‹ Les ChimèresChapitre 86 sur 99 · À la mi-carême

À la mi-carême

Quand les bois auront leurs chanteurs,
Les bourgeons nouveaux leurs senteurs,
À Pâques fleuries ;
Quand le soleil fera germer
Sur les pentes, pour embaumer,
L’herbe des prairies ;
Quand les filles auront aux yeux
Des sourires mélodieux,
Et, sur la poitrine,
Un beau petit fichu, pas grand,
Un fichu frêle et transparent
Comme une vitrine ;
Quand la source aura des sanglots,
La brise folle, des grelots,
Toi, la robe verte

Et moi, mes rêves à mon front,
Les deux amoureux s’en iront
À la découverte.
Ils chercheront bien loin, bien loin !
À Meudon, et même, au besoin,
Jusques à Verrières,
Un palais dont je sais le nom,
Un coin charmant, un Trianon,
Un nid de bruyères.
L’amant trouvera son chemin
En collant sa lèvre à la main
De l’amante blonde,
Sa lèvre docile, qu’après
Il posera plus haut, plus près
De la bouche ronde.
Et l’on n’aura d’autre souci
Que de dire au soleil merci
Pour toutes ces choses :
Les caresses et les rayons,
Les brises et les papillons
Des bois, et les roses !

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