Au lecteur
Si, jusqu’au dernier mot dont ma page est noircie,
Tu t’es, à mes côtés, laissé naïvement
Rire ou pleurer, selon l’endroit et le moment,
Je te suis redevable et je te remercie.
Si, marchant à travers la céleste éclaircie
De l’amour, j’ai pour toi noté soigneusement
Un coin de paysage exigu mais charmant,
C’est une chose aussi qui vaut qu’on l’apprécie.
Avant de nous quitter, lecteur, voici ma main :
Prends-la ; car nous pouvons nous retrouver demain,
Dans un azur plus haut allant d’un vol sans règle.
J’ai parfois fait dessein de prendre mon essor,
Et, sans un vague effroi qui me retient encor,
De tenter jusqu’aux cieux le bond puissant de l’aigle.