LIVRE CINQUIÈME - I
Il se dégoûte des doctrines manichéennes, à l’âge de vingt-neuf ans.--Il va à Rome, puis à Milan, pour enseigner la rhétorique.--Ayant entendu saint Ambroise, il rompt avec les Manichéens et demeure catéchumène dans l’Église.
«Que mon âme vous loue, Seigneur, pour vous aimer.»
Recevez le sacrifice de mes confessions, cette offrande de ma langue, formée, excitée par vous à confesser votre nom. Guérissez toutes les puissances de mon âme; qu’elles s’écrient: «Seigneur, qui est semblable à vous[104]»? Celui qui se confesse à vous ne vous apprend rien de ce qui se passe en lui, car votre regard ne reste pas à la porte d’un cœur fermé, et votre main n’est pas repoussée par la dureté des hommes; votre miséricorde ou votre justice la rompt quand il vous plaît, «et personne ne se peut dérober à votre chaleur[105]».
[104] Ps. XXXIV, 10.
[105] Ps. XVIII, 7.
Que mon âme vous loue pour vous aimer; qu’elle confesse vos miséricordes pour vous louer! Votre création est un hymne continuel en votre honneur; les esprits, par leur propre bouche; les êtres animés et les êtres corporels, par la bouche de ceux qui les contemplent, publient vos louanges; et notre âme se réveille de ses langueurs, elle se soulève vers vous en s’appuyant sur vos œuvres, pour arriver jusqu’à vous, artisan de tant de merveilles; là est sa vraie nourriture; là, sa véritable force.