‹ Les causeries du docteurChapitre 6 sur 41 · I

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Elle naquit au milieu des brouillards parfumés de la rue Mouffetard et se nommait Javotte, mais par un caprice familier aux grandes artistes elle avait italianisé son nom et en avait fait Javotta. Elle était, il est vrai, assez laide, suffisamment malpropre et quelque peu rousse. Ses cheveux impeignés rappelaient peut-être un peu trop les tons dorés de l’écureuil. Mais par combien de qualités morales étaient rachetées ces quelques imperfections physiques! Elle portait avec grâce une échelle sur le bout de son nez robuste, avalait des sabres sans les mâcher, faisait le grand écart comme personne, et se laissait casser des pavés sur le ventre, sans manifester la plus légère émotion. C’était, comme on le voit, un véritable artiste bien digne, non-seulement d’exciter l’admiration d’un public enthousiaste, mais encore d’allumer des passions tropicales dans le sein des mortels et même des immortels.

Javotta logeait sa gloire dans une mansarde de la rue Saint-Victor.

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