond de theatre eſt la face du palais de Thymoetes, auec vne gallerie appuyée ſur des colonnes de iaſpes ; & au deuant du palais vn iardin auec quantité de pins & de cypres de chaque coſté du theatre : & au milieu des parterres de fleurs. Thymoetes & ſes Miniſtres ſortent du palais, & entrent dans le iardins.

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