« Je sais une maison dans une rue obscure »
II
Je sais une maison dans une rue obscure,
Une vieille maison branlante, qui n’a cure
De charmer les regards. Quelquefois, vers midi,
Un rayon de soleil sur un angle attiédi,
Au coin de la fenêtre, allume une dorure
Et, discret, vient baiser la blonde créature
Qui dans cette laideur, belle, s’épanouit.
Quand vous sortez de là, le ciel vous éblouit
Et vous blesse, et le jour vous paraît une aurore.
On dirait un tableau d’Ostade, ou bien encore
Un rêve de Rembrandt, un fantasque crayon
Où l’on voit une enfant passer dans un rayon.
Je sais une maison sombre et mal gracieuse…
Je sais une maison charmante et radieuse.