‹ Les Aventures d'un fifre.Chapitre 3 sur 3 · III

III

L'oasis.

En s'éloignant du camp le couple fugitif dut prendre quelques précautions. Rien n'est plus sonore que le désert: aucun de ses bruits n'échappe à l'oreille des Arabes. Il fallut donc mettre les juments au pas; et ces bêtes intelligentes, comme pour s'associer à la pensée de leurs cavaliers, semblaient poser à peine leurs pieds; sur le sable. Au bout d'une heure seulement elles prirent le galop et les emportèrent à travers ces solitudes avec la rapidité de la brise.

Fatmé avait une grande expérience de la vie nomade; elle connaissait mieux que son complice les dangers qu'ils allaient courir. Le plus grand était celui de laisser après eux une trace qui les dénonçât et qui pût servir à les poursuivre. Le sabot de leurs montures imprimait ses vestiges sur le sol, et quoique à dessein ils prissent de loin en loin leur direction dans des chemins rocailleux, certains indices les trahissaient toujours. Fatmé avait son plan: elle voulait, on saura pourquoi, se rapprocher de la grande oasis et gagner Syouah, qui n'était qu'à deux journées de marche; elle courut d'abord tout droit à l'est, comme si elle eût voulu rejoindre le Nil. Habituée depuis six ans à voyager dans ces espaces, elle n'ignorait rien des ressources qu'elles offrent, des difficultés sans nombre dont ils sont semés. Les puits, les lieux de halte, les moyens de reconnaissance soit de nuit, soit de jour, lui étaient familiers. Aussi n'hésitait-elle pas dans son itinéraire; et si sa mémoire s'était trouvée en défaut, l'instinct seul des montures eût suffi pour retrouver la route.

Quand le jour se fit ils avaient déjà franchi quinze lieues, mais cet intervalle ne la rassurait pas. Elle comprenait que dans le camp arabe son évasion venait d'être découverte et qu'on était déjà sur ses traces. La journée promettait d'être lourde: le soleil s'était levé au milieu de vapeurs qui le dépouillaient de ses rayons et lui donnaient l'aspect d'un disque rougi au feu. La respiration devenait difficile, les poumons respiraient un air embrasé. Fatmé, habituée à cette température ardente, n'en paraissait pas incommodée, mais son compagnon de route commençait à se plaindre. Six heures de galop avaient ébranlé son moral et fortement secoué toute son économie. Il ne pouvait se défendre de penser que sa bonne fortune n'avait rien de bien riant dans ses débuts. Ce galop sans trêve, contre un vent chaud qui lui fouettait le visage eut bientôt épuisé ses forces; et quand midi arriva il demanda grâce, haletant et à demi mort. Une halte exposait le couple à un danger certain; mais l'état où se trouvait le Français la rendait nécessaire. On s'arrêta sous un palmier pendant une heure, et quelques vivres ranimèrent le pauvre fifre qui jouait un singulier rôle. La course recommença ensuite jusqu'au soir dans une atmosphère de plus en plus étouffée et au milieu de tourbillons de poussière, précurseurs du vent du désert. Quand le soleil se coucha, le simoun commençait à envoyer ses rafales, et le frissonnement des sables donnait à ces solitudes l'aspect d'une mer émue. Fatmé observait avec inquiétude ces symptômes qui lui étaient familiers, et en même temps elle tenait son oeil attaché sur les profondeurs de l'horizon. Tout à coup un cri sourd s'échappe de sa poitrine:

En effet, dans les clartés du couchant, on pouvait distinguer le bois de leurs piques; ils étaient lancés à toute bride, ils arrivaient. Le seul espoir de Fatmé était que l'un des deux périls annulât l'autre. Le simoun devenait à chaque instant plus impétueux, et par intervalles le sable se soulevait de manière à former un rideau entre les fugitifs et les hommes envoyés à leur poursuite. Ces tourbillons duraient longtemps et effaçaient toutes les empreintes laissées sur le sol. Cette circonstance décida la belle Arabe à user, comme dernier moyen, d'un stratagème singulier. Au moment où ses ennemis croyaient la tenir et fondaient déjà sur elle avec des cris sauvages, elle profita d'un de ces nuages de poussière pour changer brusquement de direction. Rebroussant chemin, elle passa à côté des Arabes, presque à les toucher, sans qu'au milieu du bruit de la tempête et du soulèvement des sables ils pussent l'apercevoir; puis elle disparut derrière un mamelon, tandis, que les émissaires du cheik continuaient leur poursuite dans le même sens et couraient toujours vers le Nil. La manoeuvre avait réussi: les chasseurs avaient perdu la piste. Dans ce mouvement, le rôle de notre héros avait été purement passif; il s'était abandonné machinalement à l'impulsion donnée par l'amazone; son admirable monture avait fait le reste; ils étaient sauvés.

La tempête durait encore; mais c'était son dernier effort. Au bout de deux heures d'une course combinée de manière à tromper toutes les recherches, le vent s'était calmé, le ciel avait repris un peu de sérénité. Ainsi ce simoun, ordinairement si malfaisant, n'avait eu cette fois qu'une influence heureuse. Avec un air plus frais. Roquet avait recouvré le sentiment de ses forces et de sa dignité. Tant qu'avait duré le péril, il avait eu le plus petit rôle: il n'enlevait pas sa belle, c'était elle qui l'enlevait. Cette situation l'humiliait, il voulut s'en relever en faisant le galant auprès de sa conquête. Fatmé résista d'abord; mais l'artiste se montra pressant, tendre, persuasif; elle capitula. A la nuit close, un petit vallon se trouva sur leur route: ils s'y arrêtèrent pour le repas du soir. Un palmier fournit les dattes, une source la provision d'eau. Quelques brins d'herbe qu'entretenait l'humidité du terrain formaient une pelouse naturelle. Roquet y reposa voluptueusement ses membres brisés par une course forcée.

L'atmosphère avait recouvré sa limpidité, les étoiles baignaient dans un ciel transparent. De ce bouleversement météorologique, il n'était resté qu'une grande tiédeur dans l'air, et des odeurs pénétrantes, transportées des lieux cultivés jusque dans ces solitudes arides. Tout invitait les sens à la langueur, et le souvenir des dangers courus ajoutait encore au plaisir de se sentir libre. Loin de l'oeil du maître, les femmes de l'Orient ont peu de scrupules; elles saisissent les occasions au vol. De leur côté, les Français conduisent rondement les choses, et ne remettent rien au lendemain. Le couple fugitif s'oublia donc pendant quelques heures, et cette halte dans le désert paya notre artiste de toutes ses infortunes.

Fatmé, au milieu de cet abandon, raconta son histoire à son amant. Elle était chrétienne. Fille du prince qui gouvernait l'oasis de Syouah, elle s'était vu enlever à l'âge de treize ans par le cheik des Hennadis, et depuis lors elle avait vécu dans le désert sans que son père pût savoir ce qu'elle était, devenue. Cette vie lui était odieuse: à tout prix elle voulait en sortir, et pourtant son esclavage avait duré huit ans. Dès qu'elle avait vu le Français, elle avait jeté les yeux sur lui pour sa délivrance. Elle l'aimait ainsi à un double titre. Maintenant ils allaient regagner l'oasis, qui n'était plus qu'à une journée de distance; et là le père, enchanté de revoir son enfant, bénirait leur union. Les tribus de Syouah étaient nombreuses, elles pouvaient se défendre contre tous les cavaliers hennadis. Roquet devait d'ailleurs être le plus heureux des hommes. Il aurait des dattes et du riz à discrétion, une belle maison, des chevaux, des troupeaux, et, à la mort du prince, il régnerait sur les peuplades de l'oasis.

Notre héros écoutait ce récit avec une satisfaction mêlée d'orgueil. Il lui en coûtait sans doute de renoncer à la France et à la soixante-neuvième demi-brigade, qu'il appelait sa patrie; mais être prince du désert, époux d'une princesse dont il avait apprécié les charmes; avoir tout en abondance, vivres, et chevaux; passer du grade de fifre à celui de gouvernement: tout cela formait une perspective capable d'adoucir bien des regrets et d'opérer une diversion puissante à l'amour du sol natal. Roquet n'y résista pas: les fumées du commandement lui montèrent à la tête; et pour récompenser la belle Fatmé du sort qu'elle lui faisait, il lui prodigua les métaphores orientales accompagnées de témoignages moins équivoques de sa satisfaction. On fit des plans pour l'avenir. Roquet voulait que ses sujets fussent heureux, et il se promettait déjà de les constituer en république une et indivisible. Fatmé le laissait déraisonner tout à son aise et riait comme une folle quand elle ne le comprenait pas.

Cependant il fallait partir et profiter de quelques heures de nuit pour se rapprocher du terme du voyage. Notre héros s'y résigna, et bientôt le sable fut de nouveau soulevé par le galop de leurs montures. Le lendemain la chaleur était encore vive, mais tolérable. Le vent avait passé au nord; il tempérait les ardeurs du soleil. Malgré toute la vitesse de la marche, ce fut seulement vers le soir qu'ils aperçurent la forêt d'oliviers qui marque la limite de l'oasis de Syouah. On ne saurait se faire une idée du contraste qu'offre cette verdure avec la partie aride du désert; Les yeux fatigués, de la monotonie des perspectives, se reposent avec douceur sur ces massifs d'arbres qui attestent le retour de la vie végétale. Les animaux, eux-mêmes reconnaissent de loin la brise qui traverse les archipels féconds que la nature a semés sur cette mer de sables. A mesure que l'oasis se rapprochait des deux fugitifs, les cimes de ses bois, se découpaient mieux sur l'horizon et tranchaient d'une manière plus vive avec l'azur du ciel. Roquet était dans l'enthousiasme; il se voyait roi de cet Éden et trouvait que, vu à cette distance, son royaume avait un fort bel aspect.

Le retour de la fille du prince ou émir de Syouah produisit dans l'oasis une sorte de révolution. Depuis longtemps on la croyait morte. On lui fit donc une réception magnifique, et Roquet en partagea les honneurs. Vingt moutons furent tués, et plusieurs saluts de mousqueterie témoignèrent de la joie publique. Quoique la poudre soit un objet rare dans ces déserts, la tribu se piqua, d'honneur. Le vieux père de Fatmé voulait que les choses se fissent dans toutes les règles. Quand sa fille lui parla de ses amours avec l'artiste français et des circonstances de leur fuite, l'émir commença par trouver que l'aventure avait été conduite d'une manière un peu leste; mais, en père de comédie, il finit par s'apaiser. Il était cophte, chrétien par conséquent: la religion n'était pas un obstacle à cette alliance. Seulement il voulut que la cérémonie nuptiale légitimât ce qu'elle n'avait pu précéder. Il fut convenu que, dans la semaine suivante, le mariage serait célébré dans une chapelle bâtie sur les ruines mêmes du temple de Jupiter Ammon, et près de la source connue dans l'antiquité sons le nom de: source du Soleil.

Au jour désigné, toute la population de l'oasis, au nombre de deux mille âmes, se trouvait réunie dans l'enceinte de ces ruines imposantes, désignées dans le pays sous le nom d'Omm-Beydah. Une portion seulement de l'ancien temple est encore debout; mais il est facile de reconnaître la double enceinte qui l'enveloppait dans une étendue de trois cents mètres. Le style du monument est égyptien, et les débris qui jonchent le sol ont aussi ce caractère. On y rencontre des restes de chapiteaux en forme de lotus, et plusieurs tronçons de ces colonnes à cannelures qui abondent dans les temples de l'Égypte moyenne. Toutes les décorations qui ornent ces décombres, sculptures, revêtements, rinceaux, frises, entablements, peintures, l'ordre et la disposition des constructions, la nature des matériaux, rappellent les édifices de la vallée du Nil et accusent la même origine. Seulement le temple de Jupiter Ammon, assis sur un plateau de calcaire coquillier, semble avoir beaucoup plus souffert que les autres de l'action du temps. La base friable sur laquelle il repose a compromis sa conservation. Que de souvenirs se rattachent pourtant à son existence! C'est en marchant vers ce temple, si célèbre alors, et au moment de s'emparer des richesses qu'il renfermait, que l'armée de Cambyse fut dévorée tout entière par le vent du désert et abandonnée par ses guides à la colère des dieux. C'est dans ce temple qu'Alexandre vint en personne faire constater sa généalogie et arracher aux prêtres du lieu la déclaration solennelle qu'il était fils de Jupiter. Roquet allait figurer dans la même enceinte, à la suite d'Alexandre et de Cambyse, sans avoir ni l'ambition de l'un ni la cupidité de l'autre. Son histoire devait aussi faire moins de bruit que la leur.

Quand il parut avec sa brune fiancée, des cris de joie s'élevèrent de toutes parts. Roquet était naturellement bon prince: il répondit de son mieux aux effusions de ses sujets. L'émir était vieux: son gendre devait naturellement lui succéder, et le fifre, français préludait à son pouvoir futur. Quelques ablutions avec l'eau de la source du Soleil servirent de prélude à la cérémonie. Elle fut achevée dans la chapelle, où officia, d'après le rite local, un prêtre cophte à demi aveugle. Un voile jeté sur la tête des deux époux marqua le moment de leur union, qui fut célébrée par de nouveaux cris. Un repas, aussi somptueux que le permettaient les ressources de la localité, acheva de donner à la fête le caractère le plus brillant elle plus inouï. Le pilaw de riz fut prodigué; des distributions gratuites de dattes répandirent l'abondance dans toute la population, et Roquet monta ce jour-là sur un trône entouré de l'affection unanime. Il réservait cependant une surprise à ses sujets. Quand le soir fut venu et que l'ombre eut répandu quelque fraîcheur, il demanda le silence à la foule, tira son fifre de sa poche et se mit à exécuter une composition musicale tempérée par des mélodies expressives. Il faut renoncer à décrire l'effet produit par le magique instrument; l'enthousiasme était au comble, l'ivresse n'eut plus de bornes. Séance tenante, le vieil émir abdiqua en faveur de son fils d'adoption, et l'artiste put s'intituler Roquet Ier, prince de l'oasis de Syouah.

Fatmé et lui régnèrent dès lors, et non sans gloire. Il fallut d'abord se défendre contre la tribu des Hennadis, qui voulait tirer vengeance du rapt fait à son cheik. Syouah, heureusement, est une ville fortifiée. Située sur un rocher conique, elle est en outre, fermée par un mur de cinquante pieds de hauteur dans lequel, douze portes ont été pratiquées. Pour des troupes pourvues d'artillerie, ce n'était sans doute pas là un obstacle; contre les cavaliers du désert ce rempart suffit. Les Hennadis vinrent chevaucher autour de Syouah en poussant leurs cris habituels; mais quand ils virent Roquet et ses guerriers prêts à les coucher en joue du haut de leurs parapets, ils comprirent, que le jeu avait quelque danger et transigèrent. On parla alors d'une rançon pour Fatmé, et les plénipotentiaires la fixèrent à dix chameaux et trente moutons. Roquet ne voulait entendre à rien; heureusement, le vieil émir lui persuada que ce n'était pas payer trop cher, l'avantage d'être à l'abri de toute surprise. Le pacte fat donc conclu et l'indemnité acquittée. Il ne restait plus aux deux époux qu'à couler des jours sans nuages.

Faut-il le dire? A peine Roquet eut-il assuré sa situation, que le mal du pays le gagna. Souverain à Syouah, il se prit à regretter le temps où il n'était que simple fifre dans la soixante-neuvième. L'ingrat! Sa femme lui avait pourtant apporté en dot l'une des sept merveilles du monde, le temple de Jupiter Ammon; il avait de paisibles sujets qu'il conduisait au fifre, et qui ne lui demandaient pas d'autres droits; ses greniers regorgeaient de dattes et de riz, ses jarres étaient toujours pleines d'huile. Que demandait-il donc, cet infatigable ambitieux? Hélas! la patrie, même au prix de la misère. Roquet avait de bons sentiments; il chassa d'abord cette pensée. Pour se distraire, il voulut se livrer à des réformes et donner à ses sujets une foule de libertés politiques. Personne ne le comprit, et tout marcha comme d'habitude. Roquet insista: il avait vu des clubs en France; il tenait à importer ce bienfait dans l'oasis. Pour obtenir que les notables se réunissent sous sa présidence, il attacha comme prime une ration de dattes à leur présence dans l'assemblée. On y vint pour manger la prime; mais ce fut tout. Battu de ce côté, notre prince-troubadour chercha d'autres délassements. L'oasis comptait quelques jolies femmes. Comme souverain et comme Français, Roquet crut leur devoir ses hommages. Mais là il rencontra une lionne. Fatmé était jalouse, et le moindre soupçon d'infidélité amenait des tempêtes dans le ménage. Pendant quelques années, notre héros prit patience; mais de jour en jour, l'oasis, sa femme, sa royauté, l'ordinaire des dattes et du riz lui pesaient davantage. Enfin l'explosion eut lieu:

--Ah! c'est de ça qu'il retourne, se dit-il un matin. Je veux rendre mes sujets libres, et ils préfèrent demeurer de vils esclaves. Je veux inculquer à mes sujettes les principes de la galanterie française, et mon démon de femme s'avise de trouver cela mauvais. Au diable la patrie des chameaux et des dromadaires; j'en ai suffisamment. Un peu qu'un fifre de mon talent se laissera mettre en disponibilité! Roquer, mon ami, il est temps de quitter ce pays de crocodiles! La France l'appelle, mon garçon, la belle France, pays des arts et du riquiqui. En marche et vivement!

Vers les derniers jours de juillet 1801, la garnison du Caire, à la suite de la capitulation signée entre le général Belliard et le général anglais Hutchinson, se disposait à s'embarquer sur le Nil. Des bâtiments attendaient ces troupes dans la rade d'Aboukir, pour les transporter en France. Après une lutte héroïque, attaqués d'un côté par une armée d'Anglo-Cipayes, de l'autre par des flots de cavalerie turque conduite par le grand vizir, décimés par une peste affreuse, sans communication avec Menou, qui occupait Alexandrie, les Français avaient du cesser une lutte inégale et inutile, pour accepter les conditions honorables qui leur étaient offertes.

Cependant la tristesse régnait dans les rangs, et un morne silence présidait à cette évacuation. La soixante-neuvième, commandée par le général. Lagrange, était au nombre des troupes capitulées, et des bateaux amarrés le long des berges de Boulaq étaient préparés pour la recevoir. Le premier bataillon venait de s'ébranler, et le corps de musique effectuait le même mouvement, quand on vit accourir, à fond de train, un cavalier vêtu d'un bournous, et que ses traits bronzés firent prendre pour un Arabe. Arrivé devant le bataillon, il arrêta court, descendit de cheval, tira un fifre de sa poche, et se mit à exécuter la marche des Tartares.

Allons, mes belles, Allons, mes belles, suivez-nous.

--Tiens, c'est le fifre Roquet! s'écria le chef de musique.

On l'entoura, on lui fit raconter ses aventures. Pendant plusieurs jours, ce fut la distraction de la demi-brigade. Cependant Roquet ne perdait pas son affaire de vue. Il se fit réintégrer dans son poste de premier fifre et demanda que, sur ses états de service, on justifiât ses trente mois d'absence par ces mots; En congé dans le désert.

FIN.

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