‹ Les chevaliers de la nuitChapitre 5 sur 14 · 5

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Une foule de près de 200 cowboys se pressait autour de Robitaille et de Verchères.

Le sergent ouvrit l’assemblée.

— Les gars, dit-il, je vous présente le chef de police de Squeletteville qui a une proposition fort intéressante à vous faire.

Baptiste commença :

— Qui est votre chef ?

— Moi, s’écria un colosse en s’avançant.

— Votre nom ?

— Sandy Marlowe.

— C’est vous qui avez organisé cette grève ?

— Oui.

— Que voulez-vous au juste ?

— $40 de plus par mois.

— C’est là tout ce que vous demandez ?

— Oui.

— Alors si les ranchers consentaient à vous accorder ce $40 additionnel vous seriez prêts à retourner immédiatement au travail ?

Silence…

Silence et stupeur…

Verchères dit d’une voix calme mais sévère :

— Qu’en dites-vous, Marlowe ?

Celui-ci fustigea :

— C’est un truc, un traquenard. Ne répondez pas, cowboys.

Le sergent ordonna :

— Venez causer privément avec nous, Marlowe…

— Et si je ne veux pas, fit Sandy…

— Vous rappelez-vous le fameux vol de bêtes à cornes, il y a quelques mois. Votre rôle n’était pas très, très clair dans cette affaire…

Marlowe haussa les épaules et dit :

— Correct, correct ! Je vous suis.

Ils s’assirent tous les trois dans le bureau de Robitaille.

Baptiste demanda :

— Expliquez-nous votre accusation de traquenard.

Sandy fouilla dans ses poches.

En sortit un bout de papier.

Le déplia.

Et lut :

Les C. de la N. »

Verchères dit :

— Voulez-vous me passer ce papier, Marlowe ?

Silencieusement Sandy le lui tendit.

— Maintenant, fit Verchères, passe-moi le tien, Claude.

Baptiste examina les deux papiers.

Longuement.

Àla fin il dit :

— Il n’est pas nécessaire d’être graphologue pour pouvoir affirmer sans souci d’erreur que ces deux papiers ont été écrits par la même personne.

Délibérément, il ajouta en présence de Marlowe :

— Il ne nous reste plus qu’à obtenir des échantillons d’écritures des cowboys et des ranchers pour trouver l’auteur de ces deux notes anonymes…

Sandy ricana :

— Vous oubliez quelque chose, l’ami…

— Quoi ?

— Dites plutôt « qui » ; vous oubliez les chevaliers de la nuit…

— Non, non, n’allez pas croire que je les oublie ; si nous ne trouvons pas le coupable parmi les cowboys et les ranchers, nous nous attaquerons alors aux mystérieux chevaliers.

Le sergent intervint :

— Nous allons commencer par vous, Marlowe ; asseyez-vous à mon pupitre et écrivez mot à mot le texte de votre note des chevaliers.

Il ricana une 2 fois.

Mais obéit tout de même.

Quand il eut terminé, il tendit les deux papiers au chef de police de Squeletteville.

Baptiste compara.

Et dit :

— Marlowe, vous êtes exonéré. Maintenant, vous pouvez nous quitter…

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