‹ Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. MoreauChapitre 138 sur 322 · XVIII

XVIII

Il ignorait encore l’Incarnation de Jésus-Christ.

Et je cherchais la voie où l’on trouve la force pour jouir de vous, et je ne la trouvais pas que je n’eusse embrassé «le Médiateur de Dieu et des hommes, Jésus-Christ homme[142]», Dieu souverain, béni dans tous les siècles, qui nous appelle par ces paroles: «Je suis la voie, la vérité, la vie[143]»; nourriture trop forte pour notre faiblesse, mais qui s’unit à notre chair. Le Verbe s’est fait chair, afin que votre sagesse, par qui vous avez tout créé, devînt le lait de notre enfance.

[142] I Tim., II, 5.

[143] Joan., XIV, 6.

Et je n’étais pas humble, pour connaître mon humble maître Jésus-Christ, et les profonds enseignements de son infirmité. Car votre Verbe, l’éternelle vérité, planant infiniment au-dessus des dernières cimes de votre création, élève à soi les infériorités soumises. C’est dans les basses régions qu’il s’est bâti avec notre boue une humble masure, pour faire tomber du haut d’eux-mêmes ceux qu’il voulait réduire afin de les amener à lui, guérissant l’orgueil au profit de l’amour. Il a voulu que leur foi en eux cessât de les égarer, qu’ils s’humiliassent dans leur infirmité, en voyant à leurs pieds, infirme sous les haillons de notre tunique charnelle, la Divinité même, et que las, se couchant sur elle, elle les enlevât avec elle en se relevant.

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