‹ L’ÉpreuveChapitre 6 sur 23 · Scène VI

Scène VI

LISETTE, ANGÉLIQUE.

Angélique.

Heureusement, je ne crains pas son amour. Quand il me demanderait à ma mère, il n’en sera pas plus avancé.

Lisette.

Lui ! c’est un conteur de sornettes qui ne convient pas à une fille comme vous.

Angélique.

Je ne l’écoute pas. Mais dis-moi, Lisette, M. Lucidor parle donc sérieusement d’un mari ?

Lisette.

Mais d’un mari distingué, d’un établissement considérable.

Angélique.

Très considérable, si c’est ce que je soupçonne.

Lisette.

Et que soupçonnez-vous ?

Angélique.

Oh ! je rougirais trop si je me trompais !

Lisette.

Ne serait-ce pas lui, par hasard, que vous vous imaginez être l’homme en question, tout grand seigneur qu’il est par ses richesses ?

Angélique.

Bon, lui ! je ne sais pas seulement moi-même ce que je veux dire. On rêve, on promène sa pensée, et puis c’est tout. On le verra, ce mari ; je ne l’épouserai pas sans le voir.

Lisette.

Quand ce ne serait qu’un de ses amis, ce serait toujours une grande affaire. À propos, il m’a recommandé d’aller l’avertir quand vous seriez venue ; et il m’attend dans l’allée.

Angélique.

Eh ! va donc. À quoi t’amuses-tu là ? Pardi ! tu fais bien les commissions qu’on te donne ! il n’y sera peut-être plus.

Lisette.

Tenez, le voilà lui-même.

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