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Chant patriotique composé à l’époque de l’affaire
du « Trent » — 1862.
AU COLONEL M. A. DE SALABERRY.
L’Américain, dans sa folle arrogance,
A dit un jour : « Prenons le Canada » !
Il oubliait que des fils de la France
Le noble sang toujours lui résista.
De Châteauguay la phalange immortelle
Dans ses tombeaux frémit d’un noble émoi ;
Pars, mon enfant, vole où l’honneur t’appelle.
Ta mère, ici, prîra le ciel pour toi !
En vain mon cœur, tout rempli de tendresse,
Voudrait, hélas ! différer ton départ !
Tes compagnons, dont la foule se presse,
Sont réunis sous leur noble étendard,
Va, ne crains rien, la victoire est fidèle
Aux défenseurs du sol et de la foi :
Pars, mon enfant, vole où l’honneur t’appelle,
Ta mère, ici, prîra le ciel pour toi !
Le ciel, mon fils, veille sur ta patrie,
Il guidera ses vaillants défenseurs.
Crois en l’espoir de ta mère chérie :
Vers leurs foyers ils reviendront vainqueurs.
Dans les combats, si, trompant ta vaillance,
Un sort cruel me séparait de toi,
Pour consoler mes ans et ma souffrance
Au ciel, mon fils, tu prîras Dieu pour moi !