XXIX
La grâce de Dieu est notre seul appui.
Et toute mon espérance n’est que dans la grandeur de votre miséricorde. Donnez-moi ce que vous m’ordonnez, et ordonnez-moi ce qu’il vous plaît. Vous me commandez la continence. «Et je sais, dit votre serviteur, que nul ne peut l’avoir, si Dieu ne la lui donne; et savoir même d’où vient ce don en est un de la sagesse[230]». La continence nous recompose et ramène à l’unité les fractions multiples de nous-mêmes. Car ce n’est pas assez vous aimer que d’aimer avec vous quelque chose que l’on n’aime pas pour vous. O amour toujours brûlant sans jamais s’éteindre! amour, mon Dieu, embrasez-moi! Vous m’ordonnez la continence; donnez-moi ce que vous m’ordonnez, et ordonnez-moi ce qu’il vous plaît.
[230] Sap., VIII, 21.