‹ Les chevaliers de la nuitChapitre 7 sur 14 · 7

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Verchères et le père Gradier s’avançaient au petit trot de leurs chevaux dans la plaine.

Le ranch d’Alain et de Slime était sis au pied des canyons volcaniques.

— WHOA, dit soudain Alain.

Il sauta de cheval.

Le chef freina sa monture à son tour :

— Whoa…

Tout de suite, il demanda :

— Qu’y a-t-il ?

— Une couple de cents bêtes à cornes ont passé par ici, venant directement de mon ranch.

— Y a-t-il des traces de fers à chevaux ?

— Oui.

— Alors il n’y a pas de doute possible. Des voleurs d’animaux opèrent dans les canyons…

Verchères mâchouilla :

— Ce sont des membres des chevaliers de la nuit sans aucun doute… Ouais… ouais, très intéressant… Je crois que je commence à comprendre…

— Quoi ?

— Écoutez, Gradier, nous allons suivre les pistes…

Ils firent ça.

Approchant…

Approchant du rocher du premier canyon.

Les pistes se rétrécissaient peu à peu…

Pour se terminer près du gros rocher.

Du rocher solide.

Nu.

Immuable !

Verchères s’écria :

— Ça parle au diable !

Àce moment une balle siffla à leurs oreilles et ils entendirent presqu’aussitôt le bruit de la détonation.

D’un mouvement brusque, ils se jetèrent à plats ventres dans la brousse.

Baptiste leva les yeux en l’air :

— Vite, Gradier, regardez les grives qui s’enfuient ; elles viennent de nous désigner par leur affolement l’endroit où se cache le franc-tireur.

Il ajouta :

— Surveillons.

Ce ne fut pas long.

Non.

Ils furent vite récompensés de leur vigilance.

Un énorme chapeau de cowboy parut au-dessus de la brousse…

Baptiste tira.

Le chapeau tomba traversé d’une balle…

Un long silence…

Puis les sabots d’un cheval bruitèrent rapidement.

— Le gas s’enfuit, dit Gradier. Nous lui courons sus ?

— Non, non, j’ai une idée.

« Suivez-moi ».

Ils se dirigèrent vers l’endroit d’où les oiseaux s’étaient envolés de peur.

Le chenapan avait été trop pressé pour récupérer son chapeau.

Verchères s’en empara.

— Voulez-vous tenir ce couvre-chef pour quelques instants, Gradier ?

Le chef sortit un carnet de sa poche, en déchira une petite feuille et écrivit :

« Ceci est le chapeau du gas qui a tiré sur nous.

J. B. Verchères ».

— Maintenant, signez vous aussi.

Gradier s’exécuta.

Alors J. B. plia le papier en deux et le plaça sous la bande intérieure du chapeau.

Le rancher le regardait faire, médusé :

— C’est que je ne comprends rien.

— Laissez faire. Je gage que ce chapeau va faire pendre un homme.

Le chef reprit tout de suite après :

— Je pars avec le chapeau.

— Où allez-vous ?

— Ça, c’est mon secret…

— Vous allez revenir ?

— Oh oui.

— Quand ?

— Dans une heure tout au plus.

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