‹ Les Avadânas, contes et apologues indiensChapitre 16 sur 135 · 16

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(De ceux qui travaillent à leur perfection intérieure.)

Il y avait un brâhmane qui, pour se mortifier, portait constamment un vêtement grossier, et faisait subir à son corps cinq sortes de brûlures. C’est pourquoi les hommes de son temps l’avaient surnommé Bhângakadagdha. À cette époque, une Bhikchoun’i (religieuse bouddhiste) l’ayant vu, lui paria ainsi : « Vous ne brûlez point ce qui doit être brûlé, et vous brûlez ce qui ne doit pas être brûlé. »

En entendant ces mots, le brâhmane fut transporté de colère, et lui dit : « Misérable tondue, qu’entendez-vous par ce qu’il faut brûler ?

— Si vous voulez savoir, lui dit-elle, l’endroit qu’il faut brûler, brûlez seulement la colère de votre cœur. Si vous pouvez brûler votre cœur, ce sera un cœur pur et sincère. Quand un bœuf est attelé à un char, si le char ne marche pas, il faut frapper le bœuf, et non le char. Le corps est comparable au char, et le cœur à ce bœuf. Il faut conclure de là que vous devez brûler votre cœur. À quoi bon torturer votre corps ? Le corps est comme une pièce de bois inerte, comme un mât de navire ; si vous le brûlez, à quoi cela vous avancera-t-il ? »

(Extrait de l’ouvrage intitulé : Ta-tchoang-yen-king-lun, livre II.)

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